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Le ministre pakistanais des Minorités religieuses assassiné

Des policiers inspectent la voiture criblée de balles du ministre des Minorités religieuses, Shahbaz Bhatti.

Des policiers inspectent la voiture criblée de balles du ministre des Minorités religieuses, Shahbaz Bhatti.

Photo : AFP / Farooq Naeem

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2011 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Shahbaz Bhatti, le ministre des Minorités religieuses du Pakistan, a été assassiné mercredi à Islamabad. Des inconnus ont criblé de balles sa voiture, blessant grièvement son chauffeur.

Seul chrétien du gouvernement pakistanais et premier catholique à occuper le poste, M. Bhatti militait pour la suppression de la peine de mort en cas de blasphème et défendait la minorité chrétienne. Il avait déjà été menacé par des extrémistes islamistes.

Des tracts trouvés sur la scène du crime indiquent qu'Al-Qaïda et les talibans revendiquent le meurtre, accusant le gouvernement d'avoir chargé M. Bhatti, « un infidèle chrétien », d'un comité sur le blasphème.

Des responsables du gouvernement ont condamné ce meurtre sans faire référence aux lois sur le blasphème.

« C'est une campagne organisée pour abattre toute voix libérale, progressiste et humaniste au Pakistan. [...] Il est temps pour le gouvernement fédéral et les gouvernements provinciaux de condamner fermement ces meurtres pour préserver l'essence même du Pakistan », a déclaré Farahnaz Ispahani, un conseiller du président, Asif Ali Zardari.

Condamnations internationales

Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a « fermement condamné » cet assassinat. Le secrétaire général encourage le gouvernement pakistanais à « poursuivre ses efforts pour combattre le terrorisme, protéger les droits des minorités et promouvoir la tolérance », a déclaré un porte-parole du secrétaire général.

Le président des États-Unis, Barack Obama, s'est dit « profondément attristé » par cet assassinat et a offert ses « sincères condoléances » aux proches des victimes.

Il a appelé Islamabad à identifier et punir les coupables. « Ceux qui ont commis ce crime doivent être présentés à la justice, et ceux qui partagent la vision de tolérance et de liberté de religion de Bhatti doivent pouvoir vivre sans avoir peur », a insisté M. Obama.

Au Canada, le premier ministre Stephen Harper a aussi demandé au Pakistan de traquer les responsables du meurtre et de les traduire en justice. La Chambre des communes a unanimement adopté une motion condamnant le meurtre, et a offert ses condoléances à la famille de Shahbaz Bhatti. La motion presse également le gouvernement pakistanais d'abroger les lois anti-blasphème. Le Pakistan devrait également mieux protéger les personnes qui traitent de ce sujet, a ajouté le premier ministre.

Le porte-parole du Vatican, le père Federico Lombardi, a qualifié l'assassinat d'« acte de violence inqualifiable [qui] démontre combien sont justifiées les interventions insistantes du pape à propos de la violence contre les chrétiens et contre la liberté religieuse en général ».

Les chrétiens représentent moins de 2 % des quelque 170 millions de Pakistanais.

Le père Lombardi a rappelé que le ministre Bhatti avait été reçu par le pape Benoît XVI en septembre et « avait témoigné de ses efforts pour la coexistence pacifique entre les communautés religieuses de son pays ».

Ce meurtre fait suite à l'assassinat de Salman Taseer, en janvier, un politicien pakistanais libéral qui a été abattu par l'un de ses gardes.

Les deux hommes ont fait campagne pour modifier les lois sur le blasphème qui imposent la peine de mort pour avoir insulté l'islam.

Le pape Benoît XVI avait alors signifié l'importance d'abroger la loi sur le blasphème et encouragé les autorités à le faire.

Le 4 janvier dernier, Salman Taseer, le gouverneur de la province du Pendjab, avait lui aussi été assassiné après avoir pris la défense d'Asia Bibi, une chrétienne condamnée à la peine capitale pour avoir blasphémé.

Avec la mort de M. Bhatti, les chrétiens pakistanais, principale minorité religieuse du pays, ont perdu leur principal défenseur.

Avec les informations de Agence France-Presse, Reuters, Associated Press, et La Presse canadienne

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