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Mélanie Vincelette publie Polynie

Mélanie Vincelette et la couverture de son roman

Mélanie Vincelette et la couverture de son roman

Richard Raymond
Prenez note que cet article publié en 2011 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Elle dit : « Là-bas! » et ses yeux bleu pâle brillent. On a alors l'impression que la romancière Mélanie Vincelette parle d'un ailleurs fabuleux. Et c'est bien d'un ailleurs fabuleux dont elle parle dans son deuxième roman, Polynie. Cet ailleurs s'appelle le Grand Nord canadien.

Polynie ou le roman des deux frères

C'est là-bas que travaillent deux frères, Rosaire et Ambroise. Le premier est trouvé mort. Le second doit aller identifier le corps à Iqaluit. Ambroise voyait son frère aîné comme le jeune homme parfait : beau, intelligent, sensible au sort des Inuits. C'est l'occasion, pour lui, de faire le point sur leur jeunesse, sur leur relation. Mais ses certitudes fondront comme neige au soleil.

Le lien fraternel

En entrevue avec Radio-Canada.ca, Mélanie Vincelette, « pas mariée, pas d'enfant », souligne l'importance du lien fraternel.

C'est un lien particulier qui intègre deux schémas : la biologie et la socialisation. Ça fait en sorte qu'on se comprend, parfois, de façon plus profonde.[[citation auteur="Mélanie Vincelette" ]]

La Montréalaise de 36 ans se dit très proche de ses deux frères. « Je me suis inspirée de ça pour amplifier le lien fraternel dans Polynie », explique l'auteure.

Le Grand Nord, une histoire de famille

Mélanie Vincelette a un frère cuisinier qui a exercé son métier à l'île de Baffin, mais plusieurs autres membres de sa famille ont travaillé dans le Grand Nord. Quand elle était très jeune, un de ses oncles travaillait dans une mine « là-bas ». Au lieu d'écrire des lettres, il envoyait, par la poste, des cassettes à ruban sur lesquelles il expliquait sa vie.

On écoutait ça et c'était toujours des histoires rocambolesques et fabuleuses et ç'a beaucoup marqué mon imaginaire.[[citation auteur="Mélanie Vincelette" ]]

Ce sont leurs expériences qui l'ont inspirée pour Polynie. Elle qualifie de fabuleuse l'expérience vécue par son frère sur l'île de Baffin. « C'est important d'explorer en littérature, en 2011, ce qu'est le Nord. »

Au-delà de la littérature

Mais il y a plus, pour elle, que la littérature. Il y a les enjeux politiques. Beaucoup de choses se brassent autour du cercle polaire.

Notre pays est tellement vaste qu'on n'arrive pas à le maîtriser, à l'habiter, à l'intégrer dans notre littérature.

Une citation de :Mélanie Vincelette

Elle souligne que les frontières sont ouvertes là-bas et que plusieurs pays nous envient notre territoire. Les Russes, les Chinois et même les Danois. « Il faut réfléchir à ça ».

Le mythe du Grand Nord

Mélanie Vincelette admet qu'elle a fait du Grand Nord un mythe. Elle le présente comme quelque chose de magnifique.

Le ton de Polynie, c'est toujours le ton de l'exagération, de l'histoire de pêche. Le poisson est plus grand.

Une citation de :Mélanie Vincelette

Elle établit un parallèle entre son roman et la culture innue dans laquelle, à travers légendes et contes oraux, l'exagération tient une grande place. L'auteure arrime la pratique de l'exagération chez les Inuits à celle qui se pratique dans nos familles. Nous aussi, dit-elle, on a des gens qui racontent toujours les mêmes histoires, qui font partie de la mythologie familiale. « Du moins, c'est organisé comme ça dans ma famille et c'est ce que j'ai voulu transmettre dans Polynie », dit-elle.

Mélanie Vincelette avoue avoir un projet d'écriture. Mais elle est très occupée par Polynie. Elle part lundi prochain pour Paris, où elle participera au Salon du livre.

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