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Le PQ cible Fournier et Charest, et parle de diversion

La chef du Parti québécois, Pauline Marois, et la porte-parole du parti en matière de Justice, Véronique Hivon.

La chef du Parti québécois, Pauline Marois, et la porte-parole du parti en matière de Justice, Véronique Hivon.

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2011 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le Parti québécois affirme que le ministre de la Justice et procureur général du Québec, Jean-Marc Fournier, s'est indûment ingéré dans le procès au civil opposant le premier ministre Jean Charest à son ex-ministre Marc Bellemare en commentant le rapport de la commission Bastarache.

Lors d'un point de presse donné jeudi pour commenter le rapport de la commission Bastarache, la porte-parole du PQ en matière de justice, Véronique Hivon, a rappelé que M. Fournier a déclaré la veille que les allégations de Marc Bellemare étaient sans fondement, des propos qu'elle a qualifiés d'« inacceptables, troublants et dangereux pour la saine administration de la justice ».

« Il faut savoir aujourd'hui pourquoi et comment M. Fournier justifie une telle ingérence dans un procès au civil », a lancé Mme Hivon, qui dit y voir une preuve supplémentaire que le gouvernement n'a « aucun respect des institutions ».

La chef du Parti québécois, Pauline Marois, a pour sa part déploré que le rapport de la Commission d'enquête sur le processus de nomination des juges ait passé sous silence le fait que le premier ministre Jean Charest a « modifié et perverti » le processus de nomination des juges.

Ce processus, dit-elle, a pourtant « été respecté par les différents gouvernements du Parti québécois, leurs ministres de la Justice et leurs premiers ministres, mais aussi par Robert Bourassa et Daniel Johnson ».

Mme Marois fait référence au fait que M. Charest est consulté par ses ministres de la Justice avant qu'une nomination à la magistrature ne soit soumise au Conseil des ministres. Cette décision explique le rôle joué par Chantal Landry, responsable des nominations au bureau du premier ministre.

« À ce que je sache, Chantal Landry n'est pas une invention! Elle est venue témoigner en indiquant qu'elle plaçait des post-it sur chacun des dossiers pour identifier si la personne avait des allégeances avec le Parti libéral ou non », s'insurge Mme Marois.

Les ex-ministres de la Justice du Parti québécois qui sont venus témoigner devant la commission ont plutôt expliqué qu'ils ne consultaient pas le premier ministre sur ces choix. Le commissaire Bastarache a refusé de trancher le débat. Ce rôle, a-t-il conclu, revient à l'Assemblée nationale.

Selon Mme Marois, le commissaire Michel Bastarache n'a pas assisté à la même commission que le reste de la population. « La population québécoise a plutôt vu défiler des collecteurs de fonds du Parti libéral qui étaient régulièrement au bureau du premier ministre pour influencer les nominations, des juges, mais de bien d'autres nominations aussi », affirme Mme Marois.

C'est une commission qui a été conçue par M. Charest, pour M. Charest et elle met donc de l'avant la vérité de M. Charest.

Pauline Marois

La chef péquiste souligne par exemple le fait que le collecteur de fonds libéral Charles Rondeau est venu affirmer que le juge Michel Simard lui avait fait part à l'été 2003 de son intérêt pour le poste de juge en chef de la Cour du Québec - Chambre criminelle.

Le juge Simard a été nommé juge en chef adjoint de la Cour du Québec quelques semaines plus tard par Marc Bellemare. Le commissaire Bastarache a cependant conclu, dans ce cas, comme dans les autres, que Me Bellemare a finalement agi de façon volontaire et indépendante.

Selon Mme Marois, la commission n'était qu'une « manoeuvre de diversion ». Il fallait plutôt créer, dit-elle, une commission sur « l'industrie de la construction, l'octroi de contrats et permis, et les liens avec les collecteurs de fonds des partis politiques et du Parti libéral en particulier ».

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