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Moubarak dit rester pour éviter le chaos

Hosni Moubarak

Hosni Moubarak

Photo : AFP / Attila Kisbenedek

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2011 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le président égyptien soutient qu'il aimerait quitter son poste, mais qu'il reste pour le bien de son pays. Dans une entrevue accordée jeudi au réseau ABC, Hosni Moubarak affirme en avoir « assez après 62 ans dans la fonction publique », mais redoute que son pays ne sombre dans le chaos s'il démissionne.

Interrogé sur les appels à la démission formulés par les manifestants, le président a répondu : « Je ne me soucie pas de ce que les gens disent de moi. Pour le moment, je me soucie de mon pays. »

Vous ne comprenez pas la culture égyptienne et ce qui se passerait si je démissionnais.

Une citation de :Hosni Moubarak, en réponse aux appels de Barack Obama à engager sans tarder le processus de transition

Le raïs égyptien a assuré que son gouvernement n'est pas responsable des violences sur la place Tahrir, au Caire, les imputant aux Frères musulmans.

Jeudi, l'armée égyptienne s'est finalement interposée entre les manifestants pro et anti-Moubarak, 24 heures après le début des heurts sanglants entre les deux clans.

Des réformes, des enquêtes et des excuses

Plus tôt jeudi, le régime égyptien s'est livré à une importante opération de relations publiques, à la veille d'un nouveau rassemblement organisé par l'opposition pour obtenir le départ du président Moubarak.

Le vice-président, Omar Souleimane, et le premier ministre Ahmad Chafic, ont annoncé de nombreuses mesures destinées à calmer la grogne des Égyptiens, qui manifestent dans les rues du pays depuis maintenant 10 jours.

Le vice-président Omar SouleimaneAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le vice-président Omar Souleimane.

Photo : AFP / Al-Masriya TV

Selon leurs déclarations, d'importantes réformes politiques sont en cours, de sorte qu'il est inutile de continuer à protester.

Le vice-président Souleimane a notamment affirmé que les violences entre manifestants favorables et manifestants hostiles au président Moubarak sont le résultat d'un « complot » fomenté par des Égyptiens ou des étrangers. Les contestataires, a-t-il dit, ont lancé un « appel au chaos ».

Omar Souleimane a défendu le président Moubarak en soulignant qu'il n'était pas question qu'il quitte le pouvoir. Un État fort ne peut se passer d'un leader fort et tous les citoyens doivent respecter le dirigeant de la nation égyptienne, a-t-il dit, associant l'idée de démissionner à une philosophie étrangère.

Le vice-président, nommé samedi, a défendu le travail des policiers, soutenant qu'ils n'ont pas eu le choix de contre-attaquer.

M. Souleimane a aussi brandi l'argument économique. Tous les secteurs de l'économie ont vu leur production réduite du tiers depuis le début des troubles, et le secteur touristique assume à lui seul des pertes de 1 milliard de dollars, a-t-il affirmé.

Le nouveau bras droit du président Moubarak a annoncé que la Constitution serait amendée pour limiter le nombre des mandats présidentiels. Il a aussi confirmé que les Frères musulmans, un parti islamiste interdit depuis de nombreuses années, étaient invités à participer au dialogue.

Plus tôt dans la journée, le vice-président avait déclaré que les manifestants détenus seraient libérés, mais que ceux qui ont fomenté des troubles seraient punis.

M. Souleimane ne s'est pas prononcé sur ses propres intentions. Il a pourtant précisé que le fils du président, Gamal Moubarak, ne serait pas candidat à la présidentielle de septembre.

Le président Moubarak, âgé de 82 ans, avait annoncé mardi qu'il ne se présenterait pas à la présidentielle de septembre.

Chafic annonce une série d'enquêtes

Plus tôt jeudi, le nouveau premier ministre égyptien, Ahmad Chafic a annoncé que l'ancien ministre de l'Intérieur, Habib al-Adly, fera l'objet d'une enquête. D'autres mesures sont prises pour tenter d'apaiser la tension, alors que les heurts se poursuivent sur la place Tahrir.

L'agence Mena a annoncé jeudi que le procureur général a interdit au ministre al-Adly de quitter le pays et que ses comptes ont été gelés.

Il en va de même pour l'ancien ministre du Logement, Ahmed el-Maghrabi, et un ancien responsable du Parti national démocrate [parti de Moubarak] et magnat de l'acier, Ahmed Ezz.

Selon le communiqué dont fait état l'agence, ces mesures, qui s'appliquent également à d'autres personnes, seront en vigueur « d'ici à ce que la sécurité nationale soit restaurée et que les autorités et les agences de surveillance aient terminé leur enquête ».

Le premier ministre Chafic a aussi affirmé « ne pas avoir assez de policiers » pour assurer la sécurité dans le pays, après des heurts meurtriers dans le centre du Caire entre pro-Moubarak et anti-Moubarak.

« Je n'ai pas assez de policiers. Lorsque l'armée est arrivée, beaucoup de policiers antiémeutes sont rentrés dans leurs villages, ils sont partis et nous n'arrivons pas à les faire revenir », a déclaré M. Chafic.

Le premier ministre s'est excusé pour les violences qui ont eu lieu mercredi, place Tahrir. Il a annoncé l'ouverture d'une enquête à ce sujet, et a assuré que de tels affrontements ne se reproduiront pas.

Pas de négociations avant le départ de Moubarak

Avant même que MM. Souleimane et Chafic n'apparaissent à la télévision d'État, l'opposant égyptien Mohamed ElBaradei et les Frères musulmans avaient rejeté l'offre de négociation du régime. Ils exigent au préalable le départ du président Hosni Moubarak et le rétablissement de l'ordre sur la place Tahrir.

« Nous avons refusé de les rencontrer. Toute négociation est subordonnée au départ d'Hosni Moubarak et au rétablissement de la sécurité place Tahrir », a déclaré à Reuters l'ancien directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).

Mohamed al-Beltagi, ancien député et membre des Frères musulmans, a aussi rejeté d'emblée les résultats de cette rencontre, ajoutant que son mouvement soutenait Mohamed ElBaradei. Le groupe de jeunes démocrates à l'origine des manifestations a également adopté cette position.

Le parti progressiste Wafd a pour sa part accepté de participer aux discussions, avant d'annoncer que les pourparlers avaient été suspendus « puisque le gouvernement ne respecte pas sa promesse de protéger les manifestants », selon ce qu'a déclaré un haut responsable du parti, Yassin Tageldin.

Les membres du comité exécutif du parti, dont le chef, Sayyid Badawi, se sont rendus place Tahrir pour se joindre aux manifestants anti-Moubarak.

Avec les informations de Agence France-Presse, Reuters, Associated Press, et Al-Jazira

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