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Le président renonce à un autre mandat et reporte les élections

Le président yéménite Ali Abdallah Saleh

Le président yéménite Ali Abdallah Saleh

Photo : AFP

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2011 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le président du Yémen Ali Abdallah Saleh, au pouvoir depuis 32 ans, a annoncé mercredi qu'il renonçait à se présenter pour un autre mandat et qu'il reportait les élections législatives, initialement prévues pour le 27 avril.

Ces annonces ont été faites sous la pression des manifestations dans la rue, à l'image des révoltes populaires en Tunisie et en Égypte.

« Je suis contre un renouvellement de mon mandat et contre la transmission héréditaire du pouvoir », a déclaré Ali Abdallah Saleh devant le Parlement et la Choura (conseil tribal), convoqués en réunion extraordinaire.

« Je ne vais pas faire preuve d'orgueil et je vais présenter les concessions l'une après l'autre dans l'intérêt national », a-t-il ajouté, appelant du même coup à la formation d'un « gouvernement d'union nationale ».

Il demande en échange à l'opposition de cesser les manifestations, dont la « Journée de la colère » prévue jeudi, et de reprendre le dialogue avec le parti du pouvoir, le Congrès populaire général (CPG).

L'opposition n'était toutefois pas présente au Parlement durant ce discours conciliant, préférant le boycotter.

Une révision de la Constitution?

Le Yémen est le seul pays de la péninsule arabique à fonctionner sous un régime républicain. Sa Constitution prévoyait le départ du président Saleh en 2013. Mais une révision constitutionnelle prévue à l'agenda du Parlement pour le 1er mars laissait entrevoir que le président pourrait être élu à vie.

Les milliers de manifestants dans les rues de Sanaa jeudi dernier semblent avoir pavé la voie à une autre « révolution du jasmin », selon un expert.

Manifestation à Sanaa le 27 janvierAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Manifestation à Sanaa le 27 janvier

Photo : AFP / Gamal Noman

« Je pense que le Yémen est le prochain sur la liste. Les manifestations s'y déroulent depuis plus longtemps et je crois que c'est le prochain pays qu'il faudra suivre de près », a dit à Reuters Theodore Karasik, expert en matière de sécurité au centre d'analyses INEGMA de Dubaï.

Le peuple yéménite a en effet manifesté dès décembre contre le régime en place et la pauvreté extrême du pays, au bord de la faillite. La grogne populaire dans ce pays n'est pas toutefois aussi imposante qu'en Tunisie ou en Égypte.

Mais à l'instar de la Tunisie et de l'Égypte, les réseaux sociaux jouent un énorme rôle dans la mobilisation des Yémenites.

« (Le président) est confronté à une jeunesse éduquée qui a accès à Internet, à Facebook et à Twitter, et qui s'inspire des expériences des autres en Tunisie et en Égypte », explique à Reuters Ibrahim Charkieh, spécialiste du Yémen au Brookings Doha Centre.

Des rumeurs qui se confirment

Mardi déjà planait la rumeur que le président aurait à faire de sérieux compromis, quitte à ne pas briguer un autre mandat.

« Saleh observe manifestement de très près ce qui se passe en Égypte, remarquait l'analyste Brian O'Neill, qui tient un blogue sur la politique yéménite. Soit Saleh choisira la répression des manifestations, soit il offrira des concessions en s'engageant à ne pas se représenter et à engager un processus d'ouverture. »

Le président a annoncé des mesures sociales et économiques lundi pour tenter d'apaiser la tension.

Les femmes ont été présentes durant les manifestations au YémenAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les femmes ont été présentes durant les manifestations au Yémen

Photo : AFP / Gamal Noman

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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