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Marc Bellemare contre-attaque

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2011 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

L'ex-ministre de la Justice Marc Bellemare continue d'affirmer qu'il a bel et bien nommé trois magistrats sous les pressions indues de collecteurs de fonds du Parti libéral du Québec. Du même souffle, il rejette en bloc les conclusions de la Commission d'enquête sur le processus de nomination des juges.

Marc Bellemare en entrevue avec le journaliste Alain Gravel de l'émission EnquêteAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Marc Bellemare en entrevue avec le journaliste Alain Gravel de l'émission Enquête

Photo : Radio-Canada

Au lendemain de la diffusion du rapport, l'ancien ministre libéral s'est livré, jeudi, à un blitz médiatique pour faire valoir son point de vue.

« Je ne comprends pas comment [le commissaire Michel] Bastarache peut dire que ce sont mes nominations et qu'elles ont été faites sans pressions », a-t-il répété au cours d'une longue entrevue accordée au journaliste Alain Gravel de l'émission Enquête.

Dans son rapport, le commissaire Bastarache est notamment venu à la conclusion que Marc Bellemare avait « agi de façon volontaire et indépendante ».

On ne me fera pas croire que M. Bastarache avait les coudées franches dans cette commission-là. S'il avait les coudées franches, il a commis des erreurs substantielles.

Marc Bellemare en entrevue à Radio-Canada

« Je ne sais pas ce que ça lui prenait. Je ne sais pas pour qui il se prend pour dire qu'il n'y a pas eu de pressions. C'est moi qui les ai vécu, les pressions », a répliqué M. Bellemare, arguant qu'il l'avait longuement expliqué au cours de son témoignage sous serment devant la commission.

L'ex-ministre de la Justice s'est d'ailleurs attaqué à la crédibilité et à l'impartialité de M. Bastarache, qui n'a pas retenu sa version des faits. « Le commissaire Bastarache n'a aucune crédibilité parce qu'il a dirigé une commission qui a été créée par le premier ministre [Jean Charest] pour satisfaire ses intérêts. Les gens ont vu clair dans ce plan-là », a-t-il soutenu.

« Comment se fait-il que le commissaire n'a pas blâmé le premier ministre pour avoir tripoté la courte liste de candidats qui appartient confidentiellement au ministre de la Justice? », a-t-il demandé.

Me Bellemare dit en outre avoir noté « de multiples irrégularités dans la façon de procéder qui faisaient en sorte que manifestement, le commissaire n'était pas intéressé à nous donner raison ».

Il en veut pour preuves le fait de ne pas avoir pu faire entendre certains témoins qu'il voulait voir comparaître et de ne pas avoir pu obtenir plusieurs des documents demandés. S'il les obtenait, a-t-il ajouté, c'était souvent à la dernière minute.

L'influence des argentiers écartée, selon M. Bellemare

Selon Marc Bellemare, la commission n'a pas accordé suffisamment d'importance au fait que les collecteurs de fonds, notamment Franco Fava et Charles Rondeau, avaient accès au bureau de Jean Charest. C'est selon lui ce qui aurait dû être le « point de mire » de la commission.

J'étais particulièrement inquiet de voir comment ça marchait. J'observais une forme de patronage politique de bas niveau, à plusieurs échelons, et j'étais très inconfortable avec ça.

Marc Bellemare en entrevue à Radio-Canada

« Ce qui a été le plus important pour la population, ce n'est pas tant les allégations que j'ai pu faire que cette situation absolument scandaleuse qui sévissait au cabinet du premier ministre où un collecteur de fonds décidait du sort de centaines de nominations en collaboration avec [Chantal] Landry, [la directrice adjointe du cabinet du premier ministre] au vu et au su de M. Charest [...] », a-t-il affirmé.

Il se dit d'ailleurs convaincu d'avoir l'appui de l'opinion publique.

Dans ses diverses entrevues, il a en outre répété que la commission aurait dû être suspendue, comme il l'a demandé, en attendant que les poursuites civiles qui l'opposent à Jean Charest soient entendues. Cela aurait évité des dépenses inutiles pour les contribuables, dit-il.

Me Bellemare assure qu'il plaidera sa cause « à fond » dans le cadre de ces poursuites. La preuve qui sera présentée à cette occasion sera plus complète, affirme-t-il, puisque chaque partie pourra convoquer ses témoins.


Commission d'enquête sur le processus de nomination des juges (Nouvelle fenêtre)

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