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L'Arabie saoudite

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2011 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.


Le régime en Arabie saoudite n'a pas été ébranlé sérieusement par les secousses du printemps arabe. Les événements au Yémen voisin et la contestation au Bahreïn, violemment réprimée, ont joué le rôle de repoussoir pour les aspirants contestataires.

Le déploiement d'un millier de soldats saoudiens au Bahreïn en appui aux forces de sécurité bahreïnies a montré de quoi était capable le régime pour mater toute contestation.

L'argent a aussi été un facteur d'apaisement. En février, le roi a ouvert les vannes et distribué quelque 36 milliards de dollars pour divers projets, notamment pour l'emploi et le logement des jeunes.

Mais ce qui fait peur à la famille royale, ce n'est pas tant une révolte populaire réclamant la démocratie, mais plutôt une révolte de la minorité chiite (environ 10 % de la population).

L'est de l'Arabie saoudite, région pétrolifère et peuplée majoritairement de chiites, est secoué régulièrement par des manifestations depuis mars 2011. Les contestataires réclament des réformes politiques, sociales et économiques. En tant que chiites, ils s'estiment victimes de discrimination.

Cette contestation chiite hante le régime, qui craint une influence iranienne grandissante dans le royaume et dans la région du golfe Persique en général.

Appel à des réformes

Dans une lettre au roi diffusée sur les réseaux sociaux, de jeunes Saoudiens, inspirés par la révolte arabe, ont exigé des élections pour le Conseil consultatif (Madjlis al-choura) et le droit pour les femmes de voter et de se présenter aux élections. Ces jeunes réclament une lutte rigoureuse contre la corruption et une meilleure transparence en matière fiscale. Ils demandent aussi que la moyenne d'âge dans l'équipe gouvernementale soit portée de 65 ans actuellement à 40 ans.

Profitant du vent de contestation, des universitaires et des juristes, décrits comme des islamistes modérés, ont de leur côté proclamé la naissance du Parti islamique Oumma, défiant ainsi l'interdiction de créer des formations politiques en Arabie saoudite.

Un pays en héritage

L'Arabie saoudite est le seul pays au monde qui porte le nom de la famille qui le gouverne. « Saoudite » vient d'Ibn Saoud, le nom du fondateur du royaume.

Le système de succession reste opaque. Une chose est sûre, le trône revient toujours à un des très nombreux fils d'Abdelaziz Ibn Saoud, nés de ses nombreux mariages.

Depuis la mort du roi Abdelaziz en 1953, seulement cinq rois se sont succédé sur le trône. Chaque roi désigne son prince héritier parmi ses frères.

Le roi Abdallah d'Arabie saouditeAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le roi Abdallah d'Arabie saoudite

Photo : AP/Hassan Ammar

Abdallah, l'actuel roi âgé de 87 ans, avait désigné Soultan pour lui succéder. Mais ce dernier, âgé de plus de 80 ans, est mort d'une longue maladie. Le roi a été obligé de désigner un autre prince en la personne de Nayef, l'actuel ministre de l'Intérieur, âgé lui de 78 ans.

Ce système risque cependant de grincer après la disparition de tous les fils du fondateur. Les petits-fils vont-ils trouver le moyen de se partage le pouvoir comme c'est le cas depuis plus d'un demi-siècle? C'est l'un des problèmes auxquels est confronté le régime saoudien depuis plusieurs années.

Situation politique : L'Arabie saoudite est une monarchie islamique absolue. Le pouvoir est entre les mains du roi qui dirige le pays selon les préceptes du Coran et de la sunna (la tradition prophétique).

Le roi est aussi premier ministre et chapeaute le gouvernement, dont les ministres sont tous issus de la famille royale. Le royaume est divisé en 13 provinces dirigées par des princes nommés et révoqués par le roi. En outre, environ 7000 princes de sang, liés à la famille royale, occupent les postes clés du gouvernement et gèrent les municipalités les plus importantes.

En matière législative, le royaume s'est doté depuis 1992 d'un Conseil consultatif (Madjlis al-choura), dont les 90 membres et le président sont nommés par le roi.

Ni les partis politiques ni les manifestations ne sont tolérés en Arabie saoudite. L'opposition islamiste a été laminée, et les rares voix discordantes sont vite étouffées.

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