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Des milliers de juges descendent dans la rue

Plusieurs juges se sont rassemblés devant le palais de justice de Paris et dans plusieurs autres villes françaises.

Plusieurs juges se sont rassemblés devant le palais de justice de Paris et dans plusieurs autres villes françaises.

Photo : AFP / François Guillot

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2011 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les magistrats se sont rassemblés jeudi devant les palais de justice de France pour manifester leur indignation contre leur mise en cause par le président français Nicolas Sarkozy, dans un mouvement sans précédent.

Les juges protestent contre des propos tenus par le président français dans la foulée de la libération du présumé meurtrier de Laëtitia Perrais, dont le corps a été retrouvé, mutilé, près de Nantes la semaine dernière. Nicolas Sarkozy a rapidement accusé les magistrats de fautes dans le suivi du principal suspect, un délinquant récidiviste sorti de prison en février 2010. Le président a alors annoncé des sanctions.

À Nantes, plus de 1000 magistrats, avocats, greffiers, travailleurs pénitentiaires et policiers se sont regroupés devant le Palais de justice.

Les juges n'ont pas accepté les propos de Nicolas Sarkozy avant même que les résultats des enquêtes en cours ne soient connus.

La sortie du président a d'autant plus choqué les magistrats qu'ils soutiennent depuis des années que le système judiciaire manque de ressources.

En guise de protestation, presque tous les tribunaux et toutes les cours d'appel ont décidé de renvoyer les audiences non urgentes au moins jusqu'à jeudi soir.

Jeudi, le site de l'hebdomadaire Le Nouvel Observateur a publié une lettre de Philippe Tran-Van, juge d'instruction de 45 ans et père de deux enfants qui, submergé par sa charge de travail, s'est suicidé en septembre 2010.

« J'ai tout donné à la justice et à la magistrature. [...] On dit que je suis incompétent pour gérer mon cabinet alors qu'avec la meilleure volonté du monde, il est impossible de faire face à la charge de travail. Alors, je préfère en finir, car me battre contre ma hiérarchie pour faire valoir mes moyens de défense me semble vain », a-t-il écrit pour expliquer son geste.

À Bordeaux, environ 550 personnes ont manifesté leur colère. À Metz, dans l'est de la France, ils étaient près de 250, tandis que des rassemblements similaires étaient prévus dans des dizaines d'autres villes.

Selon différents sondages, près des deux tiers des Français soutiennent le mouvement de la magistrature.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Le Nouvel Observateur

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