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Les investisseurs floués rayonnent de joie

Les investisseurs floués de Norbourg et leurs avocats ont confirmé l'entente à l'amiable.
Les investisseurs floués de Norbourg et leurs avocats ont confirmé l'entente à l'amiable. Photo: La Presse canadienne / Ryan Remiorz
Radio-Canada

Les 9200 victimes de Vincent Lacroix récupéreront la totalité des fonds qui leur ont été volés, en vertu d'une entente à l'amiable.

Les investisseurs floués dans le scandale Norbourg, qui intentaient un recours collectif, vont donc récupérer les 115 millions de dollars perdus dans cette affaire.

Selon les détails de l'entente dévoilés mercredi, « les parties ont convenu, sans aucune admission de responsabilité, de régler le recours pour une somme totale de 55 millions de dollars ».

Cette somme, ajoutée aux indemnités déjà versées par le Fonds d'indemnisation des services financiers et de l'autorité des marchés financiers de même qu'aux sommes retournées par Revenu Québec, « assurera la récupération et la distribution, pratiquement, de la totalité des fonds qui ont été volés aux victimes de l'affaire Norbourg ».

Vincent LacroixVincent Lacroix Photo : PC / Ryan Remiorz

La somme sera versée par Beaulieu Deschambault S.E.N.C.R.L. (incluant Deschambault St-Jean S.E.N.C.R.L.) et Rémi Deschambault, l'Autorité des marchés financiers, The Northern Trust Company, Canada, Société de fiducie Concentra et KPMG.

L'entente à l'amiable est sous réserve de l'approbation de la Cour supérieure du Québec.

L'entente prévoirait aussi que les requérants abandonnent le recours collectif intenté contre la Caisse de dépôt et placement du Québec, qui devrait réagir plus tard mercredi.

Il reste à déterminer comment se fera le paiement des honoraires des avocats, qui pourraient atteindre des millions de dollars. Un juge tranchera cette question au cours des prochains jours. Le montant des honoraires pourrait être puisé à même la somme récupérée par les investisseurs, mais pourrait aussi être réclamé en surplus aux institutions financières.

L'entente survient aussi à moins de 10 jours de la comparution de Vincent Lacroix devant la Commission des libérations conditionnelles, prévue le 27 janvier. L'ex-patron de Norbourg, qui a plaidé coupable à 200 accusations criminelles de complot et de fraude en septembre 2009, a demandé à résider dans une maison de transition située en Ontario, et non au Québec, s'il obtient sa libération conditionnelle.

Des investisseurs soulagés

Le représentant des investisseurs floués par Vincent Lacroix, Wilhelm Pellemans, se dit extrêmement satisfait et très heureux du dénouement du recours collectif. M. Pellemans attribue le succès de leur cause au nombre de personnes touchées, à l'importance de la fraude, à la solidité de la preuve et à la collaboration du juge Rolland.

« Le dossier était excellent parce que les preuves qui démontraient qu'il y avait quand même eu des problèmes à plusieurs niveaux étaient sans contestation, explique M. Pellemans. Et, finalement, la collaboration du juge en chef François Rolland a été très importante pour réunir tout le monde et arriver à régler un dossier qui, sinon, continuerait à s'embourber encore pendant plusieurs années. »

M. Pellemans convient que les investisseurs devront verser des sommes à leurs avocats, mais il demeure reconnaissant envers ceux qui leur ont permis de récupérer leurs investissements. « Le juge déterminera le pourcentage ou le montant [que nous devrons verser] aux avocats. Je pense que tout le monde doit accepter ça. »

Malgré le dénouement relativement heureux de la saga Norbourg, M. Pellemans croit que des fraudes similaires demeurent possibles. « Je pense que c'est un peu inévitable, malheureusement. Actuellement, ça semble relativement facile parce qu'on a vu la multiplication des affaires [similaires à Norbourg]. » M. Pellemans estime que les institutions financières et les gouvernements devraient doter le milieu d'un encadrement « beaucoup plus solide » pour prévenir de tels scandales.

M. Pellemans demeure serein face à la libération prochaine du responsable de son cauchemar, Vincent Lacroix. Il soulève tout de même qu'il est discutable que les personnes condamnées à la prison en sortent au bout d'une fraction de la peine initialement prévue par le juge.

Pour nous autres, moi en particulier et un bon nombre d'investisseurs, Vincent Lacroix c'est de l'histoire ancienne. Nous allons tout simplement oublier son nom.

Wilhelm Pellemans

M. Pellemans entend investir l'argent qu'il recevra en indemnisation. Il prévoit être prudent dans ses investissements, mais il soutient que les placements dans l'entreprise Norbourg devaient être « très solides » et « l'argent a quand même été volé ». Philosophe, M. Pellemans conclut sur une note humoristique: « J'ai pensé tout simplement confier l'argent à ma femme qui pourrait le dépenser. Ça rendrait au moins une personne heureuse. »

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