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Population
Radio-Canada

Le gouvernement québécois s'est engagé à maintenir son objectif d'éliminer son déficit d'ici 2013-2014, une position applaudie par le milieu des affaires, mais décriée par des organismes communautaires, les associations étudiantes et le milieu syndical, qui ont d'ailleurs organisé des manifestations le 12 mars pour dénoncer les priorités de Québec. Alors que certains souhaitent que la province intensifie ses efforts pour renouer avec les surplus, d'autres estiment que les sacrifices sont trop importants.

Fiscalité

Le mois dernier, cinq organismes, dont l'Institut de recherche en économie contemporaine et l'Institut de recherche et d'informations socio-économique, ont organisé le forum économique Autres voix, autres choix à Montréal pour formuler différentes propositions en vue du budget de la province, comme abandonner le principe de l'utilisateur-payeur en santé, revoir la fiscalité en éliminant notamment la taxe santé, et reporter le retour à l'équilibre budgétaire.

À l'opposé, la Fédération des chambres de commerce du Québec presse Québec de réduire davantage ses dépenses pour éliminer plus rapidement son déficit. L'organisme propose quatre objectifs : réduire la taille de l'État, investir dans la formation de la main-d'oeuvre, favoriser un climat propice à l'innovation et à la productivité, mais aussi miser sur l'exportation.

Assurer la compétitivité des entreprises devrait être au coeur des engagements du gouvernement, selon les Manufacturiers et exportateurs du Québec. Le budget doit miser sur la croissance économique, note le regroupement, qui propose de réduire l'impôt sur le revenu des entreprises et les taxes sur la masse salariale.

Le Conseil du patronat du Québec (CPQ) suggère lui aussi une réduction des taxes sur la masse salariale. Pour y arriver, l'organisme avance que la province devrait réduire l'aide financière aux entreprises. Le retour à l'équilibre budgétaire pourrait être plus rapide que prévu, note le CPQ, qui s'inquiète toutefois du déficit structurel de la province. Le gouvernement devrait s'assurer que le financement sert à offrir des services plutôt qu'à être dépensé dans la bureaucratie, note l'organisme.

La Fédération canadienne de l'entreprise indépendante réclame aussi une révision de l'aide octroyée au secteur des affaires. Le regroupement souhaite « un gros ménage du printemps dans les programmes » qui profitent, selon lui, surtout aux grandes entreprises. En contrepartie, l'organisme recommande une baisse d'impôts pour les entreprises et rappelle à son tour la nécessité de réduire la dette de la province.

Éducation

Plusieurs associations étudiantes espèrent que le ministre Bachand se rétracte en éliminant les hausses des frais de scolarité prévues en 2012. L'Association pour une solidarité syndicale étudiante a installé des bannières dans la région de Montréal pour faire pression sur le gouvernement tout en promettant une autre manifestation à la fin du mois de mars si les augmentations n'étaient pas éliminées, avançant qu'il s'agissait d'« une attaque dévastatrice à l'accessibilité aux études ».

La Fédération étudiante collégiale du Québec et la Fédération étudiante universitaire du Québec accusent quant à elles le gouvernement provincial de ne pas se soucier des étudiants en ignorant leurs propositions. En haussant les frais de scolarité, dénoncent ces fédérations, le Québec « bloque » l'accès aux études postsecondaires.

De son côté, la Chambre de commerce du Montréal métropolitain réclame une hausse des frais de scolarité de 1000 $ par année pendant trois ans pour maintenir la qualité de la formation dispensée par les établissements québécois et la valeur des diplômes. Le regroupement explique que les entreprises craignent les effets du sous-financement chronique des universités et propose que le régime des prêts et bourses soit bonifié pour assurer l'accès aux études universitaires.

La Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec souhaite plutôt des hausses des droits de scolarité de 500 $ par année pendant trois ans dès 2012, mais aussi une augmentation des subventions versées par la province et du financement provenant du secteur privé. L'organisme, qui représente 18 établissements universitaires, souhaite également une révision du régime des prêts et bourses.

La Fédération des commissions scolaires du Québec demande de son côté davantage d'investissements en éducation en précisant que la loi 100 sur les réductions budgétaires a été « très exigeantes » à l'endroit des commissions scolaires. Le niveau de services ne pourra pas être maintenu si d'autres compressions sont imposées, prévient l'organisme, qui ajoute que les investissements en éducation assurent la croissance économique.

L'Alliance sociale, qui regroupe les principaux syndicats et associations étudiantes québécoises, dénonce aussi l'échéance du retour à l'équilibre budgétaire de Québec et la hausse des frais de scolarité. Le regroupement réclame une taxe sur les biens de luxe, plus d'imposition envers les entreprises et un financement bonifié en éducation, en santé et dans les services sociaux.

Logement

Le Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) réclame de nouveaux investissements dans les logements sociaux, précisant que le financement annoncé lors du précédent budget, qui couvrait une période allant jusqu'en 2014, a été presque entièrement dépensé. S'il n'y a aucun financement supplémentaire annoncé dans le budget, le FRAPRU craint que peu de logements sans but lucratif soient construits au cours des prochains mois.

Culture

Le gouvernement doit davantage contribuer à la vitalité culturelle du Québec, selon Culture Montréal. L'organisme suggère notamment d'offrir de nouveaux avantages fiscaux pour inciter les particuliers et les entreprises à investir dans le développement culturel et de doubler le budget du programme « Placements culture », qui encourage les dons corporatifs et particuliers.

Municipalités

L'Union des municipalités du Québec demande quant à elle que les investissements dans les infrastructures municipales se poursuivent, malgré la lutte contre le déficit. Le regroupement veut une taxe sur l'essence imposée partout dans la province pour financer des initiatives en transport. La diversification des sources de revenus des municipalités est l'une des priorités de l'Union, qui espère également une entente avec Québec concernant les montants de TVQ payés par ses membres sur leurs achats de biens et services, qui doivent être remboursés à 100 %, mais seulement en 2014.

De son côté, la Fédération québécoise des municipalités souhaite que ses membres puissent percevoir des redevances sur les ressources naturelles. Québec doit aussi adopter une loi-cadre sur l'occupation du territoire, note l'organisme qui représente 1000 municipalités et MRC.

Agriculture

De son côté, l'Union des producteurs agricoles (UPA) réitère que le secteur de l'agriculture nécessite un soutien de l'État, dont la gestion de l'offre et le programme d'assurance stabilisation des revenus agricoles, qui a été un sujet de discorde avec la province, l'automne dernier. L'UPA réclame notamment la création d'un programme d'épargne pour faciliter le transfert de ferme et rendre les agriculteurs moins dépendants de la vente de leurs actifs.

Partis d'opposition

Le Parti québécois ne prévoit pas faire connaître ses attentes envers le budget 2011-2012 avant que celui-ci ne soit présenté. Lors de la mise à jour économique de décembre dernier, le porte-parole de l'opposition officielle en matière de finances, Nicolas Marceau, avait critiqué le gouvernement pour la croissance de ses dépenses et sa gestion de la dette.

L'Action démocratique du Québec a mené des consultations à travers la province en vue de la présentation du budget, mais n'a pas fait part de ses revendications pour l'instant.

Le troisième parti d'opposition à l'Assemblée nationale, Québec Solidaire, a appuyé la manifestation de samedi dernier visant à dénoncer les orientations du gouvernement. Le parti réclame notamment une révision de la fiscalité, un régime universel d'assurance médicaments et des trains électriques.

Économie