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Les pays étrangers réagissent aux accidents nucléaires japonais

La centrale nucléaire de Fukushima, endommagée après le séisme du 11 mars 2011

Photo : AFP / Jiji Press

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2011 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Tandis que plusieurs pays annoncent une révision de leur filière nucléaire, l'Union européenne (UE) fait le point sur la sécurité de ses propres centrales, en réaction à la crise nucléaire qui s'aggrave de jour en jour au Japon.

Des responsables gouvernementaux des différents pays de l'UE, des autorités nationales européennes de sûreté nucléaire et des représentants de l'industrie du secteur se sont rencontrés mardi à Bruxelles.

Le commissaire européen à l'Énergie, Günther Oettinger, souligne la nécessité pour l'Europe de procéder « à un examen complet de la situation » de son secteur nucléaire civil, à la suite « du désastre au Japon et de ses conséquences sur les centrales nucléaires » du pays.

L'Union européenne compte au total 153 réacteurs, dont 58 se retrouvent en France.

La réunion doit notamment passer en revue l'état des réacteurs nucléaires européens du même type que ceux de la centrale de Fukushima, où les accidents se succèdent depuis le séisme de magnitude 9 et le tsunami de vendredi dernier.

L'Autorité française de sûreté nucléaire soutient mardi que l'accident de Fukushima est de niveau 6 sur une échelle de 7.

Moratoire nucléaire en Allemagne

Le gouvernement allemand avait annoncé lundi un moratoire de trois mois sur la prolongation de la durée de vie de ses réacteurs nucléaires du pays. La chancelière allemande Angela Merkel a confirmé mardi la fermeture immédiate des sept réacteurs mis en service en Allemagne « avant la fin 1980 ».

De son côté, la Suisse a décidé lundi de suspendre les procédures en cours concernant les demandes d'autorisation de remplacement de trois centrales nucléaires.

La catastrophe japonaise a également suscité de vives inquiétudes en France, en Pologne, en Autriche et en Italie. Les gouvernements ont déclaré suivre la situation de très près.

La France « tirera toutes les conséquences » de l'accident nucléaire au Japon, a déclaré mardi le président français Nicolas Sarkozy. Le pays ne renoncera pas à l'énergie nucléaire, mais contrôlera les mesures de sécurité de toutes ses centrales, a affirmé pour sa part le premier ministre français François Fillon.

L'Italie a de son côté indiqué ne pas avoir l'intention de renoncer à son projet de relance de la filière nucléaire.

Révision du programme nucléaire russe

Pour sa part, le premier ministre de la Russie, Vladimir Poutine, a ordonné mardi de mener une étude sur le secteur nucléaire au pays, en réaction à l'explosion de trois réacteurs de la centrale Fukushima, au Japon.

Le premier ministre russe a souligné que la Russie n'avait pas de centrale nucléaire dans des zones sismiques et n'avait pas l'intention d'en construire dans de tels endroits. « Nous devons être prêts à agir face à toute éventualité », a-t-il cependant souligné.

La Russie, qui est l'un des plus importants producteurs d'énergie atomique dans le monde, construit plusieurs centrales nucléaires à l'étranger. En 2010, 10 centrales nucléaires russes exploitaient 32 réacteurs nucléaires.

Un médecin vérifie le taux de radiation d'une femme sous le regard d'un militaire, dans la préfecture de Fukushima.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Un médecin vérifie le taux de radiation d'une femme sous le regard d'un militaire, dans la préfecture de Fukushima.

Photo : AFP / Yomiuri Shimbnun

Inquiétudes et rumeurs en Chine

Les rejets radioactifs de la centrale de Fukushima suscitent de plus en plus de craintes, d'inquiétudes et de rumeurs, qui se propagent sur Internet et par message texte en Chine.

Même si le ministère chinois des Affaires étrangères a assuré qu'aucun niveau anormal de radioactivité n'avait été détecté en Chine, des messages catastrophistes exhortaient les Chinois à ne pas sortir en cas de pluie et à porter des vêtements de protection.

D'autres messages préconisaient de se laver le corps fréquemment, d'éviter de consommer des fruits de mer et de manger des aliments riches en iode, censés éviter la fixation des particules radioactives sur la glande thyroïde. Les autorités chinoises veulent se faire rassurantes et réfutent cette information qui circule.

Pékin s'est dit tout de même « préoccupé » au sujet de la sécurité des Chinois au Japon et a annoncé mardi l'évacuation de milliers de ses ressortissants de la zone sinistrée du nord-est du pays.

Les Américains de la côte ouest s'inquiètent de la radiation

Les accidents qui se succèdent au Japon ont provoqué une forte angoisse dans plusieurs pays, où les citoyens se préparent déjà au pire.

La marchandise des sociétés basées aux États-Unis produisant l'iodure de potassium, utilisé en prévention d'une irradiation, a été prise d'assaut. Les pharmacies de la côte ouest américaine ont dû affronter une importante hausse de la clientèle.

L'iodure de potassium est utilisé pour saturer la thyroïde et bloquer l'ingestion d'iodine radioactive, une substance hautement cancérigène qui peut émaner d'une centrale nucléaire lors d'un accident.

« On est assailli de commandes, mais on travaille aussi vite que possible pour y répondre », a indiqué la société NukePills.com, en rupture de marchandise de comprimés et bientôt à court du médicament sous forme liquide.

Un autre producteur, Anbex, a lui aussi indiqué être en rupture de stock, et ce, jusqu'à la mi-avril.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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