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Une situation « très grave » à Fukushima, dit l'AIEA

Des Japonais évacués font mesurer leur taux d'irradiation à Nihonmatsu, dans la province de Fukushima, le 16 mars.

Des Japonais évacués font mesurer leur taux d'irradiation à Nihonmatsu, dans la province de Fukushima, le 16 mars.

Photo : Go Takamaya

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2011 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le directeur de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Yukiya Amano, qualifie mercredi la situation à la centrale nucléaire de Fukushima de « très grave ».

Le commissaire européen à l'Énergie parle quant à lui de « véritable catastrophe » et réaffirme que la situation n'est plus contrôlée.

« Les Japonais travaillent avec des pompes à incendie, on essaie de jeter de l'eau avec des hydravions, on ne sait plus comment se tirer d'affaire. C'est une véritable catastrophe et on réagit par à-coups. »

— Une citation de  Günther Oettinger, commissaire européen à l'Énergie

M. Oettinger a déclaré qu'il s'attendait à « des évolutions catastrophiques et des risques pour la vie des gens sur l'île ».

Un scénario pire que Tchernobyl n'est pas écarté

La France, où un débat sur l'exploitation de l'énergie nucléaire a été relancé par la catastrophe japonaise, a elle aussi exprimé ses inquiétudes dans la journée. Le gouvernement français a déclaré qu'il considérait que le pire des scénarios, soit une catastrophe dont l'impact serait « supérieur à Tchernobyl », était possible. « C'est une hypothèse qu'on ne peut pas écarter aujourd'hui », a déclaré plus tôt François Baroin, le porte-parole du gouvernement.

« Ce qui est en train de se passer, c'est qu'il y a un risque de déconfinement sur le réacteur numéro 2 [et] probablement sur le réacteur numéro 3. Il y a aussi un risque de dénoyage des réacteurs, qui devraient être immergés dans des piscines de combustibles usés, qui ne le sont plus », a indiqué la ministre de l'Écologie en France, Nathalie Kosciusko-Morizet. « Tout ceci peut amener à relarguer dans l'environnement des niveaux de radioactivité très supérieurs à la normale et très supérieurs à ce qui s'est fait dans les premiers jours de l'accident », a-t-elle ajouté.

Refroidir le réacteur 4

Une photo prise par Toyo Electric Power montrant les réacteurs 3 et 4 de la centrale Fukushima endommagés.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Photo : TEPCO via JIJI PRESS

Les autorités japonaises tentent de refroidir le réacteur 4 de la centrale nucléaire Fukushima, au Japon. La compagnie Tokyo Electric Power, exploitant de cette installation, veut éviter que le combustible, actuellement hors d'eau, ne devienne extrêmement dangereux et n'entraîne un accident majeur.

Au moment du séisme, le 11 mars, le réacteur 4 était à l'arrêt pour maintenance. Il contenait toutefois encore des barres de combustible radioactif, qui présentent un danger si elles restent hors de l'eau. « Même usé, du combustible nucléaire doit continuer d'être immergé », a expliqué Olivier Isnard, expert de l'Institut français de radioprotection et de sûreté nucléaire.

Les autorités japonaises prévoient utiliser un canon à eau pour refroidir le réacteur. Un engin spécial de la police municipale de Tokyo doit être dépêché sur le site mercredi soir.

Plus tôt, une tentative d'arroser le réacteur à l'aide d'un hélicoptère a échoué en raison de la forte radioactivité au-dessus de la centrale.

Le porte-parole du gouvernement japonnais, Yukio Edano, a fait savoir mercredi que les radiations au-delà de la zone d'exclusion de 20 km autour de la centrale nucléaire de Fukushima « ne posent pas de danger immédiat pour la santé ». Il avait affirmé auparavant que les niveaux de radioactivité enregistrés peuvent « potentiellement affecter la santé ».

Plus de 200 000 personnes ont été évacuées dans un rayon de 20 km autour de la centrale accidentée. Le gouvernement a demandé aux résidents se trouvant à une distance comprise entre 20 et 30 km de calfeutrer leur habitation.

Tokyo pense demander l'aide de l'armée américaine

Des Américains au JaponAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des Américains sont déjà arrivés au Japon pour apporter un support logistique.

Photo : AFP / JIJI PRESS

Le gouvernement du Japon est prêt à demander la coopération de l'armée américaine pour éviter une catastrophe nucléaire dans la centrale de Fukushima. Un porte-parole des autorités nippones a annoncé mercredi que son gouvernement se « préparait » à cette éventualité.

Interrogé par la presse, Yukio Edano a précisé que « la coopération militaire américaine pourrait être utile » sur le site de Fukushima, alors que les accidents s'y enchaînent. Déjà ils coopèrent « avec un soutien logistique ».

Huit navires militaires américains participent aux opérations de sauvetage dans le nord-est du Japon. Parmi eux, il y a le porte-avions Ronald Reagan qui est utilisé pour ravitailler en carburant les hélicoptères de l'armée et des garde-côtes japonais qui travaillent aux opérations de sauvetage.

Les 80 avions et hélicoptères du porte-avions participent à des missions de reconnaissance. Selon le Pentagone, ils livrent aussi de l'eau et des couvertures aux sinistrés.

L'empereur prend la parole

Mercredi, l'empereur Akihito s'est dit « profondément préoccupé » par la situation à la centrale nucléaire de Fukushima. Lors d'un discours à la nation, ce qui est exceptionnel pour lui, il a dit qu'il priait « pour la sécurité du plus grand nombre ».

À la télévision, il a déploré que « le nombre de personnes tuées augmente de jour en jour ». Alors qu'il n'intervient que très rarement dans les affaires du Japon, l'empereur a déclaré que « désormais à présent, toute la nation travaille aux opérations de secours ».

Le bilan du tsunami en hausse

La crise nucléaire inquiète la communauté internationale au point où elle porte ombrage à l'aspect humain de la tragédie. Selon des estimations, le séisme et le tsunami qu'il a engendré auraient fait environ 10 000 victimes.

Jusqu'à maintenant, 3373 morts sont confirmés, 6746 personnes sont portées disparues et 1897 personnes ont été blessées, selon le bilan provisoire officiel de la police nationale japonaise diffusé mardi soir.

De nouvelles secousses

En mi-journée mercredi, un fort séisme de magnitude 6,0 s'est produit à l'est de Tokyo où des témoins rapportent que les immeubles ont longuement tremblé. Selon l'agence de météorologie japonaise, l'épicentre était situé au large de la préfecture de Chiba. Aucune alerte au tsunami n'a été déclenchée. Plusieurs secousses de moindre importance ont également été enregistrées.

Mardi, un séisme de magnitude 6 avait été ressenti au sud-ouest de Tokyo, au Japon. L'épicentre était situé dans la préfecture de Shizuoka, à près de 120 km au sud-ouest de la capitale, selon ce que rapporte la télévision publique NHK.

Le correspondant de Radio-Canada dépêché sur place, Maxence Bilodeau, indique que la terre a tremblé pendant près de 30 secondes. L'Agence de météorologie japonaise précise que les secousses ont été plus fortement ressenties près du mont Fuji. L'hypocentre était à seulement 10 km de profondeur, a-t-elle ajouté.

Un séisme de magnitude 8,9 (relevée à 9 par la suite) a frappé le nord-est du pays le 11 mars 2011, provoquant un important tsunami. La catastrophe a durement endommagé les réacteurs de la centrale Fukushima-Daiichi implantée dans cette zone, provoquant une série d'accidents nucléaires.

Avec les informations de Reuters, Agence France-Presse, et Associated Press

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