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L'ONU réclame une enquête internationale sur les exactions en Libye

Des Libyens marchent dans les rues dévastées de Benghazi.

Des Libyens marchent dans les rues dévastées de Benghazi.

Photo : La Presse canadienne / Alaguri

Radio-Canada

La haute-commissaire aux droits de l'homme de l'ONU, Navi Pillay, a exigé mardi l'ouverture d'une « enquête internationale indépendante » sur les violences qui embrasent le pays.

Mme Pillay a du même souffle exhorté le régime du président Mouammar Kadhafi à mettre un terme aux « graves violations des droits de l'homme » commises par les autorités du pays.

Dans un communiqué publié mardi, la haute-commissaire aux droits de l'homme se dit « extrêmement inquiète » de la situation en Libye et appelle la communauté internationale à s'unir pour condamner les exactions commises par le régime Kadhafi.

« Les attaques systématiques et généralisées contre la population civile peuvent constituer des crimes contre l'humanité », a déclaré Mme Pillay en évoquant le recours à des mitrailleuses, à des tireurs embusqués et à des avions de combat contre les manifestants.

« La brutalité avec laquelle les autorités libyennes et leurs mercenaires tireraient à balles réelles sur des manifestants pacifiques est inadmissible (...). La communauté internationale doit prendre des engagements sans équivoque pour s'assurer que justice sera faite pour les milliers de victimes de la répression », écrit Mme Pillay dans un communiqué.

Le régime se déchaîne contre les foules

Pendant ce temps, en Libye, la situation continue de se détériorer selon les bribes d'information qui émanent du pays où les autorités interdisent tout accès aux médias étrangers.

Deux chasseurs libyens Mirage se sont posés à Malte, lundi. Les pilotes ont fait défection.

Deux chasseurs libyens Mirage se sont posé à Malte, lundi. Les pilotes ont fait défection.

Photo : La Presse canadienne / Lino Arrigo Azzopardi

Outre les tirs à balles réelles dans les foules de manifestants qui auraient pris le contrôle de plusieurs localités dans le pays, dont Benghazi, la deuxième ville en importance du pays, le gouvernement libyen aurait recours à l'aviation pour bombarder et disperser les manifestants.

Des habitants contactés par des agences de presse rapportent que des avions ont bombardé des foules et tiré des rafales pour disperser les manifestants. Lundi, le fils du président Kadhafi, Seif Al-Islam, a assuré que ce sont des dépôts d'armes qui étaient visés par l'aviation.

Quelques heures plus tard, des pilotes de chasse libyens ont posé leurs appareils à Malte, expliquant qu'ils refusaient de tirer dans les foules de manifestants.

D'autres témoins parlent de massacres d'hommes et de femmes par des individus armés qui tirent de manière aveugle en banlieue de Tripoli, la capitale.

Mouammar Kadhafi dément

Mouammar Kadhafi (archives)

Mouammar Kadhafi (archives)

Photo : La Presse canadienne / Ben Curtis

La télévision d'État a démenti ces informations en les qualifiant de rumeurs et de mensonges qui font partie d'une guerre psychologique.

Pour la première fois depuis le début de la contestation, le colonel Kadhafi a fait lundi une très brève apparition à la télévision en niant qu'il ait fui au Venezuela.

Par ailleurs, plus aucun avion ne peut atterrir à l'aéroport de Benghazi, dont les pistes ont été détruites, a déclaré mardi le ministre égyptien des Affaires étrangères à l'agence Reuters.

Évacuation des ressortissants étrangers

Selon la BBC, des dizaines de milliers d'étrangers tentaient mardi de quitter la Libye. Mais le chaos qui s'installe dans le pays complique grandement les opérations d'évacuation des ressortissants étrangers. Plusieurs pays ont entrepris d'évacuer eux-mêmes leurs ressortissants.

Des milliers de Tunisiens et d'Égyptiens qui travaillent en Libye tentent également de retourner chez eux.

L'Égypte a renforcé sa présence militaire à la frontière avec la Libye et se prépare à accueillir des blessés et les ressortissants qui fuient le pays.

Selon l'armée égyptienne, les gardes-frontières libyens auraient été remplacés par des comités populaires dont on ignore l'allégeance pour l'instant.

Près de 500 Canadiens se trouveraient actuellement en Libye, selon le ministère des Affaires étrangères du Canada. Bien qu'il n'ait pas encore mis de vols à leur disposition, le gouvernement canadien exhorte ses ressortissants à la plus grande prudence et à éviter tout rassemblement public.

Plusieurs entreprises étrangères procèdent aussi au rapatriement de leurs effectifs en Libye. Royal Dutch Shell, entre autres, a ordonné le rapatriement de tous ses employés ainsi que de leurs proches.

Appels au calme et vives réactions dans le monde

Des manifestants investissent un char d'assaut sur une base militaire libyenne dévastée par les émeutes.

Des manifestants investissent un char d'assaut sur une base militaire libyenne dévastée par les émeutes.

Photo : La Presse canadienne / Alaguri

Les réactions à ces événements sont nombreuses dans le monde. Le Conseil de sécurité de l'ONU se réunira aujourd'hui pour discuter de cette crise. Le Secrétaire général Ban Ki-moon a déjà appelé Mouammar Kadhafi à la retenue.

De son côté, la Ligue arabe a décidé de se réunir d'urgence en après-midi au Caire en lançant un appel à la fin de toutes les formes de violence.

À l'Organisation de la conférence islamique, on parle d'une catastrophe humaine contraire aux valeurs de l'Islam. Le très influent théologien musulman cheikh Youssef Al-Qardaoui a même émis lundi une fatwa appelant l'armée libyenne à assassiner Mouammar Kadhafi.

Le prix du baril de pétrole, lui, continue de monter en flèche.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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