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L'Assemblée nationale dit non au kirpan

Un homme portant un kirpan
Photo: La Presse canadienne / Fred Chartrand
Radio-Canada

L'Assemblée nationale a adopté unanimement, mercredi, une motion interdisant le port du kirpan au parlement, présentée par l'opposition péquiste.

Adoptée en fin de journée à l'issue d'un débat de deux heures, la motion a recueilli l'assentiment des 113 députés présents en Chambre au moment du vote, dont le premier ministre Jean Charest.

Si toutes les formations l'ont appuyée, elles n'y voyaient cependant pas toutes la même signification.

Que l'Assemblée nationale appuie sans réserve la décision prise par sa Direction de la sécurité à l'effet d'interdire le port du kirpan lors des consultations portant sur le projet de loi no 94, Loi établissant les balises encadrant les demandes d'accommodement dans l'Administration gouvernementale et dans certains établissements, appliquant ainsi le principe de neutralité de l'État.

Libellé de la motion

La députée Louise Beaudoin, porte-parole du PQ sur les questions de laïcité, avait déposé sa motion pour affirmer que la neutralité de l'État devait avoir préséance sur la liberté religieuse de l'individu et le port de signes religieux, comme le kirpan.

Le port du kirpan est prohibé dans tous les édifices de l'ONU, à New York ou à Genève, a-t-elle argué. Lors d'un point de presse donné avant le débat, la députée de Rosemont a affirmé que le modèle du multiculturalisme à la canadienne n'était pas celui à retenir pour le Québec.

Origine de la motion

Le 18 janvier dernier, le service de sécurité de l'Assemblée nationale a interdit l'accès au parlement à quatre membres de la communauté sikhe qui refusaient de se séparer de leur kirpan. Les membres du World Sikh Organization of Canada s'étaient présentés pour témoigner devant la commission parlementaire qui étudie le projet de loi 94, visant à interdire le port du voile intégral dans les services publics.

Les gardiens de sécurité ont jugé que leurs kirpans étaient en fait des armes blanches, qui n'avaient donc pas leur place au parlement. Les sikhs ont refusé de les laisser en consigne comme on les avait invités à le faire.

Le kirpan est un poignard à double tranchant qui a valeur de symbole dans la religion sikhe. Il est remis aux sikhs orthodoxes au moment de leur baptême et signifie que la personne qui le porte est prête à défendre sa foi.

Non pour des raisons de sécurité

Les libéraux ont appuyé la motion, restreignant sa portée à une simple question de sécurité des lieux. Au terme de l'exercice, le leader parlementaire de l'opposition péquiste, Stéphane Bédard, a déploré la position des libéraux qui ont, selon lui, choisi de « refuser le débat, de repousser le débat » plus vaste voulu par sa formation.

Le député de Québec solidaire, Amir Khadir, qui défend le droit des femmes musulmanes de porter le voile, a lui aussi voté en faveur de la motion, faisant valoir que, le 18 janvier, les sikhs avaient « provoqué une tension qui n'est pas nécessaire ».

Les adéquistes et les députés indépendants ont également appuyé l'initiative péquiste.

Avec les informations de La Presse canadienne

Politique