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Chara soulève la colère des partisans du Canadien

Max Pacioretty est étendu sur la glace après une mise en échec de Chara.

Max Pacioretty est étendu sur la glace après une mise en échec de Chara.

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

Radio-Canada

Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) demande aux partisans du Canadien de Montréal de cesser de lui téléphoner pour porter plainte contre Zdeno Chara.

Le SPVM affirme avoir été inondé d'appels de personnes cherchant à déposer une plainte contre le joueur de défense des Bruins de Boston.

Les appels demandant de porter l'affaire devant les autorités ont commencé mercredi après-midi, peu après que la Ligue nationale de hockey eut annoncé n'avoir imposé aucune sanction - amende ou suspension - à Chara pour le geste brutal contre Max Pacioretty, ailier gauche du Canadien.

La police a affirmé que son service d'appels d'urgence avait commencé à être débordé vers 16 h, une fois que la décision de la LNH avait été connue.

Bien que la ligue considère le dossier comme clos et que même les joueurs du Canadien demeurent muets à propos de l'incident, de nombreux admirateurs de l'équipe ont réclamé des sanctions.

Le SPVM soupçonne que les appels ont été inspirés par un média local ayant suggéré aux gens de porter plainte, a indiqué un porte-parole, le sergent Ian Lafrenière, qui a qualifié l'initiative d'irresponsable et pressé les Montréalais de n'utiliser le service d'appels d'urgence qu'en cas de vie ou de mort.

Interrogé sur la possibilité d'une enquête sur l'incident Chara, le sergent Lafrenière n'a pas voulu se laisser aller à quelque conjecture que ce soit.

M. Lafrenière a ajouté que les plaintes publiques, qui sont confidentielles, ne sont pas nécessaires pour déclencher une enquête policière.

Donner suite à une affaire d'agression sans plainte de la victime est toutefois très improbable. Dans ce cas, les personnes associées au Canadien se sont montrées bien peu empressées, mercredi, de transformer l'incident en affaire publique.

Le sergent Lafrenière n'a pas voulu dévoiler le nombre d'appels reçus par la police.

L'affaire Chara rebondit à la Chambre des communes

Par ailleurs, l'incident a créé des remous jusque dans l'arène politique. À la Chambre des communes, le ministre fédéral responsable des Sports, Gary Lunn, a demandé à ce que la LNH agisse.

Des politiciens de différents partis se sont dits outrés. Certains ont même suggéré que le gouvernement fédéral puisse jouer un rôle pour aider à limiter la violence au hockey. Le ministre Lunn, de son côté, a pressé la LNH d'agir.

« Lorsque vous voyez la collision, vous ne pouvez que grimacer », a déclaré le ministre dans une entrevue avec La Presse Canadienne.

« Je crois qu'il est temps d'envoyer le message que cela est inacceptable. Je ne suggère pas que le gouvernement fédéral veuille s'impliquer, mais la LNH doit le faire. »

Au Québec, la violence reliée au hockey s'est récemment transportée dans l'arène judiciaire. La province a vu trois affaires criminelles impliquant des joueurs de la Ligue de hockey junior majeur du Québec au cours des dernières années. La province a également adopté des règles plus strictes visant à réduire la violence au hockey.

Le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) a déclaré mercredi qu'il n'envisageait pas, dans l'immédiat, d'agir dans le dossier.

« Le directeur a le pouvoir de réclamer une enquête s'il considère qu'il s'agit d'une affaire pouvant être approfondie », a indiqué Martine Bérubé, porte-parole de la Couronne.

« Pour l'instant, nous n'avons pas fait de telle demande. »

Tard mercredi, un autre responsable a clarifié que le DPCP prendrait quelques jours pour se pencher sur l'affaire avant de rendre sa décision finale.

Max Pacioretty a subi une sévère commotion cérébrale ainsi qu'une fracture de la quatrième vertèbre cervicale, sans déplacement.

La Presse Canadienne

Lire aussi notre article sur une entrevue que Max Pacioretty a accordée au réseau TSN, de son lit d'hôpital, mercredi soir.

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