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Ottawa commande des F-35

Radio-Canada

Le prochain investissement majeur au pays dans le secteur de l'aérospatiale sera l'achat du chasseur furtif Lockheed F-35. C'est le plus controversé des programmes d'achat du gouvernement fédéral. Il se distingue de plusieurs façons :

  • C'est l'avion le plus cher jamais acheté par le Canada : 9 milliards de dollars pour 65 chasseurs, sans compter le coût de l'entretien qui fait doubler la facture.
  • Ce contrat n'a fait l'objet d'aucun appel d'offres, ce qui suscite la colère de l'opposition officielle aux Communes. Le parti libéral de M. Ignatieff est allé jusqu'à promettre formellement d'annuler ce contrat et de procéder par appel d'offres.
  • Plusieurs manufacturiers qui soutiennent pouvoir proposer un avion qui répond aux exigences fédérales à moindre coût se sont également montrés scandalisés par la façon de faire du gouvernement fédéral. Les concurrents sont le Boeing F/A-18 E/F, le Saab Gripen, l'Eurofighter Typhoon et le Dassault Rafale.
  • Lockheed Martin refuse de s'engager à verser un montant précis de retombées industrielles régionales (IRB, pour Industrial Regional Benefits). Dans le cas des achats passés, les fournisseurs devaient s'engager à fournir au Canada des retombées industrielles équivalentes à 100 % du coût d'achat au cours des 20 années suivantes. De plus, ces retombées devaient être ajustées de façon que toutes les régions en touchent une proportion juste.
  • Les manufacturiers canadiens jugés compétents par Lockheed Martin seront invités à participer à la fabrication du F-35. Ceux qui seront choisis, certains le sont déjà, participeront à la construction de tous les avions fabriqués au cours des 20 à 30 prochaines années. Ce nombre, initialement estimé à 5000 avions, a été réduit à 3000 appareils dont 2500 sont effectivement en commande.

Kevin Page conteste les chiffres d'Ottawa

Le gouvernement fédéral sous-estime grandement les coûts d'achat et d'entretien et de mise à jour des chasseurs furtifs F-35 Lightning-II. C'est ce que montre un rapport préparé par le directeur du budget de la Chambre des communes, Kevin Page.

Dépassement de coût important

Lorsque le projet a été annoncé le 16 juillet 2010, le coût d'acquisition de ces 65 avions de combat était estimé à 9 milliards de dollars canadiens. Les coûts d'entretien et de mise à jour des avions au cours des 30 années de leur vie active devaient se chiffrer entre 7 milliards de dollars et 9 milliards. Le coût total aurait donc dû atteindre un maximum de 18 milliards de dollars canadiens.

Le directeur du budget de la Chambre des communes croît que cette estimation est trop conservatrice. Si tout va bien, le coût d'achat devrait s'élever à 9,7 milliards, ce qui correspond à environ 75 millions de dollars canadiens par avion. Par contre, les coûts de soutien à long terme sont beaucoup plus élevés que ceux prévus par le gouvernement puisqu'ils atteignent 19,6 milliards. Le coût total de propriété de ces avions, pour une période de 30 ans, grimpe donc à 29,3 milliards de dollars américains.

De nombreuses incertitudes

M. Page souligne cependant les nombreuses incertitudes qui entourent le projet. Le développement du nouvel avion est déjà en retard de 5 ans et ce retard risque fort d'augmenter. Le budget de mise au point a explosé; il a augmenté de 60 % par rapport aux prévisions et il pourrait grimper à 55 milliards de dollars américains.

On devait construire 2478 appareils, ce qui devait permettre des économies d'échelle importantes. Cependant, certains gouvernements parlent de réduire leur commande, ce qui pourrait faire augmenter le coût d'achat. Les analystes américains chiffrent maintenant le coût du F-35 entre 91 et 128 millions de dollars.

Les retombées industrielles font également l'objet de commentaires de la part de M. Page. Industrie Canada a estimé la valeur de ces retombées à 12 milliards de dollars canadiens, un chiffre que le rapport de M. Page ne peut pas confirmer.

