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Nouvelles démissions au sein du gouvernement tunisien

Le ministre démissionnaire du Développement régional et local, Ahmed Néjib Chebbi.
Le ministre démissionnaire du Développement régional et local, Ahmed Néjib Chebbi. Photo: AFP / Fethi Belaid
Radio-Canada

Le ministre tunisien de l'Enseignement supérieur et de la recherche scientifique, Ahmed Ibrahim, et son collègue au Développement régional et local, Ahmed Néjib Chebbi, ont annoncé mardi leur démission du gouvernement de transition.

« J'ai présenté ma démission au premier ministre », a déclaré M. Ibrahim à l'Agence France-Presse Ahmed Ibrahim. Il dit avoir acquis « la conviction qu'il pourrait mieux servir la révolution en étant en dehors du gouvernement ».

Lors d'une conférence de presse donnée dans un hôtel de Tunis, le ministre Chebbi a expliqué qu'il démissionnait « en raison de l'hésitation et du flou qui ont marqué l'action du gouvernement de [l'ex-premier ministre Mohamed] Ghannouchi ».

Selon Reuters, la radio privée Shems FM avait annoncé plus tôt mardi la démission du ministre chargé des Réformes économiques et sociales, d'Elyes Jouini.

Deux opposants à Ben Ali

Ahmed Ibrahim est le chef du parti Ettijadid (ex-parti communiste), tandis que M. Chebbi est le chef du Parti démocratique progressiste (PDP).

Le ministre démissionnaire de l'Enseignement supérieur et de la recherche scientifique, Ahmed Ibrahim.Le ministre démissionnaire de l'Enseignement supérieur et de la recherche scientifique, Ahmed Ibrahim. Photo : AFP / Fethi Belaid

Ils avaient tous deux été nommés au sein du gouvernement d'union nationale du premier ministre Ghannouchi à la mi-janvier, après que l'ex-président Ben Ali eut fui le pays.

Dans une entrevue à Radio-Canada, M. Chebbi disait avoir joint un « gouvernement de rupture » chargé de préparer des élections d'ici six ou sept mois et de mettre en oeuvre, d'ici là, différentes mesures de libéralisation.

Dimanche, le premier ministre Ghannouchi, qui avait réussi à se maintenir au pouvoir malgré ses liens étroits avec l'ancien régime, a jeté l'éponge et annoncé sa démission. Il cédait ainsi à de nouvelles pressions populaires.

Lundi, deux ministres issus du cabinet de l'ex-président Ben Ali ont aussi annoncé leur départ. Il s'agit de Mohamed Nouri Jouini, ministre de la Planification et de la Coopération internationale, et de Mohamed Afif Chelbi, ministre de l'Industrie et de la Technologie.

Vers une nouvelle Constitution

Selon une source gouvernementale citée par l'agence Reuters, le nouveau premier ministre, Béji Caïd Essebsi, annoncera d'ici mercredi la création d'un Conseil constitutionnel chargé d'amender la Constitution avant la tenue d'élections. Le gouvernement a promis que le scrutin aurait lieu avant la mi-juillet.

Feu vert au parti Ennahda

L'agence de presse officielle Tap rapporte que le mouvement islamiste Ennahda (Renaissance) a été autorisé par le gouvernement à reformer un parti politique. Ennahda avait été interdit durant les deux décennies de dictature de l'ex-président Ben Ali.

Rachid Ghannouchi a été accueilli par de nombreux partisans lors de son retour d'exil, le 30 janvier.Rachid Ghannouchi a été accueilli par de nombreux partisans lors de son retour d'exil, le 30 janvier. Photo : AFP / Fethi Belaid

Ses dirigeants ont déjà indiqué qu'ils comptaient organiser un congrès au cours des prochains mois afin de désigner un nouveau président, en remplacement du chef historique, Rached Ghannouchi.

L'homme de 69 ans est rentré de son exil à Londres le 30 janvier, deux semaines après que la révolte populaire a eu raison du dictateur. Lors de son retour au pays, après plus de 20 ans, il a déclaré qu'il ne serait pas candidat à la première élection présidentielle de la Tunisie de l'après-Ben Ali.

Ennahda, qui se réclame du Parti de la justice et du développement, au pouvoir en Turquie, était la principale force d'opposition en Tunisie lors de l'avènement du régime de Ben Ali, en 1987.

Deux ans plus tard, il avait été crédité de 17 % des voix aux législatives. Le régime de Ben Ali a alors accru la répression, contraignant M. Ghannouchi à s'exiler.

Ennahda n'a pas joué un rôle notable dans le mouvement de révolte populaire.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

International