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Jacques Duchesneau réintègre ses fonctions

Jacques Duchesneau

Jacques Duchesneau (archives)

Radio-Canada

Jacques Duchesneau reprendra dès lundi ses fonctions comme directeur de l'unité anticollusion (UAC) de Transports Québec, a indiqué le ministère, vendredi, quelques minutes à peine après que le Directeur général des élections du Québec l'eut blanchi d'allégations de financement illégal.

M. Duchesneau avait temporairement quitté ses fonctions, en novembre dernier, le temps que le DGE fasse la lumière sur ces allégations.

Au terme de son enquête de trois mois, Jacques Drouin a conclu que M. Duchesneau n'avait commis aucune infraction lors de la campagne municipale montréalaise de 1998 et que Nouveau Montréal, l'ancien parti municipal qu'il dirigeait, n'avaient pas eu recours à des prête-noms.

En novembre dernier, Gilles Prud'homme, un des organisateurs politiques de M. Duchesneau avait affirmé que son patron lui avait demandé, en 1999, d'agir en tant que prête-nom pour dissimuler la source d'un prêt de 10 000 $ à sa formation politique, un geste illégal.

M. Duchesneau avait alors soutenu que 18 militants de son parti s'étaient portés garants pour un emprunt contracté en bonne et due forme auprès d'une institution financière. En annonçant qu'il se retirait, l'ancien directeur du Service de police de la Ville de Montréal s'était dit choqué que sa réputation et sa crédibilité soient ainsi attaquées.

À sa connaissance, avait-il soutenu, le financement de sa campagne électorale a été fait en toute légalité.

Le DGE avait décidé d'enquêter même si aucune poursuite ne pouvait être intentée en raison des délais de prescription. Pour les enquêtes liées à la loi électorale, le délai de prescription pour déposer une poursuite est en effet de cinq ans.

Le Directeur général des élections précise que deux enquêteurs ont été mobilisés pour cette investigation. Au cours des trois derniers mois, ils ont rencontré de nombreux témoins, indique le communiqué, dont « des personnes ayant contracté soit un emprunt, soit une caution de la Banque nationale du Canada ».

Ils ont de plus « examiné tous les documents qu'il était possible de rassembler, considérant notamment les pratiques de cette institution financière prévoyant un délai de conservation de sept ans ». Une porte-parole du DGE a déclaré que les documents consultés étaient « suffisants » pour tirer les conclusions formulées.

Le ministre Hamad fustige l'opposition

Prenant acte de la décision du DGE, qui « a blanchi sans nuances » Jacques Duchesneau, le ministre des Transports, Sam Hamad, a déploré par communiqué les « allégations gratuites des partis d'opposition ».

Sam HamadAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le ministre des Transports Sam Hamad dépose le projet de loi 116

Lorsque les médias avaient rapporté les affirmations de M. Prud'homme, l'opposition ne s'était pas gêné pour critiquer le gouvernement et M. Duchesneau. Lors des débats à l'Assemblée nationale, la député adéquiste Sylvie Roy avait alors réagi en disant que ce dernier n'était « pas au-dessus de tous les soupçons ».

Le porte-parole du Parti québécois en matière des Transports, Nicolas Girard, avait notamment demandé comment le ministre des Transports pouvait faire « confiance à un homme qui a un passé trouble, qui a utilisé des prête-noms ». « Comment peut-il tolérer le renard [...] dans un poulailler », avait-il demandé.

Revenant sur leurs déclarations, le ministre Hamad dit y voir « une autre démonstration des pratiques des partis d'opposition de lancer gratuitement des allégations sans fondement, de détruire des réputations à grands coups d'insinuations alors qu'en réalité, tout cela est faux ». « En se cachant derrière l'immunité parlementaire [...], poursuit-il, les députés de Gouin [Nicolas Girard] et de Lotbinière [Sylvie Roy] ont voulu traîner dans la boue et condamner un citoyen sur la base d'allégations ».

Au moment où M. Duchesneau s'en sort avec aucune accusation [sic], le ministre Hamad dénonce le procès d'intentions que lui ont livré le Parti québécois
et l'Action démocratique du Québec.

Extrait du communiqué du ministre Hamad

Sam Hamad estime qu'ils doivent « s'excuser de leur irresponsabilité et pour avoir sali indûment la réputation d'un homme au service des citoyens ».

Son porte-parole a par ailleurs affirmé que l'absence de Jacques Duchesneau, qui a été payé pendant cette période, n'avait pas ralenti les activité de l'unité anticollusion, créée il y a un an.

La création de l'UAC avait suivi le dépôt d'un rapport du Vérificateur général, Renaud Lachance, mettant en lumière des irrégularités dans l'attribution de contrats au ministère des Transports.

L'annonce du retour de Jacques Duchesneau à la tête de l'UAC suit de quelques heures celle de la création d'une nouvelle unité permanente pour lutter contre le trafic d'influence, la corruption et la collusion, annoncée par Québec, à laquelle l'UAC sera intégrée.

Avec les informations de La Presse canadienne

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