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La rue ne plie pas après les annonces de Moubarak

Des manifestants sur un char d'assaut au Caire.

Des manifestants sur un char d'assaut au Caire.

Photo : La Presse canadienne / AP/Lefteris Pitarakis

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2011 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Ni la nomination d'Omar Souleimane à la vice-présidence, ni la nomination d'un nouveau premier ministre n'ont satisfait les manifestants en Égypte.

Les manifestants poursuivent leurs rassemblements dans plusieurs endroits du Caire et dans d'autres villes comme Alexandrie et Suez malgré l'entrée en vigueur du couvre-feu et l'appel de l'armée à le respecter.

Selon des sources médicales et de sécurité, plus de 100 personnes ont perdu la vie et plus d'un millier ont été blessées dans plusieurs villes depuis le début de la révolte contre le régime d'Hosni Moubarak.

La chaîne Al-Jazira parlait en soirée d'au moins 20 morts au Caire, à Alexandrie et à Suez. Des images de manifestants portant la dépouille d'un mort ont été diffusées.

Le nouveau vice-président, Omar Souleimane, saluant le président Hosni Moubarak après avoir prêté serment.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le nouveau vice-président, Omar Souleïmane, saluant le président Hosni Moubarak après avoir prêté serment.

Photo : AFP / Image de télévision égyptienne Masrya TV

Omar Souleimane nommé vice-président

Samedi, Omar Souleimane, le chef des services de renseignement militaire, a été nommé vice-président. Ce poste, prévu par la Constitution, était vacant depuis l'accession d'Hosni Moubarak à la présidence en 1981.

Le nouveau vice-président égyptien est un acteur central de la vie politique. Né en 1935, Omar Souleimane est à la tête du renseignement militaire depuis 1993.

Ce militaire de carrière joue également un rôle important dans les négociations israélo-palestiniennes et les pourparlers entre le Fatah et le Hamas palestiniens.

La nomination d'un vice-président ouvre ainsi la porte à la succession du président Moubarak en cas de vacance du pouvoir.

Dès l'annonce de cette nomination, les manifestants ont scandé des slogans hostiles au nouveau numéro deux du régime.

Par ailleurs, le président Moubarak a chargé Ahmad Chafic, ministre de l'Aviation civile du gouvernement démis, de former un nouveau gouvernement.

Le nouveau premier ministre est un ancien commandant de l'armée de l'air.

Dans la journée, le gouvernement avait présenté sa démission comme promis la veille dans le discours à la nation du président Hosni Moubarak.

Accolade entre un soldat et un manifestant au CaireAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Accolade entre un soldat et un manifestant au Caire

Photo : AFP / MOHAMMED ABED

Les manifestations se poursuivent

Malgré l'entrée en vigueur du couvre-feu, des centaines de milliers de personnes ont manifesté samedi au Caire et dans d'autres villes, réclamant le départ du président Moubarak.

Le gouvernement a allongé la durée du couvre-feu au Caire, à Alexandrie et à Suez, qui s'étend dorénavant de 16 h à 8 h le lendemain.

L'armée, présente massivement au Caire, n'a pas dispersé les manifestants.

Elle avait prévenu samedi par communiqué que quiconque violerait le couvre-feu serait en danger. Mais jusqu'à présent, aucun affrontement n'a été constaté entre les soldats et les manifestants.

Dans un précédent communiqué, l'armée a indiqué que son rôle était de protéger les biens et la sécurité des personnes.

Des civils montent la garde devant leurs commerces, au Caire, en ÉgypteAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Photo : AFP / Khaled Desouki

Dans plusieurs villes du pays, les citoyens appellent les soldats à intervenir pour mettre un terme au pillage. Les citoyens accusent des policiers et des « milices » du parti au pouvoir de vouloir provoquer le chaos.

Des citoyens ont d'ailleurs formé des comités de vigilance pour protéger leurs quartiers des pillages.

De leur côté, les Frères musulmans ont annoncé avoir recruté des volontaires parmi leurs membres pour former des comités de quartier autour de la capitale, afin de protéger les établissements publics et privés.

Des dizaines de personnes ont formé une chaine humaine autour du musée du Caire, dans le centre de la capitale, où des véhicules blindés de l'armée étaient également positionnés.

Malgré ces précautions, de nombreux pillages sont toujours rapportés un peu partout dans la capitale. Des supermarchés, des boutiques, de même que des appartements et maisons des quartiers cossus ont été pillés. Au centre-ville, des cambrioleurs ont pénétré dans l'International Arab Bank, ainsi que dans plusieurs restaurants.

Incertitude

Le Prix Nobel de la Paix 2005 Mohamed ElBaradei a participé à une manifestation à sa sortie de la mosquée.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le Prix Nobel de la Paix 2005 Mohamed ElBaradei a participé à une manifestation à sa sortie de la mosquée.

Photo : AFP / Mohammed Abed

Un des principaux opposants au régime, le Prix Nobel de la paix Mohamed ElBaradei, a appelé le président Moubarak, sur les ondes d'Al-Jazira à « partir sans délai pour le bien du pays ».

Il estime insuffisantes la nomination d'un vice-président et la création d'un nouveau cabinet.

Plus tôt, sur les ondes de France 24, Mohamed ElBaradei avait vivement critiqué le discours à la nation du président.

« Le président Moubarak n'a pas compris le message du peuple égyptien. Son discours a été totalement décevant. Les protestations vont se poursuivre avec plus d'intensité jusqu'à la chute du régime », a promis l'ancien chef de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).

Il a d'ailleurs fait savoir son intention de participer de nouveau samedi aux manifestations.

Jeudi, M. ElBaradei s'était dit prêt à mener la transition en cas de départ du président Moubarak.

De son côté, l'organisation des Frères musulmans, principale force d'opposition en Égypte, a lancé un appel, dans un communiqué samedi, à une passation pacifique du pouvoir.

Dans une déclaration à Al-Jazira, l'influent religieux Youcef Al-Qaradaoui, président de l'union internationale des ulémas musulmans, conseille au président Hosni Moubarak de quitter le pouvoir et invite les Égyptiens à poursuivre la protestation de façon pacifique.

Par ailleurs, Ahmed Ezz, un important homme d'affaires et proche du fils du président, annonce qu'il démissionne du parti au pouvoir, le Parti national démocratique.

Un écho au Canada

Des manifestations d'appui aux protestataires égyptiens avaient lieu samedi après-midi à Toronto, Montréal et Vancouver.

Vendredi, des rassemblements s'étaient tenus dans plusieurs grandes villes canadiennes, dont Montréal. Une centaine de personnes se sont rendues devant le consulat d'Égypte.

Ottawa a par ailleurs émis un avis recommandant d'éviter tout voyage non essentiel au Caire, à Suez et Alexandrie.

Soutiens à Moubarak d'un côté, avertissements de l'autre

Plusieurs pays ont réagi samedi aux événements qui se bousculent en Égypte. Le roi Abdallah d'Arabie saoudite et le président de l'Autorité palestinienne ont notamment déclaré leur soutien au président Moubarak. Les États-Unis et le Canada, entre autres, ont pour leur part demandé aux autorités égyptiennes de respecter la liberté d'expression des Égyptiens.

Avec les informations de Agence France-Presse, Associated Press, et Reuters

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