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140 000 personnes évacuées à Fukushima par crainte d'une catastrophe nucléaire

Explosion dans la centrale nucléaire de Daiichi
Explosion dans la centrale nucléaire de Daiichi Photo: La Presse canadienne / AP Photo/NTV Japan via APTN
Radio-Canada

L'inquiétude se précise sur une éventuelle catastrophe nucléaire au Japon où environ 140 000 personnes ont été évacuées.

La radioactivité à Fukushima laisse penser que du combustible a fondu dans un des réacteurs de la centrale de Daiichi suite au séisme alors qu'un deuxième réacteur présenterait un risque d'explosion selon la compagnie Tokyo Electric Power (Tepco).

Il s'agirait du réacteur N° 3 de la centrale Fukushima N°1, située à 250 kilomètres au nord de Tokyo.

Le porte-parole de la centrale a reconnu que toutes les fonctions pour maintenir le niveau du liquide de refroidissement étaient en panne.

Ces information inquiètent notamment les experts qui pensent qu'il y a bel et bien une fusion actuellement dans le réacteur de la centrale. Cela peut se traduire par la présence d'un magma qui résulte de la fusion des métaux présents et de l'uranium lui-même.

Celui-ci pourrait alors se retrouver en fond de cuve, la percer à son tour à cause de la chaleur. Il tomberait alors dans le fond de l'enceinte de confinement. Le béton peut encore jouer un rôle de refroidissement et l'explosion n'est pas automatique.

Une zone d'évacuation a été étendue à un rayon de 20 km, contre 10 km initialement, autour de la centrale. La population est invitée à quitter rapidement les lieux. Selon l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).

Des pastilles d'iode pour protéger la population

Des pastilles d'iode ont été distribuées à la population pour minimiser les risques de contamination. Mais Michel Duguay rappelle qu'il y a d'autres isotopes radioactifs contre lesquels cette mesure est innefficace.

La société Tepco qui exploite la centrale a pompé de l'eau dans le réacteur numéro 1 et a relâché de la vapeur radioactive pour refroidir la structure.

Les autorités déclarent que pour l'instant les vents poussent les nuages contaminés vers l'océan Pacifique. Les Russes prennent toutefois des précautions. Dans la péninsule russe du Kamtchatka, qui pourrait être atteinte par des effluves en moins de 24 heures, des mesures de la radioactivité sont effectuées toutes les heures par 28 stations de contrôle.

De plus, les autorités japonaises ont testé des personnes présentes près du lieu du drame et ont trouvé trois d'elles comme ayant été irradiées.

L'Agence japonaise de sûreté nucléaire qualifie l'accident nucléaire de Daiichi de moins grave que ceux de Three Mile Island et de Tchernobyl. Elle qualifie l'accident d'une gravité de 4 sur une échelle de 7.

Certains experts estiment toutefois que si l'accident n'atteint pas le niveau de Tchernobyl (7), il pourrait toutefois égaler le problème américain (5).

Des spécialistes français ont déclaré que l'explosion qui s'est produite dans la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi n'était pas d'origine nucléaire, mais chimique. Elle serait liée à la présence d'hydrogène.

Le gaz provient de la décomposition des liquides servant au refroidissement sous l'effet des hautes températures.

En Ukraine, on avait assisté à un emballement de la réaction nucléaire. Ce qui n'est pas le cas au Japon puisque les réacteurs sont arrêtés depuis 24 heures. De plus, la centrale de Tchernobyl ne disposait pas d'enceinte de confinement, mais d'une simple chappe de béton.

Un autre expert de l'Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire en France dit qu'une explosion du réacteur n'est pas encore exclue. « On n'est pas en présence d'une bombe atomique dit-il. Il ne reste que la puissance résiduelle à évacuer ».

Quelques données sur les centrales nucléaires

  • La protection du réacteur d'une centrale nucléaire :
  • La matière radioactive est séparée de l'environnement par trois barrières : le « crayon » qui enveloppe l'uranium (sous forme de pastilles); la cuve et enfin l'enceinte de confinement. Au Japon elle est constituée d'un « liner », ou « peau métallique », ancré dans des parois en béton et fermé d'un couvercle. Ce liner est muni de capteurs.

  • Les mesures en cas de séisme :

  • Dès qu'une secousse est détectée, des capteurs disposés dans le liner déclenchent des barres constituées de matériaux « neutrophages »i s'insèrent automatiquement dans le réacteur et évitent la propagation de la réaction nucléaire. Le réacteur est de facto à l'arrêt. Cette première parade a très bien fonctionné au Japon. Cependant, la réaction nucléaire continue à un niveau beaucoup plus faible et il faut alors refroidir le réacteur. Mais le système principal et celui de secours ont été vraisemblablement endommagés par le séisme.

  • La fusion au sein d'un réacteur :


  • La fusion correspond à la surchauffe du combustible qui commence à fondre et à couler, comme une bougie. Il devient alors difficile à refroidir et les gaines qui retiennent les produits radioactifs n'existent plus. Les produits radioactifs risquent de passer dans l'eau qui circule théoriquement en circuit fermé.
Avec les informations de Agence France-Presse, et Associated Press