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Violents combats à Zaouia et à Misrata

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2011 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les affrontements armés se multiplient en Libye, où le colonel Kadhafi vient de s'adresser à la population. Les plus récentes informations qui filtrent du pays jeudi font état de violents combats entre manifestants anti-Kadhafi et forces loyales au colonel dans les villes de Zaouia, à l'ouest de la capitale, et de Misrata, à l'est.

Plus tôt dans la journée, des Égyptiens s'étant rendus à la frontière tunisienne ont affirmé que les opposants au colonel Mouammar Kadhafi avaient pris le contrôle de Zouara, une ville située à 120 kilomètres à l'ouest de la capitale, Tripoli.

Ces Égyptiens, qui fuient le pays comme des milliers de leurs compatriotes en raison des violences des derniers jours, affirment qu'il n'y a plus ni policiers ni militaires dans la ville, la plus importante à l'ouest de la capitale. La sécurité serait maintenant assurée par des « comités populaires » de citoyens armés.

Des manifestants anti-Kadhafi ont manifesté mercredi à Derna, dans l'est du pays.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des manifestants anti-Kadhafi ont manifesté mercredi à Derna, dans l'est du pays.

Photo : La Presse canadienne / AP/Xinhua/Nasser Nouri

Selon Al-Jazira, de violents combats ont aussi lieu à Sabratha, une autre ville située entre Zouara et Tripoli, non loin de Zaouia. Des affrontements ont aussi lieu à Sabha, située à environ 650 kilomètres au sud de Tripoli.

L'Associated Press cite un témoin selon lequel une unité de l'armée libyenne a fait exploser mercredi le minaret d'une mosquée de Zaouia dans laquelle des opposants avaient trouvé refuge. Les protestataires auraient été attaqués à l'arme automatique et avec des missiles sol-air. Il y aurait eu des morts et des blessés.

Selon ce témoin, l'attaque s'est produite au lendemain d'une visite d'un émissaire de Kadhafi, qui aurait déclaré aux protestataires : « Vous partez ou vous assisterez à un massacre. »

Le journal libyen Quryna affirme que les affrontements dans cette ville-clé située près de raffineries et d'un port permettant l'exportation du pétrole ont fait 10 morts.

Contre-attaque de Kadhafi à Misrata

L'agence Reuters cite aussi des témoins selon lesquels des forces pro-Kadhafi ont attaqué des protestataires dans la ville de Misrata, à 200 kilomètres à l'est de Tripoli, qui serait tombée aux mains de l'opposition mercredi.

Des combats dans le quartier de l'aéroport de Misrata auraient fait plusieurs morts dans les rangs des opposants à Kadhafi, indique le témoin de l'agence de presse britannique. Selon lui, les forces du colonel auraient notamment repris le contrôle du centre de la ville.

Selon l'Agence France-Presse, des miliciens de Kadhafi ont attaqué au lance-roquettes et au mortier des habitants qui gardaient un petit aéroport. « Les miliciens ont laissé un entassement de restes humains et des mares de sang. Les hôpitaux sont remplis de morts et de blessés », a affirmé un habitant qui a assisté à la scène.

Les bilans des affrontements des 10 derniers jours varient grandement. La Fédération internationale des droits de l'homme avance le chiffre de 700 morts.

Le ministre des Affaires étrangères italien, Franco Frattini, a estimé mercredi que le chiffre de 1000 victimes était crédible. Un médecin français à Benghazi, Gérard Buffet, a cependant déclaré à la BBC que le bilan était de 2000 morts pour la seule ville de Benghazi.

L'ambassadeur de France pour les droits de l'homme, François Zimeray, a aussi affirmé dans une entrevue à Reuters jeudi que les chiffres à sa disposition « font état de plus d'un millier de morts et peut-être jusqu'à 2000 ».

Il ajoute que des « éléments précis et concordants » laissent penser que le régime du colonel Kadhafi a commis des crimes contre l'humanité en Libye, et que cela justifie « une enquête judiciaire et l'intervention de la justice internationale ».

Des exécutions de blessés

Selon la Fédération internationale des ligues de droits de l'homme (FIDH), des mercenaires à la solde du colonel Mouammar Kadhafi exécutent des blessés dans les hôpitaux de Tripoli pour faire taire les témoins des crimes commis par le régime.

« Ils ont fait irruption dans les hôpitaux de Tripoli et ont tué des blessés qui avaient manifesté contre le régime. Ils ont emporté les cadavres pour les faire disparaître, peut-être les faire brûler, parce qu'ils savent que les journalistes étrangers se rapprochent », a expliqué Slimane Bouchuiguir, secrétaire de la branche libyenne de la FIDH, à l'agence des missionnaires italiens Misna.

M. Bouchuiguir a précisé que ces événements ont eu lieu mardi et mercredi. Ces informations lui ont été fournies par une source médicale à l'hôpital central de Tripoli.

L'opposition s'organise à Benghazi

Le régime du colonel Kadhafi aurait aussi perdu le contrôle des plus importantes villes de l'est, comme Benghazi, Al-Baïda et Tobrouk. Selon le ministre Frattini, la province du Cyrénaïque, qui couvre le tiers du territoire, dans l'est du pays, est entièrement sous le contrôle de l'opposition.

Selon la BBC, des unités militaires de l'est disent maintenant s'être regroupées au sein d'un commandement unifié soutenant les manifestants anti-Kadhafi. La télévision publique britannique rapporte que des résidents de Benghazi font la file pour recevoir des armes saisies aux policiers et aux militaires afin de participer à la bataille de Tripoli.

Un correspondant de Reuters a aussi constaté que les résidents de Benghazi s'organisent depuis qu'ils ont réussi à en prendre le contrôle. Des comités populaires ont été organisés pour gérer la ville, située à environ 1000 kilomètres à l'est de Tripoli.

Des résidents de Benghazi sont rassemblés près d'un palais de justice mercredi.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des résidents de Benghazi sont rassemblés près d'un palais de justice mercredi.

Photo : La Presse canadienne / Alaguri

Le correspondant de Reuters soutient avoir vu une douzaine de personnes, présentées comme des mercenaires à la solde du colonel Kadhafi, qui étaient détenues dans un palais de justice. Certains seraient africains, d'autres viendraient du sud de la Libye.

« Ils ont été interrogés, nous les gardons en sécurité et ils sont bien nourris », indique un professeur d'université, Imam Bugaighis, qui dit aider à l'organisation des comités populaires. Selon lui, les mercenaires seront jugés en fonction de la loi libyenne.

Toujours selon Reuters, les grands terminaux pétroliers de Ras Lanouf et Marsa el-Brega échappent désormais au contrôle du colonel Kadhafi. C'est du moins ce qu'affirment des habitants de Benghazi en contact avec des personnes dans la région, située dans le golfe de Syrte.

Selon ces sources, les rebelles assurent la protection de ces terminaux, par où transite l'essentiel de la production pétrolière libyenne de plus de 1,5 million de barils par jour. L'information n'a pu être confirmée auprès des opérateurs habituels de ces terminaux.

Tripoli, ville fermée

L'un des premiers journalistes occidentaux arrivés à Tripoli, le Britannique Robert Fisk, signale que les rues de la capitale étaient calmes mercredi soir.

Le journaliste du quotidien The Independent dit n'avoir vu ni soldats, ni tanks, ni véhicules blindés. Il soutient cependant qu'une violente bataille qui a duré 24 heures dans la banlieue de Noufreen au début de la semaine avait été remportée par les forces loyales au colonel Kadhafi.

Robert Fisk affirme en outre que le prix de l'essence et de la nourriture dans la capitale a triplé et que presque tous les commerces, dont la totalité des boulangeries, sont fermés. Toutes les entreprises étrangères ont aussi fermé leurs portes.

Le prix de l'or noir grimpe, les étrangers fuient

Les troubles qui continuent de secouer le pays de 6,5 millions d'habitants ont un impact significatif sur le prix du baril de pétrole. Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en avril a frôlé les 120 $US jeudi, son plus haut niveau depuis 3 mois.

Les conditions sont difficiles à l'aéroport de Tripoli, pris d'assaut par des milliers de personnes.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les conditions sont difficiles à l'aéroport de Tripoli, pris d'assaut par des milliers de personnes.

Photo : La Presse canadienne / Pigiste

Les violences des derniers jours ont aussi créé une véritable ruée vers l'aéroport de Tripoli. Des ressortissants de tous les pays, dont le Canada, tentent de fuir le pays. Des témoins et des journalistes signalent que le terminal de l'aéroport est bondé, qu'il n'y a rien à manger et que les installations sanitaires ne fonctionnent pas.

Selon Robert Fisk, 15 000 hommes, femmes et enfants se massaient à l'aéroport de Tripoli mercredi soir. Selon lui, plusieurs paient pot-de-vin sur pot-de-vin aux forces de sécurité libyennes pour arriver à s'approcher des comptoirs de service.

Selon la CBC, le vol d'un appareil qui devait transporter 200 Canadiens vers Rome depuis Tripoli a été annulé en raison d'un problème d'assurance.

Les compagnies aériennes Alitalia et Lufthansa ont annoncé mercredi la suspension de leurs vols vers Tripoli pour des raisons de sécurité.









Avec les informations de Agence France-Presse, Associated Press, Reuters, Al-Jazira, et BBC

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