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Les absents ouvrent les portes

Philippe Crépeau
Vanessa Crone et Paul PoirierVanessa Crone et Paul Poirier Photo : AP Photo/Rick Bowmer

L'absence des danseurs Tessa Virtue et Scott Moir, de Joannie Rochette et du couple Jessica Dubé et Bryce Davison permettra à de nouveaux noms de s'inscrire au palmarès des Championnats canadiens qui commencent vendredi à Victoria, en Colombie-Britannique.

L'entraîneur et analyste Alain Goldberg parle à Radio-Canada Sports de la profondeur du plateau dans chaque discipline. À commencer par la danse sur glace qui devra se passer des champions olympiques Virtue et Moir.

La convalescence de Virtue a retardé la préparation de leur nouveau programme. Et comme ils sont déjà qualifiés pour les Championnats du monde, ils ont préféré faire l'impasse sur Victoria.

« Tessa Virtue et Scott Moir ont raison [de ne pas venir], car quand on n'est pas préparés, on n'a pas les mêmes réflexes, les mêmes puissances de poussée, explique M. Glodberg. La glace n'est pas un univers naturel, il faut toujours recalibrer, alors quand on n'est pas prêt, on risque de forcer certains mouvements et de se blesser.

« Je vois Vanessa Crone et Paul Poirer leur succéder. Ils sont directement dans la lignée de Virtue et Moir. Il y a un mimétisme, forcément. Ils ont devant eux les champions olympiques. Mais tu ne peux pas faire aussi bien que l'original. Donc, pour battre Virtue et Moir, il faudrait qu'ils fassent encore mieux, qu'ils créent une nouvelle façon de patiner. Et je ne pense que ça puisse se faire par ceux qui suivent. »

Maîtriser les antagonismes

Pour Alain Glodberg, Kirsten Moore-Towers et Dylan Moscovitch profiteront de l'absence du duo Jessica Dubé et Bryce Davison pour gagner le titre.

Alain Goldberg Photo : Société Radio-Canada

Mais en couple, les embûches sont nombreuses, il y a d'abord la pression, ensuite les sauts.

« Moore-Towers et Moscovitch ont la plus grande chance de l'emporter. Ils ont fait la finale de la saison Grand Prix, ce qui est remarquable, alors que c'était leur première saison à ce niveau-là. Mais faire les Championnats canadiens, c'est plus dur que n'importe quel autre championnat, car il y a une grande pression médiatique, et les gens savent que c'est l'ouverture vers la compétition internationale, vers un tout autre univers que celui du Canada.

« Avec ce que j'ai vu jusqu'à présent, je pense que c'est eux qui ont le plus de chance de maîtriser leur émotivité, croit M. Goldberg. On vit tous avec un certain degré d'anxiété qu'il faut apprendre à gérer, et c'est là que ça se joue. »

Ensuite, les sauts sont durs à maîtriser.

« Les sauts côte à côte vont faire la différence, car c'est ce qu'il y a de difficile en couple. Car en fonction de la taille de la puissance de chacun, la gestuelle n'est pas la même. Ça crée des antagonismes entre les deux, et c'est très difficile à ajuster. C'est pour cela qu'il y a un tel niveau d'échec. »

Lutte serrée

En solo, Patrick Chan semble le favori, tandis que chez les femmes, en l'absence de Joannie Rochette, ce sera beaucoup plus serré.

Cynthia PhaneufCynthia Phaneuf Photo : Gérard Châtaigneau

« Trois femmes peuvent gagner. À mon avis, Cynthia Phaneuf a le potentiel de gagner le titre, mais Amélie Lacoste et Myriane Samson l'attaquent très fort. La puissance va être au maximum sur Cynthia qui attend depuis fort longtemps sa chance de redevenir championne canadienne en l'absence de Joannie. Ça lui ouvre grandement la porte.

« Sa 5e place aux mondiaux de Turin laissait augurer qu'elle puisse être parmi les toutes meilleures au monde, mais elle a fait des contre-performances en Grand Prix. Donc, on ne peut pas prédire si elle sera capable de reprendre la couronne à Joannie. Lacoste et Samson ont toutes les capacités de faire les mêmes éléments qu'elle, donc il va y avoir des pleurs. »

Chan doit apprendre à doser

Chez les hommes, il y a un manque d'unité en raison des éléments techniques.

« Chez les hommes, on n'a pas la même unité, explique M. Goldberg. Le niveau qu'on demande aux hommes, c'est énorme. Maintenant, il faut faire des quadruples et deux triples axels, et nos patineurs ont du mal à assumer deux triples axels dans leur programme. Au plan chorégraphique, ils sont très forts, ils peuvent faire de très belles choses.

« Reynolds fait trois quadruples dans son programme. Il tourne à une vitesse de rotation phénoménale. Mais sur le plan de l'allure, de la présentation, il n'a pas le même véhicule non verbal pour influencer le jury. Donc, il devrait être le second. »

Patrick ChanPatrick Chan Photo : AFP / Peter Parks

Le premier, ce sera Patrick Chan qui se déplace bien, très bien même, au point qu'Alain Goldberg n'hésite pas à dire qu'il est seul sur la planète à ce niveau.

« Chan n'aura pas à faire trois quadruples, car il a une telle marge dans son patinage, admet M. Goldberg. Il n'y a pas de comparaison entre les deux. Il a le meilleur déplacement de tous les temps. Il se déplace avec une aisance une facilité et un niveau de retournement et de changement de direction qu'aucun patineur du moment n'arrive à faire.

« Mais ça fait aussi sa faiblesse, car il prend tellement de risque dans les pas qu'il a du mal avec les sauts. Si sa vitesse de déplacement est trop rapide, ou influence ses sauts, il va avoir plus de difficulté à réussir son programme. C'est un juste équilibre qu'il n'a plus. Avec ses nouveaux entraîneurs, il pousse sa chorégraphie au maximum, et parfois le dosage n'y est pas. »

Les Championnats canadiens de patinage artistique sont présentés par Radio-Canada Sports à compter de vendredi. Première webdiffusion, vendredi à 18 h 40 (HNE).

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