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Moubarak incapable d'apaiser la grogne

Hosni Mubarak à la télévision égyptienne, le 1er février 2011.

Hosni Mubarak à la télévision égyptienne, le 1er février 2011.

Photo : AFP / Al-Masriya TV

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2011 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le dirigeant égyptien Hosni Moubarak a annoncé mardi soir qu'il restera en poste jusqu'à l'élection présidentielle de septembre prochain, alors que des centaines de milliers de manifestants réclament son départ immédiat.

Moubarak a prononcé une allocution télévisée dans laquelle il a indiqué qu'il ne sollicitera pas de nouveau mandat présidentiel, lui qui est au pouvoir depuis 1981.

Il a annoncé que le Parlement égyptien se pencherait sur des amendements à la constitution du pays, pour limiter le nombre de mandats présidentiels et assouplir les règles d'éligibilité aux scrutins. Il a affirmé qu'il ferait en sorte que les forces d'opposition puissent participer à ce débat.

Des règles électorales à revoir

Des modifications aux articles 76 et 77 de la Constitution égyptienne (Nouvelle fenêtre) seront discutées.

L'article 76 de la Constitution égyptienne indique notamment qu'un candidat à la présidence doit être soutenu par au moins 250 membres de l'Assemblée du peuple, de l'Assemblée consultative et des conseils populaires municipaux des gouvernorats.

Les partis politiques pouvant soumettre une candidature à la présidence doivent exister pendant au moins cinq ans consécutifs avant l'ouverture de la candidature à la présidence et avoir obtenu au moins 5 % des votes lors des dernières législatives à l'Assemblée du peuple et à l'Assemblée consultative.

L'article 77 indique que les mandats présidentiels ont une durée de six ans, et que le président de la République « peut être réélu pour d'autres mandats ».

Hosni Moubarak a affirmé qu'il « mourrait en sol égyptien ».

Son discours a commencé par une dénonciation des pillages qu'il a attribués aux manifestants. Il a affirmé que les Égyptiens devaient choisir entre le chaos et la stabilité.

Hosni Moubarak a soutenu que les manifestations avaient été « manipulées par des forces politiques ».

Il a rappelé qu'il avait formé un nouveau gouvernement - comprenant des gens associés à son régime, cependant - et qu'il avait chargé le nouveau vice-président, Omar Souleymane, de mener un dialogue avec l'opposition.

Les États-Unis, dont le régime Moubarak était un allié au Moyen-Orient, avaient recommandé au raïs égyptien de ne pas se représenter et d'entamer une transition pacifique. Ce message a été confirmé dans un point de presse du président américain Barack Obama, en début de soirée, qui a parlé d'un « nouveau chapitre » dans l'histoire égyptienne.

Le Prix Nobel de la paix 2005, Mohamed ElBaradei, opposant déclaré au président Hosni Moubarak, avait auparavant présenté deux scénarios de sortie de crise à l'ambassadrice américaine au Caire.

Des centaines de milliers de personnes ont défilé dans les rues du Caire, d'Alexandrie et d'autres villes du pays durant toute la journée pour réclamer le départ de Moubarak, après 30 ans au pouvoir. Plusieurs ont lancé un appel pour un autre vaste rassemblement, vendredi.

Les manifestants ont continué, même après l'annonce télévisée, à crier « Dehors! Dehors! Dehors! » et « Il s'en va, nous restons! » à l'intention de Moubarak.

Au Caire, les manifestants qui ont pris d'assaut la place Tahrir (place de la Libération) en matinée semblaient déterminés à y passer la nuit. Plusieurs d'entre eux disaient qu'ils entendaient rester sur place tant et aussi longtemps que le raïs ne cèderait pas sa place. Nombreux sont ceux qui se disaient prêts à mourir pour que la révolution aboutisse à la fin du régime Moubarak.

Une effigie du président Moubarak a été pendue place Tahrir.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Une effigie du président Moubarak a été pendu place Tahrir.

Photo : AFP / Khaled Desouki

Aucun incident n'a été rapporté, et la manifestation se déroulait dans une atmosphère bon enfant, malgré l'entrée en vigueur du couvre-feu.

Les militaires, qui contrôlent l'accès à la place Tahrir, n'ont donné aucun signe qu'ils comptaient intervenir. L'armée, qui est respectée par le peuple malgré le fait qu'elle soit dirigée par Hosni Moubarak, avait déjà fait savoir lundi qu'elle jugeait les revendications du peuple « légitimes » et qu'elle n'entendait pas recourir à la force.

La manifestation, qui réunit autant des hommes que des femmes, des jeunes, des musulmans et des chrétiens, est allée de l'avant malgré toutes les mesures prises par le pouvoir pour l'empêcher : assassinats et passages à tabac d'opposants, arrestations massives, blocage d'Internet et des services téléphoniques, arrêt du transport ferroviaire, etc.

Les Égyptiens continuaient aussi de manifester par centaines de milliers à Alexandrie, deuxième ville d'Égypte. Des accrochages y ont été signalés après la déclaration d'Hosni Moubarak.

Al-Jazira a aussi fait état de manifestations à El-Arish, dans le nord du Sinaï, ainsi qu'à Suez et à Mansoura.

Au Canada

Mardi, des manifestations avaient lieu notamment devant le consulat égyptien de Montréal et l'ambassade égyptienne à Ottawa, en fin d'après-midi.

Communications toujours bloquées

La manifestation de mardi a été organisée par le seul bouche-à-oreille, les communications restant bloquées par le régime. Google et Twitter ont cependant annoncé lundi la mise sur pied d'un service permettant aux Égyptiens de microbloguer des messages vocaux sans utiliser le web.

Le message des jeunes Égyptiens à l'intention de leur président est sans équivoque.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le message des jeunes Égyptiens à l'intention de leur président est sans équivoque.

Photo : AFP / Khaled Desouki

Des fournisseurs étrangers d'accès à Internet offrent aussi aux Égyptiens de se brancher au web s'ils disposent de vieux modems. Les réseaux sociaux comme Facebook et Twitter ont joué un rôle-clé dans l'organisation des manifestations, la semaine dernière.

Plusieurs pays poursuivent par ailleurs l'évacuation de leurs ressortissants qui souhaitent quitter l'Égypte. Des avions nolisés par Ottawa ont commencé à rapatrier des Canadiens vers certaines villes d'Europe, lundi.

Le Fonds monétaire international (FMI) a pour sa part fait savoir mardi qu'il est prêt à aider l'Égypte à reconstruire son économie. Le directeur général de l'institution, Dominique Strauss-Kahn, affirme que cette reconstruction doit passer par la création d'emplois, particulièrement pour les jeunes.

Avec les informations de Agence France-Presse, Reuters, et Al-Jazira

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