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Les étrangers fuient la Libye par milliers

Radio-Canada

Des dizaines de milliers d'étrangers tentaient mardi de quitter la Libye pour fuir la sanglante répression du mouvement de contestation qui secoue le pays depuis une semaine.

Toutefois, le chaos qui s'installe dans le pays complique grandement les opérations d'évacuation des ressortissants étrangers.

Des milliers de Tunisiens et d'Égyptiens qui travaillent en Libye se massent depuis lundi aux postes frontaliers du pays pour rentrer chez eux.

Des ressortissants égyptiens franchissent la frontière.Des ressortissants égyptiens franchissent la frontière. Photo : AFP / Said Khatib

L'Égypte et la Tunisie ont par ailleurs renforcé leur présence militaire à leur frontière avec la Libye et se préparent à accueillir des blessés et les ressortissants qui fuient le pays. Selon Le Caire, l'Égypte compte environ 1,5 million de ressortissants en Libye. La Tunisie en compte pour sa part plus de 30 000.

Selon l'armée égyptienne, dans plusieurs points de passage, les gardes-frontières libyens auraient été remplacés par des comités populaires dont on ignore l'allégeance pour l'instant.

Plusieurs pays ont entrepris d'évacuer eux-mêmes leurs ressortissants en envoyant en Libye des avions militaires pour rapatrier leurs ressortissants. C'est notamment le cas de la France, de la Tunise, de l'Égypte, de l'Italie et des Pays-Bas.

Par ailleurs, plus aucun avion ne peut atterrir à l'aéroport de Benghazi, dont les pistes ont été détruites, a déclaré mardi le ministre des Affaires étrangères égyptien à l'agence Reuters.

Plus de 2500 ouvriers turcs se sont rassemblés dans le port de Benghazi dans l'attente de navires turcs qui doivent venir les prendre.

Plusieurs entreprises étrangères procèdent aussi au rapatriement de leurs effectifs en Libye. Royal Dutch Shell, entre autres, a ordonné le rapatriement de tous ses employés ainsi que de leurs proches.

Les Canadiens en Libye

Le ministre des Affaires étrangères du Canada, Lawrence Cannon, a indiqué que 331 Canadiens étaient actuellement inscrits au registre consulaire en Libye. Ottawa a mis en place un plan d'évacuation, et un premier vol aura lieu jeudi. Ottawa exhorte ses ressortissants à la plus grande prudence et à éviter tout rassemblement public dans ce pays.

Le régime se déchaîne contre les foules

Pendant ce temps, en Libye, la situation continue de se détériorer, selon les bribes d'information qui émanent du pays où les autorités interdisent tout accès aux médias étrangers. Un bilan préliminaire établi par la Fédération internationale des droits de l'homme estime que la répression a fait au moins 400 morts en Libye jusqu'ici.

Deux chasseurs libyens Mirage se sont posés à Malte, lundi. Les pilotes ont fait défection.Les deux chasseurs libyens Mirage qui se sont posés à Malte. Photo : PC / Lino Arrigo Azzopardi

Outre les tirs à balles réelles sur les manifestants, le gouvernement libyen aurait également utilisé des avions et des hélicoptères pour attaquer les foules. Des bandes de mercenaires africains à la solde du régime sèmeraient également la terreur dans les rues des grandes villes du pays.

Des habitants contactés mardi par des agences de presse rapportent que des avions ont bombardé des foules et tiré des rafales pour disperser les manifestants. Lundi, le fils du président Kadhafi, Seif Al-Islam, a assuré que ce sont des dépôts d'armes qui étaient visés par l'aviation.

Mais quelques heures plus tard, des pilotes de chasse libyens ont posé leurs appareils à Malte, expliquant qu'ils refusaient de tirer sur les manifestants.

D'autres témoins parlent de massacres d'hommes et de femmes par des individus armés qui tirent de manière aveugle en banlieue de Tripoli, la capitale.

Des manifestants investissent un char d'assaut sur une base militaire libyenne dévastée par les émeutes.Des manifestants investissent un char d'assaut sur une base militaire libyenne dévastée par les émeutes. Photo : PC / Alaguri

Les manifestants, loin de baisser les bras, auraient pris le contrôle de plusieurs localités, dont Benghazi, la deuxième ville en importance du pays. La région de Tobrouk ne serait par ailleurs plus sous le contrôle du gouvernement libyen, selon l'agence Reuters.

La violente répression lancée contre les manifestants a provoqué de vives réactions dans la communauté internationale qui exhorte le dictateur libyen Mouammar Kadhafi à cesser la violence ou à carrément quitter le pouvoir.

Mouammar Kadhafi dément

La télévision d'État a démenti ces informations en les qualifiant de rumeurs et de mensonges qui font partie d'une guerre psychologique.

Pour la première fois depuis le début de la contestation, le colonel Kadhafi a fait lundi une très brève apparition à la télévision en niant avoir fui au Venezuela.

Avec les informations de Agence France-Presse, Reuters, et BBC

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