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Relance du débat sur la loi 101 au cégep

Classe de cégep
Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2011 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Une soixantaine de personnes étaient présentes au Cégep de Saint-Jean-sur-Richelieu, en Montérégie, pour débattre de l'application de la Charte de la langue française, la loi 101, au niveau de l'enseignement collégial.

Le député du Parti québécois Pierre Curzi, les chercheurs Charles Castonguay et Patrick Sabourin ainsi que le militant souverainiste Simon-Pierre Savard-Tremblay figuraient au nombre des invités.

« L'élan donné à la francisation par la loi 101 est stoppé net lors de l'accès au libre choix », croit Charles Castonguay, expert des questions linguistiques et démographiques qui avait participé à relancer le débat, en octobre 2009.

« Le passage au cégep en anglais n'est pas un phénomène anodin ou ponctuel. Ça s'inscrit dans un long cheminement qui est tourné vers l'anglais, où [l'élève] va adopter des comportements linguistiques anglicisés, s'adresser à des commis dans des commerces en anglais, consommer des biens culturels en anglais », affirme Patrick Sabourin, président de l'Institut de recherche sur le français en Amérique.

Selon cet auteur d'une étude sur les raisons qui incitent les étudiants francophones et allophones à fréquenter un cégep anglophone, le cégep est « un point charnière dans l'assimilation linguistique, le moment où les jeunes créent des contacts ». Il soutient que la majorité des cégépiens qui étudient en anglais vont à l'université et travaillent dans cette langue aussi.

Chaque année, environ 3000 étudiants passent du secondaire francophone au cégep anglophone. De plus, selon les chercheurs, le quart des francophones qui vont au cégep anglophone parleraient anglais à la maison.

Le Parti libéral du Québec juge pour sa part que l'extension de la loi 101 au niveau collégial serait une politique trop radicale. Il considère que le Parti québécois va trop loin et souligne que la majorité des élèves du secondaire choisissent un cégep francophone. « C'est une proposition radicale, démesurée, pour des étudiants qui arrivent à l'âge adulte et qui veulent faire des choix en fonction de leur carrière », estime la ministre responsable de l'application de la Charte de la langue française, Christine St-Pierre.

Le député du PQ Pierre Curzi insiste sur la nécessité d'appliquer la loi 101 au cégep. « C'est pas radical, c'est juste logique. Le monde a changé depuis 1977, maintenant il faut qu'on possède la connaissance de la langue seconde, mais en même temps il ne faut pas [perdre] la culture, la société et la langue dans laquelle on vit », a-t-il déclaré.

La proposition du PQ d'inclure les cégeps dans la loi 101 sera soumise à tous les membres du parti lors de leur prochain congrès, en avril.

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