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Pierre Arcand

Le ministre de l'Environnement Pierre Arcand, le 21 janvier 2011

Photo : La Presse canadienne / Clément Allard

Radio-Canada

Le ministre de l'Environnement du Québec, Pierre Arcand, dit qu'il n'y aura pas d'exploitation du gaz de schiste au Québec si ce n'est pas fait correctement.

C'est un net durcissement de ton de la part du gouvernement Charest au sujet de l'industrie du gaz de schiste. Une fuite dans un puits à Leclercville incite le ministre Arcand à lancer un avertissement à l'industrie.

« Je suis extrêmement préoccupé par ce qui se passe, a-t-il déclaré en point de presse. Je sens actuellement que l'industrie n'a pas le contrôle de la situation. Je voulais simplement redire que c'est mon devoir de ministre de l'Environnement de m'assurer que la situation se rétablisse le plus rapidement possible », a déclaré le ministre à Lac-Beauport, où était réuni le caucus libéral.

Lorsque les journalistes lui ont demandé s'il ouvrait la porte à un moratoire, Pierre Arcand a répondu : « Elle [l'industrie] doit développer cette filière énergétique de façon sécuritaire ou il n'y en aura tout simplement pas ».

M. Arcand a par la suite énuméré les points qui suscitent son inquiétude. « D'abord, quelques infractions constatées par le ministère de l'Environnement. Le rapport de l'Institut de la santé publique a également de quoi me préoccuper dans une certaine mesure. Il y a les événements à Leclercville, des appels que l'on reçoit au ministère de la part de certains citoyens, on procède à des inspections. »

Le ministre a refusé de parler de moratoire, disant attendre les recommandations du Bureau d'audience publique sur l'environnement (BAPE) avant de se prononcer. Le rapport doit être déposé le 28 février.

Le premier ministre Jean Charest a fait écho aux propos de son ministre.

Il y aura de l'exploration et de l'exploitation du gaz de schiste, à la condition que ça puisse être fait correctement. Sinon, il n'y en aura pas.

Jean Charest

Les réactions

La sortie du ministre est survenue le matin même où les opposants avaient prévu une offensive médiatique liée à la fuite survenue à Leclercville. Un regroupement formé de Nature Québec, de l'Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA) et du Comité de vigilance sur les gaz de schiste de Lotbinière-Bécancour s'est dit surpris, mais satisfait du changement de ton du gouvernement Charest.

Toutefois, Christian Simard, directeur général de Nature Québec, estime qu'il faudra aller plus loin. « Un changement de ton, d'accord, mais la confiance [du public] est émoussée. Donc, la première étape pour rétablir la confiance, on ferme définitivement le puits de Leclercville. La deuxième étape essentielle pour rétablir la confiance, on décrète un moratoire », réitère Christian Simard.

Christian Simard a demandé, jeudi, la fermeture du puits de Leclercville. Il estime que la fuite de gaz à laquelle tente de remédier Talisman Énergie depuis des semaines démontre le manque de réglementation pour encadrer l'industrie.

En entrevue à RDI, le directeur de l'Association pétrolière et gazière du Québec, Stéphane Gosselin, s'est fait rassurant. « Dans le cas relaté ce matin [à Leclercville], en aucun temps la sécurité des citoyens, la sécurité et la santé des travailleurs sur le site ou la sécurité environnementale n'a été remise en question. L'industrie gère bien, les risques sont biens connus et gérés. »

M. Gosselin a ajouté ne pas craindre le rapport du BAPE. « On espère que le rapport viendra démystifier certaines choses et relancer le débat sur des bases plus solides, avec des informations plus neutres », a-t-il expliqué.

Pour Scott McKay, porte-parole du Parti québécois en matière de mines, le gouvernement Charest doit suspendre immédiatement les permis de forage exploratoire, sans attendre le dépot du rapport du BAPE.

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