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Les procureurs et juristes du Québec sont en grève

Me Christian Leblanc, président de l'Association des procureurs aux poursuites criminelles et pénales

Me Christian Leblanc, président de l'Association des procureurs aux poursuites criminelles et pénales

Radio-Canada

Les négociations entre Québec et les procureurs de la Couronne et juristes sont rompues. Un communiqué publié peu après minuit dans la nuit de lundi à mardi confirme le déclenchement d'une grève.

Un rassemblement doit avoir lieu mardi, sur l'heure du midi, à Québec.

Les 450 procureurs aux poursuites criminelles et pénales du Québec réclament un rattrapage salarial de 40 % par rapport à leurs homologues du reste du pays. Un écart qui est démenti par le gouvernement, qui parle plutôt d'une différence de salaire de 10 % à 12 %.

L'Association des procureurs des poursuites criminelles et pénales du Québec (APPCP) soutient aussi qu'il faut améliorer les conditions de travail.

Selon l'association, il manque au moins 200 procureurs de la Couronne et des centaines de recherchistes et de secrétaires pour être en mesure de donner un service adéquat à la population.

Le gouvernement a pour l'instant offert 60 postes de procureurs supplémentaires ainsi qu'une majoration salariale, mais cette proposition a été rejetée par les procureurs de la Couronne.

Les offres du gouvernement n'ont pas répondu aux attentes des procureurs jusqu'ici, souligne le président de l'APPCP, Me Christian Leblanc.

« Il y a un gouffre énorme entre ce qui est offert et entre ce qui, à notre avis, est nécessaire pour régler les problèmes. On est toujours disponible. Ils savent comment nous joindre. La balle est dans leur camp », affirme M. Leblanc.

Mais pour le gouvernement, ces revendications sont irréalistes. « Dire que nous allons accepter 40 % aujourd'hui, malheureusement, je ne veux induire personne en erreur. Ce n'est pas dans la capacité de payer de l'État et ce n'est pas conforme à ce que nous avons signé avec les 500 000 autres employés de l'État », a répondu la présidente du Conseil du Trésor, Michelle Courchesne.

Mouvement des juristes de l'État

Tout comme les procureurs aux poursuites criminelles et pénales, les juristes de l'État demandent aussi un rattrapage salarial substantiel par rapport à leurs homologues des autres provinces. Leurs négociations sont rompues depuis lundi soir.

Les deux groupes voulaient la création d'un mécanisme neutre chargé de fixer leurs conditions salariales, pour éviter le recours à la grève.

Marc Lajoie, de l'Association des juristes de l'État, déplore que la grève soit le seul moyen pour faire avancer les négociations. « On est très inconfortables avec cette idée-là. Nous, on conseille le gouvernement et on oblige ce groupe de salariés-là à descendre dans la rue. Cela n'a pas de bon sens! », dit-il.

Le Conseil du Trésor maintient qu'il souhaite toujours en arriver à une entente négociée avec les procureurs et les juristes.

Même si certains services essentiels seront maintenus, une grève a pour effet d'allonger les délais de comparution et de ralentir les enquêtes, en plus de paralyser de nombreux dossiers dans des organismes comme la Commission de la santé et de la sécurité du travail.

Il s'agit d'un premier débrayage depuis que Québec leur a accordé le droit de grève en 2003.

Au total, près de 1500 avocats, notaires et procureurs se retrouvent en grève.

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