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La CSN défend l'entente au Journal de Montréal

Claudette Carbonneau, présidente de la CSN
Claudette Carbonneau, présidente de la CSN
Radio-Canada

La présidente de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), Claudette Carbonneau, a défendu dimanche la position de son syndicat dans la résolution du conflit de travail au Journal de Montréal.

Critiquée par plusieurs employés en lock-out, affirmant que la Confédération s'est « écrasée » devant Quebecor, Claudette Carbonneau a tenu à rappeler que la CSN s'était beaucoup investie dans le conflit.

« La CSN a mis beaucoup, au-delà de 7 millions de dollars. On était tout à fait disposé à continuer dans cette direction-là. Ce n'est pas non plus une question de ressources militantes ou de volonté de s'engager », a-t-elle affirmé en entrevue sur les ondes de RDI, dimanche matin.

Selon elle, la CSN ne pouvait pas aller plus loin, car les nouvelles dispositions sur les briseurs de grève ont affaibli le rapport de force des employés en lock-out avec leur employeur.

Le journaliste Martin Leclerc pense que Quebecor a gagné la bataille grâce à l'agence QMI. Selon lui la CSN aurait dû intervenir plus tôt pour forcer la fermeture de l'agence qui alimente plusieurs des filiales du groupe médiatique, dont le Journal de Montréal.

Interrogé au sujet de la loi sur les briseurs de grève, le premier ministre du Québec, Jean Charest, a indiqué que la ministre du Travail, Lise Thériault, avait le dossier entre les mains. « [Mme Thériault] en fera une analyse et déterminera s'il y a des pistes d'action à prendre », a déclaré M. Charest.

La proposition du médiateur acceptée

Samedi, les employés du Journal de Montréal ont approuvé à 64,1 % la proposition du médiateur pour mettre fin à ce conflit qui dure depuis le 24 janvier 2009.

Le comité de négociation estimait qu'il était impossible d'aller plus loin dans le processus de négociation avec l'employeur Quebecor, après plus de deux ans de pourparlers.

La dernière proposition est un contrat de cinq ans. Au lieu de conserver 49 des 240 postes, ce sont plutôt 62 personnes qui gardent leur emploi.

Il y a aussi une hausse de garantie d'emploi pour trois autres postes dans le secteur bureau qui s'ajoute aux sept postes du plancher d'emploi de ce secteur. La proposition comprend également le retour de dix postes au secteur petites annonces sans possibilité de mise à pied et de fermeture du département avant le 54e mois suivant la signature de la convention collective, s'il n'y a pas de baisse de volume d'appels.

Dans la salle de nouvelle, au lieu des 32 postes à temps plein et trois à temps partiel, le médiateur recommande 33 postes à temps plein, un à temps partiel et une garantie d'emploi pour neuf salariés supplémentaires au plancher d'emploi.

Des aménagements ont aussi été faits pour bonifier les départs à la retraite. Un fonds a été créé pour faciliter la transition des employés licenciés sur le marché du travail. De plus, la clause de non-concurrence a été retirée et la poursuite des activités de Rue Frontenac sera possible.

Le lock-out au Journal au Montréal a duré 25 mois. Près de 200 syndiqués perdent leur emploi.

« Ce n'est certainement pas le règlement, la convention collective, qui aurait été souhaitée par personne », a affirmé Mme Carbonneau, soulignant toutefois les gains arrachés. « Ce n'est pas non plus le règlement tel que l'aurait voulu Quebecor », a-t-elle ajouté.

Rappelons qu'en octobre dernier, les employés du quotidien avaient rejeté dans une proportion de 89,3 % une proposition de Quebecor.

« Mettre fin à la souffrance »

Le Syndicat des travailleurs de l'information du Journal de Montréal (STIJM-CSN), représentant les 229 employés en lock-out, et la CSN ont donné un point de presse samedi en fin de soirée.

Le président du syndicat, Raynald Leblanc, a affirmé que « ce n'est pas une victoire ». Il a même parlé de « jour de deuil ». Il s'attend à ce que le climat soit très difficile avec les cadres lors d'un prochain retour au travail.

Le protocole de retour au travail reste encore à négocier. De plus, selon M. Leblanc, la nouvelle salle de rédaction ne serait plus située au 4545, rue Frontenac, à Montréal.

Il fallait mettre fin à la souffrance, et c'est ça que l'on a fait aujourd'hui.

Raynald Leblanc

Selon André Fortin, conseiller à la Fédération nationale des communications (FNC) membre de la CSN, deux principaux facteurs ont fait en sorte qu'il n'a pas été possible d'avoir un rapport de force satisfaisant. Tout d'abord, des dispositions de la loi antibriseurs de grève et, ensuite, le manque de solidarité.

M. Fortin a précisé que le boycottage du quotidien n'avait pas fonctionné et qu'une pétition de quelques dizaines de milliers de signatures n'avait pas suffi à renverser la vapeur. Le conseiller de la FNC n'a pas hésité à dire que les congédiements étaient directement liés au manque de solidarité du lectorat.

Des employés en lock-out amers

Une majorité de syndiqués du Journal de Montréal a voté en faveur du règlement, mais certains ne se sont pas gênés pour exprimer leur insatisfaction.

« C'est une capitulation totale. C'est une honte à mon sens, de sabrer comme ça dans la qualité de l'information, dans la qualité de travail des journalistes. Je n'ai pas d'autre chose à dire. »

« C'est un jour très noir pour le syndicalisme. C'est une claque monumentale. La CSN s'est écrasée. Ils ont avoué en assemblée qu'ils n'avaient plus de ressources pour se battre contre Pierre Karl Péladeau. Ils se sont écrasés et ils nous ont suggéré de s'écraser avec eux. »

« Je trouve cela inacceptable. On s'est fait avoir sur toute la ligne. Je suis extrêmement déçue. »

Réactions recueillies par Radio-Canada à la sortie de l'assemblée des employés en lock-out.

Réaction de Quebecor

Dans une réaction transmise à Radio-Canada par courriel, Quebecor s'est dit satisfaite du résultat du vote.

Nous acceptons la recommandation du médiateur Jean Poirier. Nous nous assoirons prochainement avec le syndicat pour discuter des modalités du protocole de retour au travail.

Réaction de Quebecor

L'entreprise dirigée par Pierre Karl Péladeau n'a pas voulu faire d'autre commentaire pour l'instant.

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