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Québec opte pour le consortium CHUM Collectif, le PQ demeure sceptique

nouveau-chum-jour

Photo : CHUM

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2011 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

C'est au consortium CHUM Collectif que le gouvernement du Québec a finalement confié la construction du futur Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM) qui sera érigé au centre-ville de Montréal, sur le site de l'actuel Hôpital Saint-Luc.

Le premier ministre Jean Charest en a fait l'annonce officielle vendredi matin en compagnie de la présidente du Conseil du Trésor, Michelle Courchesne, et du ministre de la Santé, Yves Bolduc.

Le consortium CHUM Collectif était seul en lice après la disqualification du groupe Accès Santé CHUM parce que sa proposition financière dépassait le cadre budgétaire fixé à 2,09 milliards de dollars pour la réalisation du projet.

Selon le gouvernement Charest, le consortium formé principalement d'entreprises québécoises a été incapable de garantir la conception, la construction, le financement et l'entretien du CHUM à l'intérieur des paramètres financiers établis.

Nous avons le meilleur projet au meilleur prix.

Une citation de :Michelle Courchesne, présidente du Conseil du Trésor

Le choix de réaliser le nouveau CHUM en partenariat public-privé a soulevé beaucoup de questions dans la population sur l'efficacité financière de ce mode de gestion. Or, pour la ministre Courchesne, les économies qui seront réalisées sont bien réelles.

« Lorsque les conditions sont réunies, le mode de réalisation en partenariat public-privé nous permet des économies marquées. (...) Dans le cas du CHUM, l'avantage financier par rapport au mode traditionnel est de plus de 300 millions de dollars », a expliqué la présidente du Conseil du Trésor durant son allocution.

Un consortium étranger

Ce vaste projet hospitalier attendu depuis de nombreuses années par les Québécois sera donc réalisé en partenariat public-privé (PPP) entre l'État québécois et CHUM Collectif, dont les principaux investisseurs sont à l'extérieur du Québec.

Le groupe CHUM Collectif est composé d'entreprises du Royaume-Uni, d'Espagne, du Canada et de France. En vertu de l'entente prise avec Québec, le consortium assurera la gestion du CHUM pendant une période de 30 ans.

Le gouvernement Charest assure cependant que ces entreprises engageront des Québécois pour oeuvrer dans le nouveau CHUM et que plusieurs entreprises du Québec participeront au projet à titre de sous-traitants.

« Nous pourrons compter sur l'expertise et l'appui de plusieurs entreprises professionnelles québécoises notamment en ce qui a trait à la conception, à l'architecture, à l'ingénierie, à la construction et la gestion. Et cela, sans parler des milliers de travailleurs québécois qui oeuvreront à la réalisation du plus important projet de construction d'hôpital au monde », a déclaré Michelle Courchesne durant la présentation.

Cette annonce de Québec met fin à une saga qui aura duré près de 16 ans sur l'emplacement, la gestion et la vocation du nouveau centre hospitalier universitaire annoncé pour la première fois en février 1995 par le ministre de la Santé péquiste, Jean Rochon.

Le nouveau CHUM devrait opérationnel en 2016 et les activités ambulatoires devraient commencer en 2019.

L'opposition ne croit pas aux vertus du PPP

La porte-parole de l'opposition du Parti québécois en matière de santé, Agnès MaltaisAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La porte-parole de l'opposition du Parti québécois en matière de santé, Agnès Maltais

Dans les rangs de l'opposition, cette annonce du gouvernement Charest n'a pas suscité autant d'enthousiasme. En point de presse, la porte-parole du Parti québécois en matière de santé, Agnès Maltais, a soulevé plusieurs questions quant à l'efficacité du concept de partenariat public-privé dans ce vaste projet.

« La question qu'on se pose, c'est quel sera le coût final et quel sera l'échéancier final », a lancé d'entrée de jeu Agnès Maltais. Doutant des affirmations de la ministre Michelle Courchesne sur les économies de 302 millions $ que générera ce PPP, Agnès Maltais a ajouté qu'elle attendait toujours les preuves corroborant cette affirmation.

« Nous n'avons jamais vu le rapport qui nous prouve l'économie de 302 millions de dollars. C'est un rapport encore secret, dissimulé », a poursuivi Mme Maltais.

Des doutes sur le processus d'attribution du contrat

La porte-parole du PQ en matière de santé a également soulevé des doutes sur le processus de sélection lié au projet du CHUM.

Comment se fait-il que dans le plus gros projet de construction au Québec il y ait eu si peu de soumissionnaires?

Une citation de :Agnès Maltais, porte-parole du PQ en matière de Santé

« Comment se fait-il qu'on nous dise qu'il y avait un mur entre les deux consortiums, alors que nous savons tous que les deux consortiums se sont concertés pour faire augmenter la valeur des plans et devis pour le perdant de 5 millions de dollars à 15 millions $ », a demandé Agnès Maltais sans toutefois porter d'accusations.

« Notre problème, c'est que nous sommes devant des gens qui n'ont plus de crédibilité », a déclaré Mme Maltais aux journalistes présents.

Malgré certaines réserves, les travailleurs du futur centre hospitalier sont pour leur part surtout heureux que les négociations soient enfin terminées et que les travaux commencent.

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