•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Moubarak annonce un nouveau gouvernement

Moubarak

Hosni Moubarak a parlé au peuple vendredi

Photo : AFP / EGYPTIAN TV

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2011 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le président égyptien Hosni Moubarak annonce la formation, dès samedi, d'un nouveau gouvernement pour tenter d'apaiser la tension après des heurts qui ont fait 20 morts, vendredi. Déterminé à assurer la stabilité du pays, il a promis des réformes pour améliorer la situation socio-économique et politique des Égyptiens.

Dans un discours à la nation, le président égyptien a déploré le recours à la violence, estimant que « les difficultés ne doivent pas être réglées par la violence ou le chaos ». Il a souligné que la frontière entre la démocratie et le chaos était mince.

Selon lui, « ce qui s'est produit s'inscrit dans une entreprise de déstabilisation de l'Égypte ».

Tout en se disant déterminé à assurer la stabilité de l'Égypte, il a ajouté qu'il était fermement engagé sur la voie de réformes politiques et économiques.

Il y aura de nouvelles mesures pour une justice indépendante, la démocratie, pour accorder davantage de liberté aux citoyens, pour combattre le chômage, améliorer le niveau de vie, développer les services et soutenir les pauvres.

Une citation de :Le président Hosni Moubarak

Le discours de Moubarak ne semble pas avoir apaisé la tension. Malgré une forte présence militaire, des manifestants sont revenus par centaines tôt samedi sur la place Tahrir, dans le centre du Caire.

Lire aussi : Obama exhorte Moubarak à tenir ses promesses

Le chef d'état-major rentre d'urgence au pays

Le chef d'état-major égyptien, Sami Anan, qui se trouvait aux États-Unis pour des entretiens jusqu'à mercredi, a dû écourter son séjour pour revenir en Égypte.

Couvre-feu et armée en renfort

En dépit du couvre-feu décrété partout dans le pays, les affrontements se sont poursuivi vendredi au Caire et dans d'autres villes égyptiennes entre forces antiémeutes et citoyens réclamant le départ du chef de l'État, au pouvoir depuis 30 ans.

La situation était telle que le président Moubarak a décrété dans l'après-midi un couvre-feu de 18 h à 7 h au Caire ainsi que dans les villes d'Alexandrie et Suez, avant de l'étendre à l'ensemble du territoire.

Le Prix Nobel de la Paix 2005 Mohamed ElBaradei a participé à une manifestation à sa sortie de la mosquée.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le Prix Nobel de la Paix 2005 Mohamed ElBaradei a participé à une manifestation à sa sortie de la mosquée.

Photo : AFP / Mohammed Abed

Les autorités ont aussi déployé l'armée dans les rues du Caire et des principales villes du pays. Des scènes de fraternisation entre la population et l'armée ont suivi l'arrivée des militaires au Caire, avec des civils montant sur les chars ou des soldats faisant le V de la victoire sous les applaudissements.

Les policiers ont également procédé à des dizaines d'arrestations et assigné à résidence l'opposant et lauréat du prix Nobel de la paix Mohamed ElBaradei.

Le pouvoir égyptien a par ailleurs interrompu les communications par téléphone cellulaire ainsi que le trafic Internet.

Manifestations au Canada

Des manifestations en solidarité avec les Égyptiens ont eu lieu dans de grandes villes canadiennes, dont Montréal et Ottawa.

Un vendredi mouvementé

Des appels étaient lancés, il y a quelques jours, pour organiser une grande manifestation ce vendredi, juste après la prière traditionnelle du vendredi. Diverses organisations politiques et de jeunes, dont le Mouvement du 6 avril, ont invité les Égyptiens à descendre massivement dans la rue pour « faire tomber la dictature ».

Au Caire, plus tôt dans la journée, les manifestants ont mis le feu au siège du Parti national démocrate (PND), au pouvoir. Auparavant, ils avaient incendié deux commissariats de la capitale.

Aux cris de « À bas Hosni Moubarak » et « Le peuple veut la chute du régime » ont affronté à plusieurs endroits de la capitale les policiers, qui ont eu recours à des grenades de gaz lacrymogènes, des balles en caoutchouc et des canons à eau. Cinq personnes ont été tuées et des centaines d'autres blessées, selon des sources médicales.

À Suez, une importante ville du nord-est du pays, 13 personnes ont péri dans des heurts, et à Mansoura, dans le nord, les agences de presse rapportent deux décès. Des imams de la ville ont appelé, dans leurs prêches, les fidèles à « sortir dans la rue et à demander le changement ».

À Alexandrie, deuxième ville d'Égypte, la police a tiré des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc pour disperser des milliers de manifestants qui ont incendié le siège du gouvernorat.

Des policiers antiémeutes affrontent des manifestants au Caire.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des policiers antiémeute affrontent des manifestants au Caire.

Photo : AFP / Khaled Desouki

Avec les informations de Associated Press, Agence France-Presse, Reuters, et Al-Jazira

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !