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Le régime de Kadhafi et les insurgés lancent des offensives diplomatiques

Mouammar Kadhafi, à son arrivée à la cérémonie  où il s'est adressé à la population.

Mouammar Kadhafi, à son arrivée à la cérémonie où il s'est adressé à la population.

Photo : AFP / Mahmud Turkia

Radio-Canada

Le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi a commencé à dépêcher des émissaires dans plusieurs pays, notamment en Europe, tout comme les représentants de l'opposition, alors que la Libye est en proie à la guerre civile.

Ainsi, Taher Siyala, un représentant du régime libyen, a fait escale à Malte, mercredi, avant d'être reçu à Lisbonne par le ministre portugais des Affaires étrangères, Luis Amado.

Membre non permanent du Conseil de sécurité, le Portugal, qui préside le comité des sanctions contre la Libye, entretient de bonnes relations avec ce pays. Le premier ministre portugais, José Socrates, a fait des voyages diplomatiques en Libye à plusieurs reprises et a même reçu Kadhafi, en 2007.

La rencontre s'est tenue à la demande de la Libye « en concertation avec la haute représentante de l'Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Catherine Ashton », a indiqué dans un communiqué le cabinet du ministère portugais des Affaires étrangères. « Elle s'inscrit dans le cadre de la préparation des réunions extraordinaires du conseil des Affaires étrangères et du Conseil européen qui se tiendront dans les prochains jours », ajoutait le document.

Un avion civil appartenant à Mouammad Kadhafi a en outre atterri au Caire, après avoir survolé l'espace aérien grec. Un responsable aéroportuaire égyptien a déclaré à l'AFP qu'il transportait le général Abdelrahmane al-Zawi, le responsable des questions de logistique et d'approvisionnement.

Selon le chef de la diplomatie italienne, Franco Frattini, l'appareil transportait « probablement le ministre de la Défense, qui apporte au gouvernement de transition égyptien une lettre de Kadhafi où celui-ci fait part de son intention de rencontrer [des membres] de la Ligue arabe ». Cette visite survient à deux jours d'une réunion de la Ligue arabe dans la capitale égyptienne.

Jeudi, ce sera au tour de la Grèce de recevoir la visite de Taher Siyala, a indiqué le gouvernement grec. Mardi, le premier ministre Georges Papandréou a eu une conversation téléphonique avec le dirigeant libyen. Les deux États entretiennent des liens privilégiés.

Selon le ministre italien des Affaires étrangères, deux émissaires sont également en route vers Bruxelles « avec l'intention de rencontrer des représentants de l'Union européenne et de l'OTAN ».

Al-Jazira a par ailleurs rapporté qu'un autre avion libyen se dirigeait vers Vienne, en Autriche.

Les opposants mènent aussi un blitz diplomatique

Le Conseil national de transition (CNT) libyen, constitué par l'opposition dans la foulée de l'insurrection ayant éclaté à la mi-février, a lui aussi envoyé des représentants à l'étranger. Au terme d'une réunion tenue la semaine dernière, le CNT s'est déclaré « le seul représentant de la Libye ».

La présidente suisse, Micheline Calmy-Rey, a rencontré mercredi un de ses représentants.

Le président français, Nicolas Sarkozy, recevra à son tour jeudi deux émissaires du CNT. « Cet entretien sera l'occasion d'évoquer la situation générale en Libye, en particulier la situation humanitaire et l'action du Conseil national libyen de transition », a indiqué l'Elysée dans un communiqué.

La chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, a elle aussi rencontré des représentants de cet organe politique, mardi, mais elle a refusé de soutenir sa demande de reconnaissance.

La démarche du Conseil est pourtant appuyée par le Parlement européen. Mercredi, les eurodéputés ont pressé les 27 pays de l'Union européenne de reconnaître le Conseil national de transition. En début de semaine, la France a salué sa création.

L'instauration d'une zone d'exclusion aérienne toujours débattue

Le secrétaire général de l'OTAN, Anders Fogh RasmussenAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le secrétaire général de l'OTAN, Anders Fogh Rasmussen, a indiqué mercredi qu'une intervention mioitaire en Libye, n'était pas envisagée. (archives)

Photo : La Presse canadienne / AP/Virginia Mayo

Les multiples rencontres initiées par le régime de Kadhafi et ses opposants précèdent une réunion, jeudi, à Bruxelles, des ministres européens des Affaires étrangères, une autre de l'OTAN ainsi qu'un sommet extraordinaire des chefs d'État et de gouvernement de l'Union européenne, qui abordera également la situation en Libye, vendredi.

L'hypothèse de l'instauration d'une zone d'exclusion aérienne devrait être débattue devant ces différentes instances.

Si la France et la Grande-Bretagne militent en faveur de cette option, plusieurs de leurs alliés occidentaux, notamment les États-Unis, restent partagés sur la pertinence d'une telle initiative.

Certains élus américains, tant démocrates que républicains, prônent cette solution. Il fait aider les insurgés maintenant, soutiennent-ils.

Cette option ne trouve cependant pas beaucoup d'appuis populaires. Aux yeux du secrétaire à la Défense, Robert Gates, et du conseiller à la sécurité nationale, Tom Donilon, il s'agit même d'une stratégie inefficace et presque inutile.

Ils font valoir que le régime de Mouammar Kadhafi utilise des hélicoptères, qui volent à plus basse altitude, pour tirer sur les civils et non des chasseurs bombardiers, qui, eux, volent dans les latitudes visées par une zone d'exclusion.

Pour être véritablement efficace, il faudrait plutôt intervenir au sol et détruire les batteries antiaériennes libyennes. Or, le risque d'une intervention militaire sur le terrain fait en sorte que cette option est pour l'instant écartée. Le secrétaire général de l'OTAN, Anders Fogh Rasmussen, a d'ailleurs indiqué mercredi qu'une intervention militaire en Libye n'était pas envisagée

La secrétaire d'État américaine, Hillary Clinton, croit pour sa part que l'imposition d'une zone d'exclusion aérienne est viable, mais seulement si elle est menée sous l'égide de l'ONU. Or, la Chine et la Russie, qui disposent d'un droit de veto au Conseil de sécurité, ont des réticences face à cette solution.

Un haut responsable américain a précisé que les États-Unis, advenant le feu vert de l'ONU, préfèreraient que ce soit l'OTAN et non une coalition de pays qui conduise les opérations.

Mardi, le chef de la diplomatie française, Alain Juppé, a pour sa part jugé que l'OTAN n'était pas l'« organisation adaptée » pour une telle intervention. Une source diplomatique française a d'ailleurs indiqué que la France et la Grande-Bretagne étudiaient un scénario qui excluait l'OTAN.

Ces derniers jours, les médias ont évoqué une coalition formée de ces deux pays, des États-Unis, qui disposent tous trois d'importants moyens aéronavals, et de pays comme l'Italie, l'Allemagne, voire des pays arabes, qui agiraient sous mandat de l'ONU.

Mohammed El-Senoussi, qui se désigne comme le « prince héritier de la Libye en exil », a revendiqué dans un communiqué émis depuis Londres l'instauration d'une zone d'exclusion aérienne au-dessus de la Libye. Il a cependant dit s'opposer à l'envoi de forces terrestres étrangères en territoire libyen.

Mohammed El-Senoussi est le petit neveu du roi pro-britannique Idriss 1er, chassé du pouvoir en 1969 à l'issue d'un coup d'État ourdi par Kadhafi. Celui-ci a aussitôt assigné à résidence son père, qui venait d'être désigné prince héritier, avec son épouse et leurs huit enfants.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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