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Les Canadiens informés, mais peu disciplinés

poids-obesite

Photo : Istocphoto

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2011 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les Canadiens surestiment leurs comportements sains et sous-estiment leur tour de taille et leur tendance à la sédentarité.

Le Bulletin annuel de la santé des Canadiens, qui vient d'être publié par la Fondation des maladies du coeur, révèle en effet des disparités entre les comportements que les Canadiens disent adopter et la réalité.

« Près de 90 % des Canadiens se croient en bonne santé. En réalité, 9 personnes sur 10 affichent au moins un facteur de risque associé aux maladies du coeur et aux AVC [accidents vasculaires cérébraux] », écrit la fondation dans son bulletin.

La Fondation parle carrément d'un déni de la réalité, qui risque de diminuer l'espérance de vie des Canadiens.

Par exemple, 31 % des Canadiens admettent être sédentaires dans leurs loisirs. La réalité serait plutôt de 48 %. Et, pour les Québécois, la proportion serait de 50 %, a précisé en entrevue le Dr Marco Di Buono, directeur de la recherche de la Fondation des maladies du coeur de l'Ontario.

La Fondation des maladies du coeur a calculé qu'en étant ainsi inactifs, les Canadiens retranchent 3,6 années à leur espérance de vie.

Non seulement réduisent-ils leur espérance de vie, mais ils oublient qu'ils passeront plusieurs des dernières années de leur vie avec des problèmes de santé, donc, avec une qualité de vie moindre.

Autre exemple : 18 % des Canadiens admettent être obèses. Or, la réalité c'est que 24 % des Canadiens de 18 ans et plus sont obèses. Pour les Québécois, la réalité serait de 16,9 %.

La Fondation a calculé que ce facteur de risque diminue de quatre années l'espérance de vie des Canadiens. Là encore, même lorsque la personne est encore en vie, sa qualité de vie est touchée.

Ces disparités entre ce qui est déclaré et la réalité n'ont pas étonné la Fondation. « Ça ne nous a pas surpris. On est inondé avec des informations tous les jours. Les Canadiens savent ce qu'ils doivent faire pour mener des vies saines et actives. Ils s'aperçoivent qu'il ne faut pas fumer, qu'il faut mieux manger, qu'il faut être plus actif. Alors ça, c'est très rassurant. Mais les gens ne savent pas exactement quoi faire : à quel niveau faut-il être actif, combien de fruits et légumes faut-il manger par jour ? » a soutenu le Dr Di Buono.

Par ailleurs, les Canadiens sous-estiment légèrement l'hypertension artérielle. Environ 17 % d'entre eux disent en souffrir, alors que la réalité est de 19 %. Ce problème de pression artérielle trop élevée retrancherait 2,4 années à l'espérance de vie.

Le tabagisme, lui, réduit l'espérance de vie de 13,9 ans, selon la Fondation des maladies du coeur.

Le Dr Di Buono croit que les solutions à ces défis sont à la fois individuelles et collectives.

Sur le plan individuel, les personnes doivent bien sûr d'abord souhaiter changer leur mode de vie : cesser de fumer, manger davantage de fruits et de légumes et être plus actives.

Mais les solutions doivent aussi être collectives, par le biais d'un aménagement favorable à des activités physiques et à des moyens pour cesser de fumer.

Et les citoyens doivent avoir accès à des informations justes sur l'alimentation et l'activité physique, souligne la Fondation, en citant ses propres outils interactifs sur la santé du coeur.

Le Dr Di Buono note par exemple que la fondation a déjà travaillé avec le gouvernement fédéral pour faire réduire la quantité de sodium dans l'alimentation et pour tenter d'éliminer les gras trans dans les aliments préparés.

La Presse Canadienne

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