•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Les manifestants pris dans l'étau policier

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2011 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

En Algérie, un important déploiement policier et des dizaines de blindés ont encerclé quelques centaines de manifestants réunis samedi matin en plein coeur d'Alger pour réclamer la chute du régime.

Un député du Rassemblement pour la culture et la démocratie, Tahar Besbes, a été blessé par un coup de matraque au cours d'un affrontement avec la police, tandis que Rachid Malaoui, secrétaire général du Syndicat national autonome du personnel d'administration publique, s'est évanoui sous la pression exercée par le cordon policier. Tous deux ont dû être évacués par hélicoptère.

La Coordination nationale pour le changement et la démocratie (CNCD) avait appelé les opposants au régime du président Abdelaziz Bouteflika à se réunir sur la place du 1er mai avant de se diriger vers la place des Martyrs, située quatre kilomètres plus loin. Selon la CNCD, une dizaine de personnes ont été blessées samedi, « dont deux grièvement ».

Policiers antimémeutesAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les policiers antimémeutes dépassaient en nombre les manifestants au centre d'Alger.

Photo : AFP / Farouk Balikci

La CNCD a été créée le 21 janvier, dans la foulée des émeutes qui ont fait cinq morts et plus de 800 blessés au début de l'année. Elle est composée de membres de la société civile et de syndicats autonomes.

Toutes les voies menant à la place du 1er mai ont cependant été bloquées par des barrières métalliques. Entre 200 et 500 manifestants ont réussi à atteindre la grande aire, selon les sources, mais, comme samedi dernier, des policiers munis de matraques et de boucliers, appuyés par des véhicules blindés, se sont assurés que la marche n'ait pas lieu.

Après midi, les organisateurs de la marche ont lancé un appel à la dispersion de la manifestation.

Les forces de l'ordre étaient omniprésentes et dépassaient en nombre les manifestants. De source officielle, « neuf unités de police avaient été mobilisées sur place, une unité comprenant entre 90 et 120 éléments ». Un hélicoptère survolait aussi les lieux.

Une vingtaine de jeunes partisans d'Abdelaziz Bouteflika faisaient contrepoids aux opposants du régime et brandissaient des portraits du président, implorant les policiers de les laisser s'en prendre physiquement à leurs rivaux.

Partisans du président BouteflikaAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des partisans du président Bouteflika tiennent une contre-manifestation à Alger, le 19 février 2011.

Photo : AFP / Farouk Balikci

Malgré la forte répression policière, la CNCD a promis de manifester tous les samedis jusqu'à ce que le gouvernement mette en place des réformes démocratiques.

Bon nombre d'experts doutent qu'un scénario à l'égyptienne ou à la tunisienne se joue en Algérie, car le gouvernement dispose d'importantes ressources provenant de l'exportation de pétrole. Il est donc en mesure de répondre à la plupart des revendications de nature économique.

Le gouvernement a d'ailleurs annoncé mercredi plusieurs mesures relatives au logement, à l'emploi et aux prix des aliments. Il a aussi indiqué son intention de lever l'état d'urgence, décrété en 1992 pour lutter contre l'insurrection islamiste, d'ici la fin du mois.

Manifestation à Montréal

Le Collectif de soutien du Canada aux revendications du peuple algérien a tenu un rassemblement devant le consulat d'Algérie à Montréal, samedi après-midi, par solidarité avec les manifestants algériens. Une cinquantaine de personnes étaient présentes.

Le collectif demande au gouvernement canadien d'appuyer les « aspirations légitimes » du peuple algérien.

Colonel AmiroucheAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Un manifestant tient un portrait du colonel Amirouche, héros de la guerre d'indépendance de l'Algérie.

Photo : AFP / Farouk Balikci

Avec les informations de Agence France-Presse, Reuters, et La Presse canadienne

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !