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La majorité du pergélisol disparaîtrait d'ici 2200

Le pergélisol du bassin du fleuve Mackenzie, dans les Territoires du Nord-Ouest, contient beaucoup d'hydrate de méthane.

Le pergélisol du bassin du fleuve Mackenzie, dans les Territoires du Nord-Ouest, contient beaucoup d'hydrate de méthane.

Photo : La Presse canadienne / AP Photo/Rick Bowmer

Radio-Canada

Entre un tiers et deux tiers du pergélisol sur la planète risque de disparaître d'ici 2200, ce qui libérera une immense quantité de carbone dans l'atmosphère, selon une étude menée par des géophysiciens et des climatologues américains.

Cette quantité représenterait la moitié de tout le carbone émis dans l'atmosphère par l'homme depuis le début de la révolution industrielle, affirme Kevin Schaefer, scientifique au National Snow and Ice Data Center de l'Université du Colorado et coauteur de l'étude parue dans la revue Tellus.

Le carbone stocké dans le pergélisol, ou le sous-sol gelé en permanence dans les régions polaires, provient des dépôts des plantes qui s'y sont accumulés avant les dernières périodes glaciaires. Le gel a donc préservé cette biomasse pendant des milliers d'années. Avec le réchauffement du climat et la fonte du pergélisol, le processus de décomposition de cette matière s'enclenche, libérant le carbone qu'elle contient.

Actuellement, le pergélisol représente environ 20 % de la surface mondiale, soit 25 millions de km2, dont un quart des terres émergées de l'hémisphère Nord.

Les chercheurs ont basé leur modèle de fonte du pergélisol entre autres sur les prédictions intermédiaires du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC).

Le scénario intermédiaire du GIEC suppose l'atteinte en 2050 du maximum d'émission de CO2, suivie par une diminution graduelle des émissions. Ce scénario prévoit aussi une hausse de près de 3 degrés Celsius de la température globale d'ici 2100.

Selon les scientifiques, les cibles de réduction de gaz à effet de serre que se sont données les pays doivent tenir compte de cet ajout de carbone dans l'atmosphère pour éviter un réchauffement supplémentaires.

Les pays doivent également repenser les prévisions du niveau d'élévation des mers, qui risquent de monter davantage que prévu en conséquence de ce réchauffement, affirment-ils.

Les scientifiques estiment par ailleurs que la région de l'Arctique deviendra une source nette de carbone à partir du milieu des années 2020. Cette région représentait jusqu'à maintenant un puits de CO2.

Des chercheurs de l'Université Laval ont constaté l'an dernier que la frontière du sol gelé en permanence se trouve 130 km plus au nord qu'il y a 50 ans dans la région de la baie James, au Québec.