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Des dizaines de manifestants blessés à Manama

Radio-Canada

Des soldats bahreïnis ont ouvert le feu vendredi sur des manifestants proréformes réunis près de la place de la Perle, à Manama.

Des dizaines de personnes ont été blessées, selon plusieurs sources.

Djalal Firooz, membre du parti Wefaq, a pour sa part déclaré à l'agence Reuters que les manifestants pris pour cible rendaient hommage à un contestataire tué cette semaine lors d'une offensive des forces de sécurité.

Un homme gravement blessé est transporté par d'autres manifestants.Un homme gravement blessé est transporté par d'autres manifestants. Photo : PC / AP

Les tirs se sont produits quelques minutes après que le prince héritier de Bahreïn, Salman ben Hamad Al-Khalifa, eut promis un dialogue avec l'opposition, une fois le calme revenu.

Dans la nuit de mercredi à jeudi, les forces de l'ordre loyales à la famille royale sunnite Al-Khalifa ont ouvert le feu sur des manifestants chiites qui campaient depuis quelques jours, place de la Perle, en réclamant des réformes politiques et sociales.

L'assaut, mené au milieu de la nuit, pendant que la majorité des manifestants dormaient, s'est soldé par la mort d'au moins trois personnes. Environ 200 autres ont été blessées, selon un bilan fourni jeudi par le ministère de la Santé.

Des tanks, des véhicules blindés et des militaires ont été déployés dans les rues de Manama dans la foulée de l'assaut. Des postes de contrôle ont été établis par l'armée, qui veille au respect d'une interdiction de se rassembler décrétée par le régime.

Malgré cette interdiction, une manifestation progouvernementale réunissant des centaines de personnes a eu lieu vendredi avant-midi dans les rues de la capitale. L'événement a été retransmis sur les ondes d'une télévision locale.

Colère chiite contre la dynastie sunnite

Par ailleurs, des milliers de chiites ont défilé vendredi dans les rues de Sitra, près de Manama, à l'occasion des funérailles de trois des leurs, tués dans cette attaque. Les rassemblements se sont déroulés dans un climat oscillant entre tension et colère.

Des milliers de chiites ont assisté aux funérailles tenues à Sitra.Des milliers de chiites ont assisté aux funérailles tenues à Sitra. Photo : AFP / Pigiste

Une procession a notamment suivi deux véhicules sur lesquels reposaient les corps d'Ali Khodeir, 53 ans, et de Mahmoud Mekki, 23 ans, qui étaient enveloppés dans le drapeau national.

Différents slogans ont été entendus dans la foule : « Justice, liberté et monarchie constitutionnelle. », « Ni chiites ni sunnites. Unité nationale. » et « Le peuple veut la chute du régime. »

Un autre chiite de 22 ans, Ali Ahmed Moumen, dont le corps a été criblé de balles de plomb, a été inhumé à Sitra après une autre procession. Selon son père, il a été tué après s'être porté au secours de blessés.

Le plus important religieux chiite du royaume, le cheik Issa Qassem, a assimilé l'intervention des forces de sécurité à un massacre. Le gouvernement, a-t-il dénoncé, tente de diviser chiites et sunnites et refuse le dialogue.

Selon Al-Jazira, le cheik Issa Qassem a préconisé des manifestations pacifiques, alléguant que « la violence est la façon de faire du gouvernement ».

Une famille royale contestée

Bahreïn est un tout petit royaume d'environ 750 000 habitants. Environ 70 % de la population est chiite, mais la famille royale Al-Khalifa, au pouvoir depuis 1783, est sunnite.

Contestant l'emprise de la famille royale sur les affaires du royaume, des milliers de Bahreïnis avaient entrepris au début de la semaine de camper à la place de la Perle, qu'ils ont rebaptisée place Tahrir, en hommage à la place égyptienne devenue l'épicentre de la révolte populaire qui a entraîné la chute du président Hosni Moubarak.

Les manifestants réclamaient plus précisément la démission du premier ministre, le cheik Khalifa ben Salman al-Khalifa, oncle du roi, qui gouverne le pays depuis son indépendance, en 1971.

Ils dénoncent aussi la pauvreté et le chômage et s'inquiètent des avantages accordés à des sunnites étrangers qui viennent s'installer dans le royaume, ce qui en modifie l'équilibre démographique.

Un homme pleure la mort d'un proche criblé de balles de plomb.Un homme pleure la mort d'un proche criblé de balles de plomb. Photo : AFP / Pigiste

Après l'assaut sur la place de la Perle, qui a fait plusieurs dizaines de blessés, le chef du parti chiite Al-Wefaq a annoncé que son bloc se retirait du Parlement, où il contrôle 18 des 40 sièges. Il a aussi demandé la démission du gouvernement et la formation d'un nouveau cabinet susceptible d'enquêter sur la mort de manifestants.

Bahreïn est un proche allié des Américains dans la région. Le royaume abrite la Ve Flotte américaine et constitue le port d'attache des bâtiments de guerre américains en mission dans la région. La secrétaire d'État américaine, Hillary Clinton, et son collègue à la Défense, Robert Gates, se sont tous deux entretenus avec des responsables du royaume jeudi.

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