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Pas de kirpan au parlement

Un kirpan
Un kirpan
Radio-Canada

À Québec, quatre sikhs attendus à l'Assemblée nationale pour faire une présentation dans le cadre du projet de loi 94 sur les accommodements raisonnables se sont vus interdire l'accès au Parlement parce qu'ils portaient le traditionnel kirpan.

Les gardiens de sécurité de l'Assemblée nationale ont refusé de laisser passer les deux hommes et deux femmes de la World Sikh Organization of Canada pour des raisons de sécurité. Le kirpan constitue à leurs yeux une arme blanche.

Le kirpan est un poignard à double tranchant qui a valeur de symbole dans la religion sikhe. Il est remis aux sikhs orthodoxes au moment de leur baptême et signifie que la personne qui le porte est prête à défendre sa foi.

« C'est désolant qu'on n'ait pas pu rentrer pour parler [du projet de] loi 94 sur le niqab », a commenté Harminder Kaur, une des deux femmes refoulées à la porte de l'Assemblée nationale.

« On voulait juste faire une présentation. On voulait voir s'il y a moyen de nous accommoder, comme c'est fait au Parlement à Ottawa. Ça a été fait aux Olympiques en 2010 à Vancouver », plaide-t-elle.

Le projet de loi 94 prévoit d'interdire aux femmes portant un niqab ou une burqa de solliciter un service public, qu'il s'agisse de commissions scolaires, d'écoles privées subventionnées, de cégeps, d'établissement de santé ou de centres de la petite enfance.

La députée péquiste Louise Beaudoin a applaudi la décision des gardiens de sécurité. Selon elle, il revient aux sikhs de faire un « petit effort » dans ce dossier.

« Franchement, là! C'est comme porter un niqab ou une burqa en disant devant un service public ou en prenant un cours de français : "Moi je ne veux pas me dévoiler." », a commenté Mme Beaudoin.

La ministre de l'Immigration et des Communautés culturelles, Kathleen Weil, a refusé de commenter la situation. Elle s'est bornée à dire que « chaque institution a ses règles », et que beaucoup d'entre elles « sont [prises] avec ce genre de questions ».

L'an passé, l'accès à l'Assemblée nationale avec été interdit à un groupe de sikhs. Dix-neuf d'entre eux avaient retiré leur kirpan. Le dernier avait retiré un kirpan de plus de 20 cm, mais en avait gardé un autre d'environ 6 cm. Il avait tout de même été escorté par un policier pendant toute la durée de sa visite à l'Assemblée.

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