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Le Wisconsin restreint les droits des syndicats dans la controverse

Les représentants du Wisconsin, avant la tenue du vote

Les représentants du Wisconsin, avant la tenue du vote

Photo : AFP / Scott Olson/Getty Images

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2011 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

À l'issue de plusieurs semaines de manifestations et de manoeuvres politiques orchestrées par les deux camps, l'État du Wisconsin a adopté, jeudi, un projet de loi controversé qui vise à limiter les droits des syndiqués de la fonction publique.

L'issue du vote constitue une victoire pour le gouverneur républicain Scott Walker, qui estime que son gouvernement sera ainsi en mesure de réaliser des économies budgétaires de 300 millions de dollars sur deux ans.

Le dépôt du projet, perçu par ses détracteurs comme une volonté de détruire les syndicats, a suscité un important mouvement de contestation, qui a mobilisé depuis plus d'une semaine des dizaines de milliers de manifestants dans les rues de la capitale, Madison.

Quatorze sénateurs démocrates se trouvaient en Illinois depuis près de trois semaines afin de priver le Sénat, composé de 33 membres, du quorum de 20 personnes nécessaire à l'adoption de tout projet comportant des dépenses financières.

Mais, mercredi, réalisant un coup de force, les sénateurs républicains ont retiré du projet de loi tous les articles liés à des dépenses, une stratégie leur permettant d'adopter une version amendée qui prive les fonctionnaires de presque tous leurs droits reliés à la négociation des conventions collectives et augmente la part des employés au régime d'assurance santé et à leur fonds de retraite. Un seul républicain s'est prononcé contre le projet.

Un projet adopté dans des conditions rocambolesques

Le projet révisé a ensuite été renvoyé, jeudi, à l'Assemblée législative de l'État.

Le vote a connu des délais, les autorités ayant fermé l'accès au Capitole après que des manifestants eurent pénétré près de la salle de l'Assemblée et refusé de partir. Certains manifestants ont été emmenés de force à l'extérieur.

Les policiers ont en outre refusé l'accès de la Chambre à une trentaine de représentants, qui se sont résolus à pénétrer à l'intérieur en entrant par les fenêtres du premier étage.

Une manifestante dans l'Assemblée du WisconsinAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Une manifestante dans la Chambre des représentants du Wisconsin

Photo : Getty Images / Justin Sullivan

Le projet a ultimement été adopté à 53 voix contre 43, sous les huées des citoyens réunis au balcon intérieur de l'édifice. Le résultat du vote a été accueilli par les « non » de colère criés par des élus démocrates et les « honte, honte! », scandés par les citoyens.

À l'extérieur, le nombre des manifestants était passé en quelques heures de quelques centaines à plusieurs milliers.

Des citoyens ont réclamé la démission du gouverneur Walker, et d'autres manifestations étaient prévues au cours du week-end.

Certains observateurs ont affirmé que le projet visait à restreindre le pouvoir des syndicats, dont les membres sont davantage enclins à voter pour les démocrates.

« Dans une perspective de politiques publiques, c'est terrible », a affirmé Mike Tate, le leader du Parti démocrate du Wisconsin, en entrevue au New York Times. « Mais dans une perspective politique, [le gouverneur] n'aurait pas pu nous faire de plus gros cadeau », a-t-il ajouté, évoquant un afflux de dons et de bénévoles.

Au cours des derniers jours, la contestation s'est étendue à l'Ohio et à l'Indiana, où des projets de loi similaires sont à l'étude.

Avec les informations de Agence France-Presse, Associated Press, CNN, et New York Times

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