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« Mon peuple m'adore », dit Kadhafi

Mouammar Kadhafi

Photo : Télévision libyenne

Radio-Canada

Dans une entrevue conjointe qu'il a accordée aux réseaux de télévision ABC et BBC lundi, le colonel libyen Mouammar Kadhafi a nié toute révolte contre lui et a invité les Nations unies à aller en faire le constat sur le terrain.

« Ils m'aiment. Tout mon peuple est avec moi. Ils m'adorent tous. Ils mourraient pour me protéger et protéger mon peuple », a-t-il déclaré dans un anglais haché.

Vous ne comprenez pas le système d'ici, et le monde ne comprend pas le système d'ici, l'autorité du peuple. [Il n'y a] pas du tout de manifestations dans les rues.

Moummar Kadhafi

Le colonel a également réaffirmé que ceux qui avaient protesté étaient drogués par des substances distribuées par Al-Qaïda, selon la BBC. Le dirigeant a indiqué que des gens s'étaient emparés d'armes et que ses partisans avaient reçu l'ordre de ne pas riposter en cas de tirs, a ajouté le réseau britannique.

La chaîne ABC rapporte qu'il a suggéré à l'ONU d'envoyer une mission d'information en Libye.

Toujours selon la chaîne américaine, lorsqu'on lui a demandé s'il se sentait trahi par les États-Unis, Mouammar Kadhafi a répondu : « Je suis surpris que nous ayons une alliance avec l'Occident pour combattre Al-Qaïda et qu'ils nous aient abandonnés maintenant que nous combattons des terroristes. »

« Peut-être qu'ils veulent occuper la Libye », a-t-il supposé, toujours cité par ABC. Selon le réseau, le dirigeant libyen a souligné que, n'étant ni président ni roi, il ne pouvait pas démissionner.

Le colonel a affirmé que le président américain Barack Obama était « un homme bien » qui était victime de « désinformation ». « Les déclarations que j'ai entendues de sa part devaient provenir de quelqu'un d'autre », a-t-il supposé, ajoutant que « l'Amérique n'est pas la police du monde ».

Les affrontements se poursuivent

La Libye demeure le théâtre d'affrontements entre opposants et partisans de Mouammar Kadhafi, lundi. À Tripoli, qui demeure sous contrôle du dirigeant libyen, plusieurs personnes ont été tuées et d'autres blessées lorsque les forces du colonel ont ouvert le feu sur les manifestants.

Selon l'édition en ligne du journal libyen Kourina, quelque 10 000 manifestants étaient rassemblés dans le quartier Tadjoura de la capitale.

Des manifestants à Benghazi, ville passée sous le contrôle des opposants au régime (28 février 2011).Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des manifestants à Benghazi, ville passée sous le contrôle des opposants au régime (28 février 2011).

Photo : AFP / Patrick Baz

À Misrata, à 200 kilomètres à l'est de la capitale, des forces fidèles au colonel Kadhafi ont tiré lundi soir sur des passants, faisant au moins deux morts et un blessé grave, selon un témoin joint par l'Agence France Presse.

Lundi matin, un témoin a déclaré à l'agence Reuters que des opposants au régime ont réussi à repousser un assaut des forces gouvernementales, et qu'un avion militaire a été abattu « alors qu'il tirait sur les locaux d'une station de radio ». L'équipage aurait été capturé.

« Des combats pour le contrôle de la base aérienne militaire ont éclaté la nuit dernière et se poursuivent actuellement. Les forces de Kadhafi ne contrôlent qu'une petite partie de la base. Les manifestants contrôlent une grande partie de la base, celle où se trouvent les munitions », affirme ce témoin.

Misrata revêt une importance particulière, puisqu'elle est située entre Tripoli et la ville de Syrte, ville natale du colonel Kadhafi, qu'il contrôle toujours.

À Zaouia, Al-Jazira signale que des hommes qui disent avoir saisi des armes et même des tanks à l'armée lors des combats des derniers jours patrouillent les rues. Ils disent s'attendre à une contre-attaque des forces fidèles au colonel Kadhafi, qui auraient encerclé la ville.

La chaîne qatarie rapporte que des manifestants pro-Kadhafi ont manifesté leur soutien au colonel dans le quartier de Harsha, situé à environ 5 kilomètres du centre de Zaouia. Des forces progouvernementales ont aussi érigé des points de contrôle sur la route reliant Zaouia à Tripoli.

Zaouia revêt également une grande importance stratégique parce que c'est la première ville d'importance à l'ouest de Tripoli, qu'elle abrite une raffinerie de pétrole et qu'elle est proche d'un port. Des combats ont lieu à Zaouia depuis la fin de la semaine dernière.

À Ajdabiya, un dépôt d'armes aux mains des opposants a également été bombardé par des avions libyens, mais sans faire de blessés.

L'est du pays, notamment Ajdabiya, Benghazi, al-Baïda, Derna et Tobrouk, est sous le contrôle de l'opposition depuis plusieurs jours déjà. C'est dans cette région que se trouve l'essentiel des réserves de pétrole et de gaz du pays, sources essentielles de revenu pour le régime du colonel Kadhafi.

Une aide bienvenue

Jusqu'à ce jour, la situation semblait calme dans la capitale, où le colonel Kadhafi serait retranché. Selon Al-Jazira, le dirigeant libyen se trouverait dans le quartier de Bab al-Aziziya de Tripoli, sous la protection des membres de sa garde rapprochée.

Plus tôt dans la journée, des Libyens ont formé lundi de longues files d'attente devant les banques afin de recevoir l'équivalent de 400 $ par famille, une somme versée par le colonel Kadhafi pour s'assurer le soutien de la population.

La somme sera bienvenue dans de nombreux foyers, les prix des denrées alimentaires ayant explosé depuis le début des troubles. Une femme interrogée par l'Associated Press affirme que le prix du riz a augmenté de 500 %, atteignant l'équivalent de 40 $ pour un sac de 5 kilogrammes.

Les résidents de Benghazi obtiendront pour leur part une autre forme d'aide. La France a annoncé lundi que deux avions transportant des médecins, des infirmiers, du matériel médical et des médicaments allaient s'envoler au cours de la journée pour Benghazi.

Le premier ministre, François Fillion, a affirmé qu'il s'agissait là du « début d'une opération massive de soutien humanitaire aux populations des territoires libérés ».

Selon le Haut-Commissariat pour les réfugiés des Nations unies (UNHCR), plus de 100 000 personnes ont fui la Libye dans les derniers jours, principalement des travailleurs égyptiens et tunisiens.

Depuis le début des troubles, le 15 février, 255 Canadiens ont quitté le pays, selon le plus récent bilan du ministère canadien des Affaires étrangères. Un peu moins d'une centaine de ressortissants canadiens seraient toujours dans le pays.

Avec les informations de Agence France-Presse, Reuters, Al-Jazira, et BBC

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