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Les Égyptiens célèbrent la chute de Moubarak

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2011 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Des feux d'artifice ont explosé vendredi soir sur la place Tahrir, au Caire, où des milliers de manifestants en liesse ont exprimé leur joie après l'annonce de la démission du président Hosni Moubarak.

Après 18 jours de manifestations historiques qui ont culminé vendredi par des marches de centaines de milliers de personnes vers les palais présidentiels du Caire et d'Alexandrie et les bureaux de la télévision d'État, Hosni Moubarak a démissionné de la présidence et a transféré les pouvoirs aux forces armées.

Les milliers de manifestants rassemblés dans la capitale, de même qu'à Alexandrie et dans plusieurs autres villes du pays, ont bruyamment exprimé leur joie et leur soulagement. Ils ont dansé et chanté, se sont donné l'accolade et ont levé les mains en signe de prière après l'annonce de la démission de M. Moubarak par le vice-président Omar Souleimane à la télévision nationale.

Hosni Moubarak n'aurait cependant pas quitté l'Égypte et se serait réfugié dans son palais isolé de Charm El-Cheikh, dans la péninsule du Sinaï, à environ 400 kilomètres du Caire.

L'opposant politique et prix Nobel de la paix Mohamed El Baradeï a affirmé que c'était le plus beau jour de sa vie. « Le pays a été libéré après des décennies de répression », a-t-il déclaré, ajoutant qu'il s'attendait à une « belle » transition du pouvoir.

C'est le jour le plus heureux de ma génération.

Une citation de :Un manifestant

Le président américain Barack Obama a quant à lui déclaré que le peuple égyptien avait parlé, que sa voix avait été entendue et que l'Égypte ne serait plus jamais la même. « Cette journée appartient au peuple égyptien », a dit M. Obama.

« Le peuple a chassé le régime! » ont crié les centaines de milliers de personnes rassemblées sur la place Tahrir du Caire. « Finalement, nous sommes libres! », a dit Safwan Abou Stat, un manifestant âgé de 60 ans. « À partir de maintenant, quiconque gouvernera saura que ce peuple est grand. »

« C'est le jour le plus heureux de ma génération », a dit Ali Al-Tayab, un manifestant qui a tenu à rendre hommage aux personnes tuées dans les affrontements avec la police et les partisans d'Hosni Moubarak. « Aux martyrs, ceci est votre journée. »

Les célébrations se poursuivaient samedi matin et des milliers de personnes continuaient d'affluer dans le centre du Caire. Sur une grande bannière déployée sur la place Tahrir, on pouvait lire: « Nouvelle de dernière heure: le peuple a fait tomber le régime ».

« L'Égypte est libre », a lancé Mahmoud Elhetta, l'un des organisateurs de la manifestation. « Nous sommes un grand peuple et nous avons fait quelque chose de grand. Ceci est la fin qui attend chaque dictateur. »

L'Égypte confrontée à de grands défis

Certains ont toutefois prévenu que l'Égypte faisait encore face à de grands défis, et notamment à ce qu'ils espèrent être une transition pacifique vers des élections libres et l'instauration d'une vraie démocratie.

Le président américain Barack Obama a noté qu'il ne s'agissait pas de la fin de la transition en Égypte, mais bien de son commencement. Il a souligné que plusieurs questions importantes devaient encore être résolues et que des temps difficiles restaient à venir.

« Nous avons encore un long chemin à faire pour arranger les choses », a dit Hala Abdel-Razek, une manifestante. « Ce qui a été ruiné par le régime Moubarak doit être réparé et nous devons commencer à reconstruire avec l'aide des jeunes. »

Hosni MoubarakAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Photo : Télévision d'État égyptienne

Certains soldats déployés sur la place Tahrir se sont joints à la foule pour célébrer et des manifestants les ont portés sur leurs épaules. D'autres soldats sont restés à leur poste, tandis que des gens se faisaient photographier avec eux devant les véhicules blindés sur lesquels étaient montés des enfants agitant des drapeaux.

La grande question est maintenant de savoir comment l'armée, à qui a été confiée la direction des affaires de l'État, pilotera la transition.

Plus tôt vendredi, l'armée a promis de veiller à ce que les réformes promises soient mises en oeuvre et a assuré qu'elle ne se substituerait pas à un gouvernement issu de la « légitimité du peuple ».

Lors d'une allocution télévisée vendredi soir après la démission de M. Moubarak, un porte-parole a affirmé que l'armée préparait les prochaines mesures nécessaires à « l'accomplissement des ambitions de notre grande nation », assurant que ces mesures seraient annoncées bientôt.

Le Conseil suprême des forces armées a en outre annoncé dans un communiqué que l'état d'urgence, en vigueur depuis 1981, serait levé dès la fin des manifestations tout en promettant qu'il n'y aurait pas de représailles contre les manifestants.

Hosni Moubarak a tenté de s'accrocher au pouvoir jusqu'au dernier moment. Jeudi soir, il avait transféré une partie de ses prérogatives à son vice-président Omar Souleimane, tout en conservant son titre de président. Déçus, les manifestants sont descendus en masse dans les rues des grandes villes d'Égypte vendredi, demandant à l'armée d'intervenir pour l'évincer.

Durant la journée, des foules ont marché sur les palais présidentiels au Caire et à Alexandrie, tandis que d'autres manifestants ont assiégé le bâtiment de la télévision d'État dans la capitale.

C'était la journée de mobilisation la plus massive depuis le 25 janvier. Le mouvement lancé par de jeunes activistes sur Internet a été progressivement rejoint par différentes couches de la population égyptienne, remontée contre l'autoritarisme du régime et sa corruption.

Associated Press

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