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Le candidat soutenu par le Hezbollah désigné premier ministre

Le président libanais, Michel Sleimane (D), rencontre le premier ministre désigné Najib Mikati (G) le 25 janvier 2011.

Le président libanais Michel Sleimane (D), rencontre le premier ministre désigné, Najib Mikati (G) le 25 janvier 2011.

Photo : AFP / Dalati & Nohra

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2011 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le président libanais, Michel Sleimane, a demandé mardi au magnat des télécommunications Najib Mikati, un sunnite soutenu par le Hezbollah et ses alliés, de former un nouveau gouvernement.

Najib Mikati, 55 ans, qui a déjà été premier ministre du Liban pendant trois mois en 2005, est assuré du soutien de 68 des 128 députés du pays, selon des sources politiques.

Ces députés sont issus non seulement du Hezbollah et de l'autre parti chiite, Amal, mais aussi des chrétiens fidèles à Michel Aoun et des Druzes, amenés par Walid Joumblatt.

La nomination de M. Mikati a été dénoncée par le premier ministre actuel, Saad Hariri, dont le gouvernement s'est effondré le 12 janvier dernier à la suite de la démission de 11 ministres.

L'hostilité envers l'enquête du tribunal spécial pour le Liban (TSL) sur l'assassinat de Rafic Hariri avait mené à l'éclosion de la coalition que dirige son fils Saad.

M. Mikati a tendu la main à tous les groupes politiques libanais en les invitant à surmonter leurs divergences, mais Saad Hariri a exclu de participer à un gouvernement avec le Hezbollah aux commandes.

L'avenir du TSL en jeu

Appuyé par la Syrie et l'Iran, mais considéré comme un groupe terroriste par Washington, le Hezbollah s'attend à ce que certains de ses membres soient mis en cause dans l'acte d'accusation du TSL.

Les conclusions du procureur dans ce dossier ont été déposées devant le juge du TSL, mais elles n'ont pas été rendues publiques.

Le Hezbollah dément toute implication dans l'assassinat de l'ancien premier ministre. Il a tenté sans succès de convaincre Saad Hariri de désavouer ce tribunal. Cet échec est à l'origine de la démission en bloc des 11 ministres.

L'avenir du TSL sera vraisemblablement le dossier prioritaire de Najib Mikati. Le Hezbollah veut que le gouvernement cesse toute coopération avec le tribunal, en suspendant notamment tout financement et en retirant les juges libanais.

Un candidat soutenu par la Hezbollah à la tête du gouvernement fait craindre à la communauté internationale la formation d'un cabinet pro-iranien, ce que nie le parti chiite.

La secrétaire d'État américaine Hillary Clinton a d'ailleurs déclaré mardi qu'un « gouvernement dominé par le Hezbollah aurait clairement des répercussions sur notre relation avec le Liban ».

Mme Clinton affirme que les attentes des États-Unis envers le Liban restent les mêmes. « Nous croyons que la justice doit suivre son cours et que l'impunité pour des meurtres doit cesser. Nous croyons à la souveraineté du Liban et à la fin à l'ingérence étrangère », dit la secrétaire d'État américaine.

Manifestations et violences

Des centaines de partisans de Saad Hariri ont manifesté mardi à Tripoli, ville du nord du Liban d'où est originaire Najib Mikati, à l'occasion d'un « jour de colère » destiné à dénoncer ce qu'ils considèrent comme un coup d'État préparé par le Hezbollah.

Les manifestants portaient des drapeaux libanais et des photos de Saad Hariri, qui les a appelés au calme. Certains ont néanmoins brûlé une photo de M. Mikati. « Le projet iranien ne passera pas par Tripoli », pouvait-on lire sur les pancartes.

L'armée libanaise entoure des manifestants furieuxAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'armée libanaise entoure des manifestants furieux.

Photo : AFP / Hassan Jarrah

Une foule en colère a aussi attaqué et incendié un véhicule de transmission satellite d'Al-Jazira, considérée comme sympathisante du Hezbollah, et saccagé le bureau d'un député rival à Tripoli.

La majorité des écoles et des commerces étaient fermés.

Dans le sud, les principaux axes à Saïda ont été bloqués par des manifestants, tandis qu'à Beyrouth les manifestants ont incendié des bennes et des pneus.

L'armée était déployée en force dans plusieurs régions.

La crise ravive le spectre des violences confessionnelles de 2008, lorsque des combats entre sunnites et chiites ont fait une centaine de morts et mené le pays au bord d'une nouvelle guerre civile.

Avec les informations de Reuters, et Agence France-Presse

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