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258 arrestations lors de la marche contre la brutalité policière

Manifestation contre la brutalité policière à Montréal, le 15 mars 2011.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Radio-Canada

Les agents du Service de police de la Ville de Montréal ont mis un terme mardi soir à la marche annuelle contre la brutalité policière en procédant à plusieurs dizaines d'arrestations. Quelques méfaits ont aussi été rapportés lors de l'événement qui rassemblait environ 500 personnes.

Au total, 258 personnes ont été appréhendées par les policiers pour divers délits. Une passante a aussi été blessée lors de la manifestation.

Des voitures ont été vandalisées et la vitrine d'un magasin fracassée. Certains manifestants auraient aussi lancé des projectiles et de la peinture.

Les policiers sont passés en mode « intervention » vers 18 h 30, quand des méfaits ont commencé à être rapportés. Un peu plus tôt, le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) avait déjà procédé à des arrestations isolées et signalait la présence d'une trentaine de personnes vêtues de noir et cagoulées. Des manifestants armés de bâtons ont été appréhendés rapidement.

Les centaines de participants avaient entamé la marche dans le calme lundi à 18 h, rue Ontario, à l'appel du Collectif opposé à la brutalité policière (COBP).

La porte-parole du collectif, Sophie Sénécal, a soutenu que les policiers n'avaient lancé aucun avis de dispersion avant d'intervenir.

D'après elle, il s'agit d'une entrave au droit démocratique de manifester : « Cela fait deux années de suite qu'avant même que la manifestation débute, les organisateurs se font arrêter ».

Des infractions au Code de la route

La majorité des manifestants appréhendés se sont fait remettre des amendes de quelques centaines de dollars pour des infractions au Code de la route.

« Je trouve cela inquiétant plus que rigolo, car selon moi, c'est une étape de plus contre la liberté d'expression. On va utiliser le code de la sécurité routière pour dire qu'une manifestation n'a pas lieu d'être », a déploré Sophie Sénécal.

L'inspecteur responsable des opérations au SPVM, Philippe Pichet, affirme de son côté que les policiers ont essayé d'obtenir la collaboration des manifestants, mais sans succès : « Sur la rue St-Denis, des actes criminels ont été commis. On a donc mis fin à la manifestation. On a permis aux gens avec un deuxième avis de quitter l'endroit, mais ceux qui sont demeurés [sur place] ont été arrêtés en vertu du code de la sécurité routière ».

Les manifestants entendent désormais contester les d'infractions et porter plainte en déontologie policière.

Au secours des gens fragilisés

Le Collectif opposé à la brutalité policière souhaite dénoncer les profilages exercés selon lui par le SPVM à l'égard des personnes les plus démunies de la société, et particulièrement le profilage social.

« [Le maire] Tremblay doit reconnaître que le profilage exercé par le SPVM ne s'explique pas par l'excès de zèle de quelques agents, mais qu'il s'agit d'un problème systémique dû à une culture bien ancrée à même cette institution », affirme Sophie Sénécal.

Le SPVM avait toutefois tenu à préciser que sa présence serait forte afin d'éviter tout débordement.

« Vous allez voir cet après-midi des policiers en uniforme, des policiers de poste de quartier, des policiers de groupe d'intervention, des cavaliers, des maîtres-chiens dans le métro, des policiers à vélo. Tous ces gens-là ont un travail un peu différent, mais pour arriver à un objectif commun : assurer la sécurité de tout le monde », annonçait l'inspecteur-chef responsable de la planification organisationnelle du SPVM, Sylvain Lemay.

Un rassemblement toujours mouvementé

Les militants n'ont pas choisi le Quartier des spectacles par hasard.

[Le Quartier des spectacles], c'est le symbole d'un quartier où il y a beaucoup d'investissements autant de la part des élus que des gens d'affaires. Le quartier ne tient pas compte des gens fragilisés.

Sophie Sénécal, Collectif opposé à la brutalité policière

Depuis plusieurs années, l'événement donne lieu à des actes violents. L'an dernier, des vitrines avaient été fracassées, des feux allumés et divers projectiles avaient été lancés contre les policiers.

En 2010, 83 personnes avaient été appréhendées, contre 221 arrestations l'année précédente.

Pour prévenir tout débordement, le collectif avait pourtant lancé un appel au calme et demandé à ses militants de ne pas tout détruire sur leur passage : « Nous ce qu'on organise, ce n'est pas une émeute, mais une manifestation avec un discours et de l'animation. On demande aux gens de ne pas poser des gestes qui pourraient porter atteinte à la sécurité des autres manifestants ou des résidents du secteur ».

Avec les informations de La Presse canadienne

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