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Le gouvernement provisoire interpellé par l'insécurité

Manifestants et policiers s'affrontent à Tunis, le 28 janvier 2011.

Manifestants et policiers s'affrontent à Tunis, le 28 janvier 2011.

Photo : La Presse canadienne / Hassene Dridi

Radio-Canada

Pour la première fois depuis son remaniement, le gouvernement de transition tunisien se réunit alors que l'insécurité semble gagner du terrain au pays et que l'ONU revoit à la hausse son bilan du soulèvement contre le régime Ben Ali.

Selon les derniers chiffres retenus par les Nations unies au terme de cinq jours de visite de terrain, 219 personnes sont mortes, dont 72 dans les prisons, et 510 ont été blessées durant ces cinq semaines de violences.

Remaniement des forces de sécurité

Le ministre de l'Intérieur, Farhat Rajhi, a annoncé mardi que 34 hauts responsables de la sécurité avaient été remplacés dont le chef de la sûreté nationale, le chef de la sécurité générale et le chef de la sécurité présidentielle.

Il s'agit de la première étape d'un remaniement du réseau de la police, des forces de l'ordre et du renseignement autrefois dirigé par le régime de Ben Ali.

Au lendemain d'une attaque des locaux de son ministère par 2000 personnes, Farhat Rajhi a également déclaré qu'il existait un complot contre la sûreté de l'État au sein des forces de l'ordre.

« Ces gens qui sont venus hier au ministère (...) sont les mêmes qui se sont présentés aujourd'hui pour faire peur aux gens », a affirmé le ministre de l'Intérieur Farhat Rajhi à l'antenne de la chaîne Hannibal TV.

Vers un renouveau sociopolitique

Des dirigeants du mouvement islamiste Ennahdha, interdit par l'ancien régime de Ben Ali, ont par ailleurs déposé une demande de légalisation auprès du nouveau gouvernement.

Ennahda compte organiser un congrès au cours des prochains mois afin de désigner un nouveau président, en remplacement de son chef historique Rached Ghannouchi, rentré au pays dimanche, après un exil de plus de 20 ans. Lors de son arrivée, celui-ci avait indiqué qu'il ne serait pas candidat à la première élection présidentielle de la Tunisie de l'après-Ben Ali.

Sous le règne du dictateur déchu, la formation était interdite et a été écrasée dans les années 90. Quelque 30 000 de ses membres ou sympathisants supposés ont été arrêtés, et des centaines d'autres ont été contraints à l'exil.

Dans ce qui est considéré comme son manifeste, Ennahda plaide en faveur de « la défense du régime républicain, l'indépendance du pays, la séparation des pouvoirs, l'indépendance de la justice et la neutralité de l'administration » et de « la garantie des besoins essentiels de tous les Tunisiens en matière d'emploi, de soins de santé et d'enseignement ». Il proclame aussi son « attachement à l'identité arabo-islamique du peuple tunisien et son ouverture à tous les acquis modernistes ».

Par ailleurs, un nouveau syndicat, la Confédération générale tunisienne du travail, a été constitué par un ancien cadre de la puissante Union générale des travailleurs de Tunisie (UGTT). Avec Ennahda, l'UGTT était la seule organisation syndicale légale depuis l'indépendance et le seul contre-pouvoir disposant d'une implantation à l'échelle nationale.

Incidents à Kasserine

Les incidents les plus sérieux des derniers jours ont eu lieu à Kasserine, principale ville du centre. Des manifestants s'y sont massés par centaines pour dénoncer le manque de protection des autorités avant d'être dispersés par l'armée.

Des syndicalistes ont jugé la situation de Kasserine « chaotique et instable » en rapportant que des centaines de jeunes ont pillé et saccagé la sous-préfecture, un lycée, le local d'une association et un cabinet de médecin sans que la police intervienne.

Tentative d'immolation

Un jeune chômeur a par ailleurs tenté de s'immoler par le feu près de Gafsa pour dénoncer sa « situation sociale déplorable », selon une source syndicale de l'AFP. Aymen Ben Belgacem, 21 ans, a été conduit dans un état critique dans un hôpital de Tunis.

Plusieurs tentatives de suicide similaires ont été rapportées au cours des dernières semaines en Afrique du Nord.

Ces gestes font écho à l'immolation du Tunisien Mohamed Bouazizi, le 17 décembre dernier, qui a lancé par son geste le mouvement d'insurrection populaire qui a mené à la chute du président Ben Ali. Mohamed Bouazizi est mort de ses blessures le 5 janvier.

Avec les informations de Associated Press, Agence France-Presse, et Reuters

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