Réactions

Le critique libéral en matière de défense, le député Dominic LeBlanc, a affirmé que 30 milliards de dollars était un coût tout à fait inadmissible et il a accusé le gouvernement de vouloir tromper les Canadiens. Le Parti libéral maintient qu'il faut renoncer au F-35 et procéder à un appel d'offres. Le rapport de M. Page affirme que le recours à un appel d'offres concurrentiel permet fréquemment de réaliser une économie pouvant atteindre 20%.

L'industrie aérospatiale canadienne enregistrait des revenus de 22,2 milliards de dollars en 2009. Le Québec à lui seul y contribuait pour 11,5 milliards (51,9 %). En matière d'emploi, l'industrie employait directement 78 965 personnes, dont 36 054 au Québec (45,7 %).

Source : Deloitte & Touche LLP, octobre 2010. Étude effectuée pour le compte de l'Association des industries aérospatiales du Canada.

Une industrie de cette taille a besoin de plusieurs grands projets pour se développer. Parmi ceux-ci, on note le développement des nouveaux avions de Bombardier (CSeries, Lear 85), les nouveaux moteurs développés ou fabriqués par Pratt & Whitney Canada (PW 1000), les nouveaux appareils de Bell Hélicoptères et les achats d'avions pour le ministère fédéral de la Défense.

Il est certain que les achats militaires (avions de transport C-17 et C-130; hélicoptères CH-47 Chinook) commencent à donner lieu à des retombées industrielles régionales significatives. C'est ainsi que Pratt & Whitney Canada a installé un nouveau centre d'essais en vol à Mirabel à la suite de l'achat par le Canada des avions de transport Boeing C-17 qui utilisent des moteurs Pratt & Whitney, fabriqués à Hartford, au Connecticut.

Un F-35 de la compagnie Lockheed Martin, montré au Salon de l'aéronautique de Singapour, en février 2010.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Un F-35 de la compagnie Lockheed Martin, montré au Salon de l'aéronautique de Singapour, en février 2010.

Photo : AFP / Roslan Rahman

Un projet ambitieux

Le programme du JSF F-35 (Joint Strike Fighter) est le programme d'achat d'avions le plus ambitieux et le plus coûteux depuis la fin de la dernière guerre mondiale. Il s'agit de mettre au point un avion pouvant remplacer plusieurs types d'avions utilisés actuellement par de nombreux pays.

Le F-35 devrait être à la fois un intercepteur pouvant arrêter les bombardiers ennemis et un chasseur bombardier pouvant être utilisé pour l'attaque au sol ou en mer. En plus de la version standard (F-35A), une version doit pouvoir décoller et atterrir verticalement (F-35B), et une autre, être embarquée sur des porte-avions (F-35C).

On a également décidé que ce serait un avion furtif, c'est-à-dire plus difficile à détecter avec les technologies actuelles. Ses lignes sont donc dessinées de façon à absorber les rayons radars sans les réfléchir. Les missiles habituellement transportés sous les ailes sont contenus dans une soute fermée et intégrée au fuselage de l'avion.

Un chasseur furtif n'est jamais totalement invisible. Il est seulement détecté plus tard par les radars ennemis. Les quelques minutes ainsi gagnées permettraient au F-35 de s'approcher un peu plus près de sa cible avant de lancer ses missiles, ce qui en augmente la précision.

Ces caractéristiques et d'autres ont amené Lockheed Martin à baptiser son F-35 avion de cinquième génération. Les manufacturiers des autres avions concurrents en production, Boeing, Saad, EADS et Dassault, contestent cette appellation. Boeing affirme par exemple que la dernière mouture de son F/A-18 E/F est en fait un avion presque aussi furtif que le F-35, ce qui en ferait un avion de la génération 4 ½!

Un travail d'équipe

Pour mener à bien cet ambitieux projet, les États-Unis ont demandé l'aide de huit pays qui ont accepté de participer financièrement à la mise au point de l'avion : le Canada, le Royaume-Uni, les Pays-Bas, l'Italie, la Turquie, le Danemark, la Norvège et l'Australie.

Le Canada participe au programme JSF F-35 (Joint Strike Fighter) depuis 1997. Le ministère de la Défense a investi 10 millions dans le développement initial de l'avion. En 2002, Ottawa a ajouté 150 millions dans la deuxième phase du projet qui doit maintenant se terminer en 2016. En 2006, le Canada s'est engagé à participer à la phase de production qui doit commencer en 2016 et à y investir 551 millions de plus.

Les investissements du gouvernement fédéral ont permis aux entreprises canadiennes de devenir partenaires du projet. Elles peuvent soumissionner pour plusieurs contrats pour la fabrication de certaines pièces. Lockheed Martin affirme que les contrats sont attribués au meilleur soumissionnaire possible, habituellement le moins cher, mais pas dans tous les cas.

Les entreprises retenues, appelées les « Rang 1 », obtiennent un mandat pour fabriquer une pièce, ou un ensemble de pièces, pour l'ensemble des avions fabriqués au cours de la vie du projet. Ces entreprises vont par la suite sous-traiter une partie de leur contrat à des entreprises plus petites, les « Rang 2 », ou à des PME de leur connaissance.

Le meilleur choix pour le Canada?

Le ministre de la Défense, Peter MacKay, monte à bord d'un F-35.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le ministre de la Défense, Peter MacKay, monte à bord d'un F-35. (archives)

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Le 16 juillet 2010, le ministre de la Défense, Peter MacKay, le ministre de l'Industrie, Tony Clement, et la ministre des Travaux publics et des Services gouvernementaux, responsable des approvisionnements et des services, Rona Ambrose, ont annoncé officiellement l'achat de 65 chasseurs F-35 au coût de 9 milliards de dollars. Le ministre affirmait alors : « Nous avons besoin d'un appareil qui permette aux hommes et aux femmes des Forces canadiennes de répondre aux demandes et aux missions de plus en plus complexes auxquelles nous leur demandons de participer. »

Cette décision laisse plusieurs questions sans réponse :

  • Le Canada a-t-il besoin d'un chasseur furtif?
    Poser cette question revient à se demander qui seront nos ennemis au cours des 20 à 30 prochaines années, la durée de vie probable de l'avion. Équipons-nous nos Forces armées pour lutter contre des ennemis avancés sur le plan technologique, comme les Russes ou les Chinois, ou nous équipons-nous pour faire face aux talibans? Le gouvernement n'a jamais répondu clairement à cette question.
  • Le F-35 est-il l'avion qui reviendra le moins cher possible?
    Les autres avions possibles pourraient coûter environ 60 millions de dollars chacun. Pour l'instant le prix du F-35 avoisine les 100 millions l'unité. Il est prévu que la fabrication de masse fasse baisser ce prix au même niveau que ceux de la concurrence. Malheureusement, le nombre d'avions qui seront construits a déjà diminué de 5000 à 3000 et ce n'est peut-être pas terminé. Les budgets militaires sont en voie de révision à la baisse dans plusieurs pays. Et plus le nombre d'avions construits diminue, plus le prix unitaire augmente.
  • Le F-35 procurera-t-il autant de retombées pour l'industrie aérospatiale canadienne que ses concurrents?
    Les experts que nous avons contactés, et qui préfèrent rester anonymes, estiment que le F-35 pourrait avoir des retombées économiques d'environ 12 milliards au cours des 20 prochaines années. Comme le coût d'achat et le coût d'entretien de ces avions se chiffreront à environ 18 milliards, il y aurait donc un manque à gagner théorique de 6 milliards de dollars.
    Les autres concurrents affirment qu'ils réinvestiront 100 % du coût d'achat au Canada. Certains promettent même d'effectuer l'assemblage final ici. Par contre, il faut savoir que les avions concurrents sont tous en fin de carrière. Le Canada serait un des derniers pays à en acheter et il est peu probable qu'il puisse participer à des programmes d'exportation.
  • Que penser du projet des libéraux d'annuler l'achat du F-35?
    L'annulation du contrat des hélicoptères EH-101 pour la Marine et la Garde côtière canadiennes, en 1993 par le gouvernement Chrétien, a coûté 500 millions de dollars en pénalités. Quelques années plus tard, Ottawa a dû racheter les mêmes EH-101 pour le sauvetage en mer. Par la suite, le contrat pour les hélicoptères de la marine a été accordé à la compagnie Sikorsky pour le CH-148 Cyclone. Les premiers appareils viennent tout juste d'être livrés à la marine canadienne après plusieurs années de retard.

Pour l'instant, il n'existe aucun contrat entre le gouvernement fédéral et la compagnie Lockheed Martin. Ce contrat devrait être négocié d'ici deux ou trois ans. En théorie, le gouvernement pourrait donc se dégager de cet achat sans pénalité. Par contre, les centaines de millions investis dans le développement du F-35 seraient perdus.

La conséquence la plus sérieuse porterait sur les sous-traitants de Lockheed Martin. Plusieurs dizaines d'entreprises canadiennes ont déjà signé des ententes avec Lockheed Martin. Mais, selon ce que plusieurs sources nous ont dit, ces ententes seraient conditionnelles à l'achat du F-35 par le Canada.

Il y a donc des milliards de dollars de contrats déjà conclus qui seraient menacés. L'éventuel concurrent qui pourrait être choisi va lui aussi donner des contrats, mais entre les deux il y aura un retard de quelques années et ces contrats ne reviendront pas nécessairement à ceux qui pourraient perdre un contrat lié au F-35.

Compagnies canadiennes qui ont des ententes avec Lockheed Martin:

  • Héroux-Devtek, Longueuil, Québec : éléments de structure d'ailes et de fuselage;
  • Magellan-Chicopee, Kitchener, Ontario : pièces usinées en titane;
  • AVCORP, Vancouver, Colombie Britannique : éléments d'ailes en composite;
  • Northstar : pièces usinées;
  • Howmet, Division Laval : entrées d'air des moteurs;
  • Centra/Dishon : pièces d'armature usinées;
  • CMC Electronic, Montréal : détecteurs électroniques, sous-ensembles pour le radar et pièces machinées;
  • Mindready, Montréal, Québec : connecteurs électriques;
  • Composite Atlantique, Lunenburg, Nouvelle-Écosse : pièces en composite;
  • Pratt & Whitney Canada, Longueuil, Québec : éléments de turbine;
  • Goodrich, Burlington, Ontario : pièces de train d'atterrissage;
  • Acroturn, Brampton, Ontario: pièces de train d'atterrissage;
  • CPS ind., Montréal, Québec : échangeurs de chaleur et pièces tubulaires;
  • Alpha casting, Montréal, Québec : échangeurs de chaleur et pièces tubulaires;
  • Handling speciality, Grimsby, Ontario : éléments d'aile;
  • Honneywell Engine systems & Service, Mississauga, Ontario : système de gestion thermique;
  • DRS, Kanata, Ontario : équipement de gestion de l'électricité;
  • Magellan-Bristol, Winnipeg, Manitoba : stabilisateur.

Réponse de Daniel Bordeleau à Jimbo34 - Les chasseurs et les drones

Plusieurs analystes croient en effet que les chasseurs qui sont commandés maintenant pourraient être les derniers avions de ce type avec de vrais pilotes. Les drones, également appelés avions sans pilote, mais qui sont en réalités pilotés à partir du sol, prendront progressivement la relève d'ici 10 à 20 ans.

L'exemple de l'Australie est intéressant à cet égard. Ce pays est un des partenaires du programme F-35 JSF et prévoyait l'achat d'une centaine de ces appareils pour remplacer sa flotte de F-18 Hornets. Comme le programme de développement du F-35 a pris plusieurs années de retard, la Royal Air Force of Australia a dû modifier ses plans. Elle a choisi de commander de nouveaux F-18 Super-Hornets qui resteront en service jusqu'à environ 2025. Par la suite, ils seront remplacés par des F-35 ou par des avions sans pilote si ceux-ci sont en mesure de fournir le service souhaité.


Réponse de Daniel Bordeleau à Démocratie - Les campagnes d'achat F-35

Dans les pays occidentaux, il y a peu de campagnes d'achat de chasseurs en cours actuellement. Si on exclut le F-35 JSF, il y a des campagnes d'achat en Inde, au Brésil et, à plus long terme, au Japon. Quant à la Russie et à la Chine, on sait très peu de choses sur la nature et l'ampleur de leurs programmes d'achat d'armement.

La plus importante de ces campagnes est celle de l'Inde. Une vaste opération qui porte le nom d'Avion de combat polyvalent de taille moyenne - Medium Multirole Combat Aircraft (MMRCA). Ce programme d'achat permettra de remplacer les vieux Mig-21 fabriqués sous licence au cours des années 1980 ainsi que les Mig 29 et Mig 27.

Le Indian Air Force (IAF) prévoit acheter 126 chasseurs au coût de 12 milliards de dollars américains. Ces avions seraient fabriqués en Inde sous licence. L'attribution du contrat implique que le vendeur accepte d'effectuer un important transfert de technologie à des entreprises indiennes. Ce premier achat pourrait être suivi d'un second tout aussi important.

Les concurrents pour cet important contrat sont le F-18 Super Hornet de Boeing, le Rafale de Dassault, l'Eurofighter Typhoon de EADS, le F-16 de Lockheed Martin et le Gripen NG de Saab. Il faut également ajouter le RSK MiG-35 russe. Le choix définitif se fait attendre plus longtemps que prévu et il devrait s'effectuer au cours de 2012 seulement.

Le Brésil a lancé un programme qui lui permettra d'acquérir 36 avions de chasse au coût approximatif de 5 milliards de dollars américains. Les concurrents sont, là encore, le Rafale de Dassault, le Gripen NG de Saab et le F-18 Super Hornet de Boeing.

Le nouveau gouvernement de Dilma Rousseff a annoncé des restrictions budgétaires de 30 milliards de dollars, ce qui retarde le choix du vainqueur, mais il semble que le budget d'achat d'avions de combat soit épargné.

Le Japon modernisera également son arsenal aérien, mais dans ce cas, les choses sont un peu plus compliquées. Le pays du soleil levant veut acheter 50 avions pour remplacer ses F4EJ Kai Phantoms qui arrivent à leur 30e printemps. Tokyo a demandé au gouvernement américain de pouvoir acheter le chasseur furtif Raptor F-22. C'est un avion plus cher, plus complexe et surtout plus secret que le F-35. Tellement secret que Washington en a interdit l'exportation quel que soit l'acheteur.

Le Japon pourrait donc se rabattre sur le F-35. Mais comme ce pays veut également développer son propre avion de combat, une tâche qui va demander encore plusieurs années, une solution intérimaire et moins chère pourrait suffire. Les Dassault, Boeing et Saab pourraient donc remplir ce rôle. À surveiller.


Réponse de Daniel Bordeleau à Rideol - Le 2e moteur du F-35

Vous êtes un peu injuste à l'endroit du moteur Pratt & Whitney F135 qui semble maintenant au point. La décision d'avoir un deuxième moteur, le GE/Rolls-Royce F136 remonte à plusieurs années déjà alors qu'on ne savait pas quelle compagnie produirait le meilleur moteur.

On se donnait une alternative au cas où une des entreprises éprouverait des difficultés à mettre son moteur au point. De plus, on faisait plaisir au partenaire britannique qui pouvait garder chez lui une proportion plus importante des retombées économiques en achetant un moteur fabriqué en Grande-Bretagne.

Il se trouve que la Chambre des représentants a voté contre la poursuite du développement du moteur F136. Le financement prévu était de 450 millions de dollars pour l'année financière 2011. Lors d'un vote précédent, le projet avait été reconduit. Le Pentagone a, de façon claire, fait savoir que ce deuxième moteur n'était pas nécessaire et qu'il devait être abandonné.

Plusieurs représentants défendaient toutefois la proposition de GE/Roll-Royce. C'est un vote important dans la mesure où il signale un changement d'attitude des nouveaux législateurs américains, entrés en fonction le 1er janvier dernier.

Un texte de Daniel Bordeleau (Nouvelle fenêtre)

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