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Troisième explosion à la centrale nucléaire Fukushima Daiichi

Réacteur numéro 2 de la centrale Fukushima Daiichi

Image de la télévision NHK montrant le réacteur numéro 2 après l'explosion.

Photo : AFP / NHK

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2011 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Une explosion est survenue dans le réacteur numéro 2 de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi, a confirmé l'Agence japonaise de sûreté nucléaire.

Selon l'agence, l'explosion serait due à de l'hydrogène. Elle ajoute que l'enceinte de confinement du réacteur n'était apparemment pas trouée.

L'opérateur de la centrale nucléaire, la compagnie Tokyo Electric Power (Tepco), a annoncé avoir évacué son personnel du réacteur 2, sauf les employés chargés de refroidir le réacteur.

Au tour du réacteur numéro 4

Peu après l'explosion, les problèmes se sont transportés au réacteur numéro 4. Tepco a indiqué qu'un incendie s'était déclaré près du réacteur. Selon l'Agence japonaise de sûreté nucléaire, l'incendie est maintenant éteint.

L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a confirmé mardi que des substances radioactives avaient été libérées directement dans l'atmosphère lors de cet incendie.

Une situation suivie de près

La Californie surveille « de près » la situation au Japon. Pour l'instant, les autorités écartent l'hypothèse de voir un nuage radioactif traverser le Pacifique et survoler la côte ouest américaine. L'Autorité américaine de régulation nucléaire (NRC) se veut rassurante en considérant que même si des particules émises par la centrale nucléaire de Fukushima atteignaient les États-Unis, leur niveau de radioactivité ne serait pas suffisamment élevé pour présenter des risques.

Lors d'un point de presse, le premier ministre japonais Naoto Kan a indiqué que le niveau de radioactivité était en forte hausse autour de la centrale. Il a ajouté que le risque de fuites avait aussi augmenté.

Selon le secrétaire général du gouvernement japonais, Yukio Edano, le niveau de radioactivité autour des réacteurs est dangereux pour la santé.

Devant la situation, Naoto Kan a appelé les personnes habitant dans un rayon de 30 km autour de la centrale à demeurer confinées chez elles.

La question du refroidissement des réacteurs

Le réacteur numéro 2 connaît des problèmes depuis plusieurs heures. Les responsables de Tokyo Electric Power (Tepco), qui opère la centrale, avaient indiqué que le niveau d'eau dans le réacteur avait de nouveau fortement baissé, rendant très difficile le refroidissement des barres de combustible.

Si les barres de combustible ne sont pas refroidies, elles risquent de fusionner et d'endommager le coeur du réacteur.

Les opérations d'injection d'eau de mer dans le réacteur 2 de la centrale nucléaire avaient repris mardi aux premières heures pour tenter de refroidir les barres de combustible, selon l'agence.

Selon Tepco, cité par l'agence Jiji, le système de refroidissement du réacteur 2 a carrément cessé de fonctionner.

Le niveau de l'eau a tellement baissé que des cartouches de combustible nucléaire ont pu être exposées à l'air libre, a-t-il expliqué. Par conséquent, le contrôle de la chaleur devient pratiquement impossible. Le réacteur est alors difficile à refroidir et les gaines qui retiennent les produits radioactifs n'existent plus.

Le réacteur 2 est le troisième de cette centrale, située à 250 km au nord-est de Tokyo, à connaître une série d'avaries dues à la panne du système de refroidissement. Une explosion était survenue samedi au niveau du réacteur numéro 1 et une autre, lundi, au niveau du réacteur 3.

La station de pompage de la centrale a été endommagée par le séisme et le tsunami de vendredi.

14 mars 2011, centrale nucléaire de Daiichi, FukushimaAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

14 mars 2011, centrale nucléaire de Daiichi, Fukushima

Photo : AFP / HO

L'Agence de sûreté nucléaire japonaise, qui avait exclu lundi un accident de type Tchernobyl, n'a pas rassuré les autorités japonaises. Ces dernières ont demandé de façon officielle à l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) et aux États-Unis l'envoi d'une équipe d'experts.

La magnitude relevée à 9

Les experts de l'Institut de géophysique américain (USGS) ont réévalué la puissance du séisme qui a secoué le Japon vendredi, sa magnitude du moment passant de 8,9 à 9, ce qui en fait le quatrième plus fort à la surface du globe depuis 1900. Les autorités japonaises avaient fait le même ajustement, dimanche.

Coupures de courant

La compagnie d'électricité Tokyo Electric Power (Tepco), qui dessert l'est du Japon, a finalement mis en oeuvre lundi les coupures d'électricité tournantes prévues pour limiter la consommation.

Elle cessera de fournir du courant à quelque 330 000 foyers et autres clients répartis dans les différentes préfectures, dont Tokyo, Kanagawa, Ibaraki ou Saitama.

Tepco avait prévu amorcer l'opération à 6 h 20, heure locale, afin d'éviter qu'une consommation massive de courant n'excède ses capacités de production mises à mal par l'arrêt des centrales nucléaires. La compagnie a ensuite décidé de reporter aussi longtemps qu'elle le pouvait ces coupures très perturbantes pour les citoyens.

Ces mesures exceptionnelles ne concerneront toutefois pas les arrondissements comme le centre de Tokyo, où se trouvent notamment les ministères, de nombreuses ambassades, d'importants organismes publics, de grands hôtels ou des sièges d'entreprises.

Carte des centrales nucléaires aux prises avec des problèmes.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Carte des centrales nucléaires aux prises avec des problèmes.

Quelques données sur les centrales nucléaires

  • La protection du réacteur d'une centrale nucléaire :
  • La matière radioactive est séparée de l'environnement par trois barrières : le « crayon » qui enveloppe l'uranium (sous forme de pastilles); la cuve et enfin l'enceinte de confinement. Au Japon elle est constituée d'un « liner », ou « peau métallique », ancré dans des parois en béton et fermé d'un couvercle. Ce liner est muni de capteurs.

  • Les mesures en cas de séisme :

  • Dès qu'une secousse est détectée, des capteurs disposés dans le liner déclenchent des barres constituées de matériaux « neutrophages » qui s'insèrent automatiquement dans le réacteur et évitent la propagation de la réaction nucléaire. Le réacteur est de facto à l'arrêt. Cette première parade a très bien fonctionné au Japon. Cependant, la réaction nucléaire continue à un niveau beaucoup plus faible et il faut alors refroidir le réacteur. Mais le système principal et celui de secours ont été vraisemblablement endommagés par le séisme.

  • La fusion au sein d'un réacteur :


  • La fusion correspond à la surchauffe du combustible qui commence à fondre et à couler, comme une bougie. Il devient alors difficile à refroidir et les gaines qui retiennent les produits radioactifs n'existent plus. Les produits radioactifs risquent de passer dans l'eau qui circule théoriquement en circuit fermé.
Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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