•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Explosions nucléaires au Japon: pas de danger en Ontario, selon les autorités

La centrale nucléaire de Pickering

La centrale de Pickering est au nombre des installations visées.

Photo : La Presse canadienne / Kevin Frayer

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2011 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les producteurs ontariens d'énergie nucléaire OPG et Bruce Power se font rassurants, après une série d'explosions dans des réacteurs japonais frappés par le séisme de vendredi.

L'Ontario, avec ses cinq centrales, est le plus important producteur d'énergie nucléaire au pays.

Ontario Power Generation, qui exploite les centrales de Pickering et de Darlington, souligne que ses installations sont dotées d'un système d'appoint au diesel pour assurer le refroidissement des réacteurs, en cas de séisme.

OPG doit tout de même rencontrer cette semaine les élus municipaux d'Ajax et de Pickering pour discuter de leurs inquiétudes.

Le producteur privé Bruce Power tente lui aussi de rassurer les résidants, en soulignant que sa centrale de Kincardine, comme les autres installations ontariennes, est construite de façon à résister aux tremblements de terre. La compagnie et OPG ajoutent que l'activité sismique est très faible en Ontario.

Le groupe environnemental Greenpeace affirme, au contraire, que le public a raison de s'inquiéter. Le porte-parole Shawn-Patrick Stensil dit que les réacteurs canadiens sont particulièrement vulnérables aux accidents et aux erreurs humaines.

Projet de nouveaux réacteurs

Le gouvernement ontarien, de son côté, maintient le cap sur son projet de nouveaux réacteurs. Selon le ministère de l'Énergie, c'est essentiel pour remplacer les centrales vieillissantes de la province, au cours des dix prochaines années.

Le gouvernement McGuinty assure que le projet sera soumis à une étude d'impact environnemental.

Un médecin vérifie le taux de radiation d'une femme sous le regard d'un militaire, dans la préfecture de Fukushima.

Un médecin vérifie le taux de radiation d'une femme sous le regard d'un militaire, dans la préfecture de Fukushima.

Photo : AFP / Yomiuri Shimbnun

Pas un autre Tchernobyl

L'Agence de sûreté nucléaire japonaise a exclu lundi un accident de type Tchernobyl dans la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi, au coeur de la zone touchée par le séisme, selon ce que rapporte le ministre de la Stratégie nationale.

« Il n'y a absolument aucune possibilité d'un Tchernobyl », a déclaré Koichiro Genba aux membres du parti au pouvoir, citant l'avis de l'Agence de sûreté nucléaire et industrielle.

La situation demeure cependant critique alors qu'au même moment, le propriétaire de la centrale, l'entreprise Tepco, a déclaré à l'agence Jiji que le système de refroidissement du réacteur 2 de la centrale atomique a cessé de fonctionner.

Le niveau de l'eau a tellement baissé que des cartouches de combustible nucléaire peuvent désormais être exposées à l'air libre, a-t-il expliqué. Par conséquent, le contrôle de la chaleur devient pratiquement impossible. Le réacteur est alors difficile à refroidir et les gaines qui retiennent les produits radioactifs n'existent plus.

Une fusion du coeur du réacteur n'est pas à exclure, a-t-il conclu.

Mais le professeur et spécialiste en physique des réacteurs nucléaires Guy Marleau se fait rassurant. Il déclare que les inquiétudes ne sont pas fondées.

« Il n'y a pas de danger d'explosion [...] et il n'y a aucun danger d'un Tchernobyl. Tant qu'il n'y a pas de fuite à l'extérieur du confinement, il n'y a pas de danger. Et le confinement est assuré par une coque en acier inoxydable, entourée d'un bâtiment en béton qui mesure de 40 à 80 pouces d'épais. »

— Une citation de  Guy Marleau, spécialiste en physique des réacteurs nucléaires

Selon lui, si le réacteur ne peut pas être refroidi par l'injection d'eau de mer dans le système, « la température des crayons de combustible à l'intérieur va monter. Lorsque la température atteint de 2000 à 2500 degrés, le combustible, qui ne peut alors plus maintenir son intégrité, va fondre et va simplement se déposer au fond de la cuve ».

