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Retour du chef islamiste Rached Ghannouchi

Rached Ghannouchi, le chef du mouvement islamiste tunisien Ennahda, à son arrivée en Tunisie, dimanche

Rached Ghannouchi, le chef du mouvement islamiste tunisien Ennahda, à son arrivée en Tunisie, dimanche

Photo : AFP / Fethi Belaid

Radio-Canada

Le chef du mouvement islamiste tunisien Ennahda, Rached Ghannouchi, a regagné son pays, dimanche, après 22 ans d'exil. M. Ghannouchi arrivait en provenance de Londres où il résidait en tant que réfugié politique.

Une foule de plusieurs centaines de personnes est venue l'accueillir avec clameurs à l'aéroport de Tunis-Carthage.

Ce retour est l'un des signes du changement survenu en Tunisie depuis le départ du président déchu Zine el-Abidine Ben Ali, au terme d'un mois de contestation sociale et politique dans la rue.

L'organisation de M. Ghannouchi, Ennahda, était la principale force d'opposition en Tunisie il y a 20 ans. Aux élections de 1989, deux ans après la prise de pouvoir de Ben Ali, elle avait obtenu officiellement 17 % des voix, mais son score réel était sans doute plus proche de 30 ou 35 %, selon des observateurs.

Rachid Ghannouchi, âgé de 69 ans, est considéré comme un intellectuel modéré. Son organisation, fondée en 1981, qui s'inspire des Frères musulmans égyptiens, est toutefois perçue comme moins conservatrice que ces derniers.

La répression des mouvements islamistes par Ben Ali avait contraint Ghannouchi à s'exiler en Algérie, puis en Grande-Bretagne en 1989.

Dans les années 1990, environ 30 000 militants et sympathisants islamistes tunisiens avaient été arrêtés.

Un retour remarqué

La signification du retour de Rachid Ghannouchi fait débat. Des responsables d'Ennahda ont dit que leur parti participerait aux élections législatives, mais qu'il ne devrait pas présenter de candidat aux élections présidentielles.

Le gouvernement intérimaire de Mohamed Ghannouchi (sans lien de parenté avec le chef de file des islamistes) n'a toujours pas annoncé la date des élections promises.

Même si les islamistes n'ont pas paru jouer un rôle moteur dans le mouvement de contestation qui a abouti au départ de Ben Ali, des analystes estiment que le retour de Rachid Ghannouchi pourrait les galvaniser.

Quelques dizaines de militants pour la laïcité ont d'ailleurs fait le déplacement à l'aéroport de Tunis, dimanche.

Samedi des centaines de femmes ont manifesté à Tunis pour défendre l'émancipation acquise depuis plus d'un demi-siècle, en prévision du retour en Tunisie de Rached Ghannouchi.

Les proches de Ben Ali traqués

Par ailleurs, le ministère tunisien des Affaires étrangères a annoncé dimanche avoir annulé 48 passeports diplomatiques émis à des parents du président déchu Zine el-Abidine Ben Ali et à d'anciens responsables du régime.

Le porte-parole du ministère n'a pas identifié les personnes qui détiennent ces passeports.

Il a toutefois ajouté que le ministère a chargé les ambassades tunisiennes à l'étranger d'intervenir auprès de « pays frères et amis pour obtenir le gel d'avoirs » de proches de l'ancien président.

Ceux-ci sont poursuivis par la justice tunisienne pour acquisition illégale de biens et d'exportation illégale de devises.

Les autorités tunisiennes ont aussi relayé auprès des pays concernés les mandats d'arrêt émis contre le président et ses proches se trouvant à l'étranger, selon le porte-parole.

Le ministère a également démis de leurs fonctions un certain nombre d'ambassadeurs et de consuls généraux, a ajouté le porte-parole, sans donner de liste des diplomates concernés.

Avec les informations de Agence France-Presse, Associated Press, et Reuters

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