•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Une cornée artificielle 100 % bio

oeil-homme
Un oeil humain Photo: iStock
Radio-Canada

Des chercheurs de la Faculté de médecine de l'Université Laval ont réussi à fabriquer une cornée humaine en laboratoire en utilisant uniquement des cellules présentes naturellement dans l'oeil. Les résultats de la recherche sont publiés dans la revue Molecular Vision.

Les cornées artificielles destinées aux greffes sont normalement faites de matériaux synthétiques étrangers au corps. Elles risquent de provoquer des réactions inflammatoires et des rejets, mentionne Lucie Germain, coordonnatrice scientifique au laboratoire d'organogénèse expérimentale et responsable de l'étude.

L'équipe lavalloise espère ainsi contourner ce problème en créant une cornée in vitro qui se rapproche beaucoup plus de la cornée naturelle.

Diverses raisons obligent à subir une greffe de la cornée. Celle-ci peut être endommagée à la suite d'une blessure ou d'une maladie.

Les chercheurs de Laval ont fait appel à des banques d'yeux, constituées de globes oculaires prélevés chez des donneurs décédés. Dans un premier temps, ils ont séparé les cellules des trois couches qui composent la cornée.

Les chercheurs ont placé des cellules de la couche médiane, le stroma, dans un milieu de croissance. Une nouvelle couche médiane s'y est formée par autoassemblage. Les chercheurs y ont ensuite greffé de part et d'autre des cellules épithéliales et des cellules endothéliales, ces deux couches étant situées respectivement à l'extérieur et à l'intérieur de l'oeil.

Ces cellules se sont multipliées directement sur le stroma, comme l'espéraient les scientifiques.

Des tests effectués sur cette nouvelle cornée montrent que chaque couche accomplit ses fonctions physiologiques normales. Elle est aussi suffisamment transparente pour permettre de lire à travers elle.

À long terme, l'équipe espère produire des cornées qui pourront être greffées sur des patients. Actuellement, les cornées utilisées lors des greffes proviennent de personnes décédées. Le nombre de cornées disponibles ne suffit pas à répondre aux besoins des personnes dont l'état nécessite une greffe.

Entre-temps, les chercheurs croient que la cornée in vitro pourra servir de modèle pour étudier les maladies de la cornée et pour tester des traitements.

Avec les informations de Agence Science-Presse

Science