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Site de forage de gaz de schiste
Radio-Canada

Trois ingénieurs québécois sur quatre estiment que le gouvernement Charest doit adopter un moratoire complet sur l'exploration et l'exploitation du gaz de schiste en attendant le résultat d'études environnementales complètes, indique un sondage réalisé pour le compte du Réseau des ingénieurs du Québec.

Selon le sondage, effectué par la firme Senergis, trois ingénieurs sur cinq sont pour l'heure défavorables à l'exploitation des gaz de schiste au Québec. Cependant, 71 % affirment qu'ils pourraient changer d'avis « si certaines conditions étaient réunies ».

À l'heure actuelle, les ingénieurs se disent préoccupés par :

  • l'utilisation de solvants chimiques dans le sol pour fractionner le schiste et les risques de contamination (93 %);
  • les problèmes liés à la récupération et au traitement des eaux usées (93 %);
  • le coût et la facture qui pourraient incomber aux municipalités et au gouvernement pour nettoyer et décontaminer les sites d'exploitation (90 %);
  • le peu de redevances et de profits que pourrait en retirer le Québec (87 %);
  • le risque éventuel d'accident écologique important (85 %);
  • le peu de débat et de consultation qu'il y a eu avant l'attribution des droits de prospection et d'exploitation (81 %);
  • la très grande quantité d'eau requise pour procéder à l'extraction (81 %);
  • les limites du mandat et des délais du Bureau d'audiences publiques en environnement (73 %);
  • les dommages à la nature en raison du défrichage et du déboisement pour les sites et les routes (65 %)
  • le très grand nombre de puits qui seront creusés (64 %).

Quelque 76 % des répondants sont d'avis que le gouvernement du Québec agit principalement dans l'intérêt de l'industrie gazière dans ce dossier. En outre, 86 % des répondants estiment que le gouvernement n'a pas su bien encadrer la prospection et le développement de cette nouvelle filière énergétique.

Trois répondants sur cinq sont aussi d'avis que le BAPE ne réussira pas à apporter des réponses satisfaisantes aux préoccupations de la population.

Trois ingénieurs sur cinq pensent que le Québec pourrait s'enrichir considérablement avec cette nouvelle filière énergétique, mais trois sur quatre estiment que le Québec n'a pas une vision claire et cohérente de son développement énergétique.

« Les ingénieurs sont connus pour être des gens très pragmatiques, mais ils ne sont pas moins dotés d'une conscience sociale forte, et c'est ce que démontrent les résultats de notre sondage », affirme le président du réseau, Yves Lavoie.

Le sondage a été effectué sur Internet auprès de 2135 ingénieurs du 13 décembre 2010 au 9 janvier 2011, dont 41 % oeuvrent dans le domaine énergétique ou un domaine relié. La marge d'erreur du sondage est de 2,1 %, 19 fois sur 20.

Les anglophones moins au courant

Seuls 3 % des répondants au sondage disent ne pas avoir entendu parler du débat sur les gaz de schiste. Cette proportion passe à 20 % chez les ingénieurs anglophones. De l'aveu même du Réseau, cette proportion est « importante et étonnante ». Les répondants du sondage sont francophones à 90 % et anglophones à 3 %.

Le Réseau des ingénieurs compte 59 000 membres.

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