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Le royaume bahreïni se prépare à une manifestation

Le roi du Bahreïn, l'émir Hamad ben Issa Al-Khalifa, en août 2010
Le roi du Bahreïn, l'émir Hamad ben Issa Al-Khalifa Photo: AFP / Khaled Desouki
Radio-Canada

Les dirigeants du Bahreïn ont promis dimanche de nouvelles libertés pour la presse, dans une tentative d'apaiser les esprits dans le petit royaume, où plusieurs groupes d'opposition ont lancé un appel à manifester lundi.

Lundi coïncide avec l'anniversaire de l'entrée en vigueur de la constitution de 2002, qui avait apporté des réformes démocratiques, dont le premier Parlement élu de l'histoire du pays.

Il s'agit de la première manifestation antigouvernementale d'ampleur dans un des pays du Golfe depuis le soulèvement égyptien, et le Bahreïn apparaît comme l'un des plus potentiellement instables des petits États pétroliers de la région. La majorité chiite s'y plaint depuis des décennies de discrimination de la part de la dynastie sunnite au pouvoir, et la répression l'année dernière de la dissidence y a provoqué émeutes et affrontements.

Le minuscule royaume insulaire est en outre important stratégiquement pour les États-Unis, car il héberge la 5e flotte américaine.

Les forces de sécurité étaient déployées en masse dimanche pour tenter de dissuader les Bahreïnis de manifester. Cherchant dans le même temps à apaiser les tensions, les dirigeants du royaume ont accordé ces derniers temps des concessions, en entamant des discussions avec les représentants des médias ou en accordant une prime de près de 2700 $ pour chaque famille du pays.

Nabil Rajab, président du Centre bahreïni pour les droits de l'homme (indépendant), a publié une lettre ouverte au souverain, l'émir Hamad ben Issa Al-Khalifa, réclamant tout un train de réformes et la libération de 450 prisonniers d'opinion. Il l'exhorte à « éviter l'erreur fatale commise par des régimes similaires en Tunisie et en Égypte » et à ne pas réprimer les manifestations de lundi, mettant en garde contre « le chaos et le bain de sang ».

Vendredi déjà, dans les rues de la capitale Manama, des centaines de personnes s'étaient rassemblées près de l'ambassade d'Égypte, pour fêter la chute d'Hosni Moubarak. Les autorités bahreïnies avaient alors rapidement érigé des barrages pour contenir la manifestation.

Les risques de confrontation sont renforcés par le procès en cours de 25 militants chiites, accusés de comploter contre l'État. Les détenus affirment avoir été torturés par la police et contraints à des confessions forcées.

La prochaine audience du procès est fixée au 24 février. Selon le journal Al-Wasat de dimanche, l'un des suspects a eu une crise cardiaque et a été hospitalisé.

The Associated Press

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