« Il n'y a pas de danger d'explosion parce qu'il n'y a pas de réaction en chaîne qui est présente dans le réacteur », ajoute le spécialiste.

Les problèmes que connaît le réacteur 2 lundi seraient causés par l'explosion du réacteur 3 survenue plus tôt.

Les réacteurs 1 et 3 suscitent aussi des inquiétudes

Les sytèmes de refroidissement des réacteurs numéro 1 et numéro 3 de cette centrale du nord-est du pays connaissent aussi de graves problèmes depuis la catastrophe.

Le Japon a d'ailleurs demandé de façon officielle à l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) l'envoi d'une équipe d'experts, a déclaré lundi le directeur général de l'agence onusienne Yukiya Amano.

Samedi, une explosion suivie d'une fuite radioactive au réacteur numéro 1 avait semé un vent de panique. Une série de mesures ont été prises, dont la distribution de comprimés d'iode aux habitants proches de la centrale pour réduire les risques de cancer liés aux radiations.

Puis, une explosion s'est produite dimanche au niveau du réacteur numéro 3, sans toutefois toucher l'intérieur. Le caisson renfermant le coeur du réacteur serait intact, selon l'opérateur de la centrale, la compagnie Tokyo Electric Power.

« Le bâtiment du réacteur a explosé, mais l'enceinte de sécurité n'a pas été endommagée. La salle des contrôles du réacteur 3 reste opérationnelle », a déclaré lundi l'AIEA, par voie de communiqué.

L'AIEA annonçait par ailleurs dimanche que les niveaux de radioactivité à la centrale nucléaire d'Onagawa, dans l'île japonaise de Honshu, étaient revenus à la normale.

Les vents poussaient lundi les vapeurs radioactives émanant des explosions vers le nord-est du pays, soit en direction opposée à Tokyo.

Coupures de courant

La compagnie d'électricité Tokyo Electric Power (Tepco), qui dessert l'est du Japon, a finalement mis en oeuvre lundi les coupures d'électricité tournantes prévues pour limiter la consommation. Elle cessera de fournir du courant à quelque 330 000 foyers et autres clients répartis dans les différentes préfectures, dont Tokyo, Kanagawa, Ibaraki ou Saitama.

Tepco avait prévu amorcer l'opération à 6 h 20, heure locale, afin d'éviter qu'une consommation massive de courant n'excède ses capacités de production mises à mal par l'arrêt des centrales nucléaires. La compagnie a ensuite décidé de reporter aussi longtemps qu'elle le pouvait ces coupures très perturbantes pour les citoyens.

Ces mesures exceptionnelles ne concerneront toutefois pas les arrondissements comme le centre de Tokyo, où se trouvent notamment les ministères, de nombreuses ambassades, d'importants organismes publics, de grands hôtels ou des sièges d'entreprises.

Carte des centrales nucléaires aux prises avec des problèmes.

Carte des centrales nucléaires aux prises avec des problèmes.

Quelques données sur les centrales nucléaires

  • La protection du réacteur d'une centrale nucléaire :
  • Les mesures en cas de séisme :

  • La fusion au sein d'un réacteur :

La catastrophe de Tchernobyl

Le 26 avril 1986, le réacteur numéro 4 a explosé dans la centrale nucléaire de Tchernobyl, en URSS (aujourd'hui en Ukraine), causant le plus grave accident nucléaire de l'histoire.

Contrairement à la centrale japonaise, celle de Tchernobyl ne disposait pas d'enceinte de confinement, mais d'une simple chape de béton.

À la suite d'une erreur humaine, une violente explosion a soulevé dans les airs la dalle supérieure du réacteur, pesant 2000 tonnes. Une partie du coeur du réacteur a été pulvérisée et projetée sur les bâtiments voisins, libérant une énorme quantité de poussières et de gaz radioactifs.

L'incendie a duré dix jours. Les pays européens ont constaté des taux élevés de radioactivité. Tous les habitants ont été évacués dans une zone de 30 kilomètres de rayon autour de la centrale. La catastrophe aurait provoqué des dizaines de milliers de morts, atteints de divers cancers, notamment de la glande thyroïde.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !