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L'Assemblée nationale du Québec

L'Assemblée nationale du Québec

Photo : Luc Lavigne

Radio-Canada

Depuis le premier budget du ministre des Finances, Raymond Bachand, la situation budgétaire du Québec s'est améliorée. Les revenus de la province en 2009-2010 ont progressé plus rapidement que prévu et le déficit a reculé de près de 1,1 milliard, pour atteindre 3,2 milliards de dollars.

Le gouvernement maintient donc son objectif d'un retour à l'équilibre budgétaire d'ici 2013-2014, malgré les appels répétés de syndicats et d'organismes communautaires qui souhaitent que la réduction du déficit se fasse sur une plus longue période pour éviter que les compressions et les hausses de tarifs ne nuisent à la reprise économique. Le ministre Bachand a promis un budget « responsable », marqué du sceau de la rigueur.

Pour un retour au déficit zéro, le gouvernement veut limiter à un peu plus de 2 % la croissance de ses dépenses pour 2011-2012, alors qu'elles ont progressé en moyenne de 4,8 % depuis 2003, et générer plus de revenus dans un contexte économique mondial qui reste incertain. L'inflation est en hausse, tout comme les prix du pétrole, et la reprise pourrait être ralentie par des augmentations des taux d'intérêt, qui viendraient par ailleurs augmenter de nouveau les dépenses du service de la dette.

En 2011, la dette brute du Québec devrait atteindre 160,1 milliards de dollars, soit 53,2 % du PIB.

Pour rééquilibrer ses finances, le gouvernement compte consentir 60 % des efforts en réductions budgétaires, soit des réductions de dépenses de 7 milliards, et faire payer les Québécois avec des hausses de tarifs, de taxes et d'impôts pour un total de 3,5 milliards de dollars de plus en 2013-2014. Les entreprises seront aussi mises à contribution, mais dans une proportion moindre.

Plus de revenus

Déjà, le ministre Bachand a annoncé dans son budget précédent que la taxe de vente du Québec, la TVQ, allait augmenter d'un autre point de pourcentage le 1er janvier 2012, pour être portée à 9,5 %. La « contribution santé » passe de 25 $, l'an dernier, à 200 $ en 2012 pour la plupart des Québécois.

La taxe sur l'essence continuera à augmenter de 1 ¢ le litre les trois années suivantes, en plus des hausses prévues des frais de scolarité l'an prochain. À cela s'ajoute notamment la hausse des prix de l'électricité de 3,7 % par an entre 2014 et 2018 pour garnir le Fonds des générations, consacré à la réduction de la dette.

Limiter les dépenses

Le gouvernement a déjà présenté un plan pour réduire d'ici 2013-2014 ses dépenses, par exemple par des gels salariaux, des réductions des dépenses en publicité, un meilleur contrôle des projets informatiques et la réduction de l'aide accordée aux entreprises.

Au-delà du contrôle des dépenses et des diverses hausses de tarifs, la vitalité de l'économie du Québec sera déterminante dans l'atteinte du déficit zéro d'ici 2013-2014. En décembre dernier, le gouvernement revoyait d'ailleurs à la baisse ses prévisions de croissance du PIB à 2,6 % pour 2010 (- 0,3 %) et 2,2 % pour 2011 (- 0,4 %), en raison de la fragilité de la reprise économique dans le monde, notamment aux États-Unis.

À moyen terme, c'est le vieillissement de la population et le faible taux de natalité qui menacent la croissance économique du Québec, note le ministère des Finances, précisant qu'il y aura bientôt moins de Québécois sur le marché du travail pour faire progresser l'économie. Dans son budget, le ministre Bachand souhaite également adopter des mesures pour augmenter le nombre de travailleurs potentiels et stimuler la productivité des employés.

Emploi et chômage

En février, le taux de chômage de la province, en recul de 0,2 % comparativement à un mois plus tôt, était de 7,7 %, soit un dixième de point de pourcentage de moins que la moyenne canadienne.

Le ministre Bachand a déjà indiqué qu'il n'allait pas tenir compte, pour préparer son budget, d'une éventuelle entente avec Ottawa sur l'harmonisation des taxes de ventes qui pourrait rapporter 2,2 milliards de dollars au Québec. Son budget sera présenté avant celui de son homologue fédéral, Jim Flaherty. M. Bachand a expliqué vouloir éviter de présenter son budget en plein tourbillon électoral à Ottawa, au moment où les rumeurs d'un scrutin s'intensifient sur la scène fédérale.

Économie