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La question du kirpan rebondit à Ottawa

Le chef libéral Michael Ignatieff lors de son discours devant le Regroupement des jeunes chambres de commerce du Québec, à Montréal
Le chef libéral Michael Ignatieff lors de son discours devant le Regroupement des jeunes chambres de commerce du Québec, à Montréal Photo: La Presse canadienne / Ryan Remiorz
Radio-Canada

Le débat entourant le port du kirpan dans les institutions politiques qui s'est amorcé mardi à Québec s'est transporté sur la scène fédérale, jeudi.

Alors que le Bloc québécois a dit mercredi vouloir empêcher toute personne munie d'un kirpan de pénétrer l'enceinte du parlement canadien, le chef libéral, Michael Ignatieff, a estimé que ce poignard à double tranchant porté par les sikhs comme symbole religieux avait sa place dans toutes les institutions politiques du Canada, incluant celles du Québec.

« C'est une question de tolérance, de liberté religieuse. Tout Canadien a le droit d'avoir accès aux lieux démocratiques et parlementaires. C'est clair pour moi. C'est une question d'accès universel aux lieux de la démocratie », a-t-il déclaré à l'occasion d'un discours devant les jeunes chambres de commerce du Québec réunies à Montréal.

Plus tôt cette semaine, quatre sikhs se sont vu refuser l'accès à l'Assemblée nationale du Québec parce qu'ils portaient un kirpan et refusaient de le laisser à la consigne. Ils s'y rendaient pour s'exprimer en commission parlementaire à propos d'un projet de loi sur l'interdiction du port du voile intégral dans les services publics au Québec.

Sécurité ou religion?

Un kirpanUn kirpan (archives)

Le lendemain, la députée bloquiste Claude DeBellefeuille a réclamé que les règles soient les mêmes à Ottawa.

En soulignant que le kirpan est une arme blanche, elle a estimé qu'il s'agissait d'un enjeu de sécurité et non de religion et a indiqué son intention d'aborder la question aux Communes à la fin du mois.

« Qu'est-ce qui fait que le parlement canadien ne considère pas le kirpan comme un objet qui peut menacer la sécurité des députés, des travailleurs et des visiteurs? », s'est interrogée Mme DeBellefeuille.

Michael Ignatieff affirme le contraire : « Pas du tout. Et c'est une question déjà réglée par la Cour suprême. Ce n'est pas une arme, le kirpan, c'est un insigne religieux. Il faut le respecter. »

De son côté, le député libéral Navdeep Bains, un des quatre députés sikhs au Parlement, porte son kirpan aux Communes depuis 2004. Il accuse le Bloc de tenter de faire des gains politiques sur le dos de la controverse au Québec.

Considéré comme un symbole religieux, le kirpan est autorisé à l'intérieur des murs du parlement canadien. Les autres types de couteaux et objets tranchants n'y sont pas acceptés.

Croyances et religions

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